Mali: la Québécoise Edith Blais et son compagnon retrouvés vivants

Une photo prise vendredi soir au camp de la Minusma à Kidal et distribuée par la mission de l'ONU montre les otages Édith Blais et Luca Tacchetto souriants, revêtus d'un tee-shirt blanc de la Minusma avec l'inscription «Ma voix, les droits, mon futur». [AFP]
Temps de lecture estimé : 4 minutes

La Québécoise Edith Blais et son compagnon italien Luca Tacchetto enlevés en 2018 au Burkina Faso par des hommes armés ont été retrouvés vivants vendredi dans le nord-est du Mali et sont en bonne santé sous la protection des forces de l’ONU. 


Mise à jour 27/03/2020, 8h31

Édith Blais, est rentrée à son tour chez elle à Sherbrooke. Elle écrit un communiqué que sa famille a diffusé à plusieurs médias jeudi soir qu’elle est en bonne santé et qu’elle se sent bien physiquement et mentalement et remercie tous les gens qui les ont appuyés, elle et son copain, et qui ont pris à cœur leur bien-être. Elle ajoute que son cœur est maintenant avec tous les gens qui souffrent en cette période critique de pandémie de COVID-19.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a salué dans un tweet la résilience de la jeune femme et son retour dans sa famille.

Mise à jour, 15/03/2020, 9h19

L’Italien Luca Tacchetto, enlevé avec sa compagne canadienne il y 15 mois au Burkina Faso et libre depuis samedi, est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche à Rome, a annoncé le ministère des Affaires étrangères italien.

Une source aéroportuaire au Mali avait auparavant indiqué à l’AFP que les deux ex-otages avaient « quitté Bamako ce dimanche à bord d’un vol spécial ». Une source proche de l’Ambassade du Canada au Mali avait de son côté déclaré que « des dispositions avaient été prises pour que les ex-otages regagnent « leurs pays respectifs ».


Edith Blais et Luca Tacchetto, tous deux âgés d’une trentaine d’années, ont échappé à leurs ravisseurs dans les environs de Kidal et se sont fait conduire auprès des Casques bleus de la mission de l’ONU au Mali (Minusma), selon des informations préliminaires fournies dans un message vocal par le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif. 

Une photo prise vendredi soir au camp de la Minusma à Kidal et distribuée par la mission de l’ONU les montre tous les deux souriants, revêtus d’un tee-shirt blanc de la Minusma avec l’inscription «Ma voix, les droits, mon futur». 

Ils étaient attendus samedi vers la mi-journée à Bamako, d’où ils devraient être rapatriés, ont indiqué différentes sources diplomatique et onusiennes. 

«Nous avons une bonne nouvelle: hier, dans l’après-midi vers 15h00, nos éléments de Kidal m’ont informé qu’ils ont pu trouver deux otages, une Canadienne et un Italien», a dit M. Annadif. 

«D’après des informations préliminaires, ils doivent sûrement avoir réussi à fuir, ils ont été ramassés par un véhicule civil, lequel les a conduits vers le camp de la Minusma», a-t-il dit. 

Habillés en Touareg, les deux jeunes gens, après avoir échappé à leur surveillance, ont stoppé un véhicule et ont demandé au chauffeur de les conduire au premier poste des Casques bleus, a dit une source sécuritaire sous le couvert de l’anonymat. 

Aucune information n’a été fournie sur les circonstances dans lesquelles ils ont pu prendre la fuite, ni sur leurs ravisseurs. 

Les Casques bleus les ont conduits au camp de Kidal, «on les a contrôlés médicalement, ils se portent vraiment bien, on les a laissés se reposer», a dit M. Annadif. 

Edith Blais, originaire de Sherbrooke et son compagnon, Lucas Tacchetto, originaire de Venise (nord de l’Italie), ont disparu mi-décembre 2018 alors qu’ils traversaient ce pays d’Afrique de l’Ouest en proie à une poussée d’attaques jihadistes. 

Le couple se dirigeait en voiture vers Ouagadougou à partir de Bobo-Dioulasso, à plus de 360 kilomètres à l’ouest de la capitale burkinabè, quand leur trace a été perdue, selon la famille de la Canadienne. Ils comptaient se rendre au Togo pour un projet humanitaire avec l’organisme Zion’Gaïa. 

Le porte-parole du gouvernement burkinabé avait indiqué en avril 2019 qu’ils avaient été enlevés et vraisemblablement conduits hors du pays, mais qu’ils n’étaient pas en danger. 

Un vol spécial est allé les chercher samedi à Kidal pour les ramener à Gao (nord) puis Bamako, a dit M. Annadif. 

Plusieurs personnes ont ensuite accueilli Édith Blais et Luca Tacchetto au palais présidentiel, dont l’ambassadeur du Canada au Mali, Michael Elliott.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a pour sa part déclaré par voie de communiqué que «Le Canada est très soulagé de confirmer qu’Édith Blais et Luca Tacchetto, qui avaient été enlevés au Burkina Faso, ont retrouvé la liberté».

Le Burkina Faso, confronté depuis 2015 à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, a connu une succession de prise d’otages, dont un Roumain et un Australien qui n’ont toujours pas été retrouvés.

M. Champagne a tenu à remercier les gouvernements du Burkina Faso et du Mali, la MINUSMA, ainsi que d’autres partenaires, pour leur aide et leur coopération dans ce dossier.

Il a ajouté que le Canada continuera de travailler avec ses partenaires internationaux «pour poursuivre les responsables de ce crime et les traduire en justice».

La famille d’Édith Blais était sans nouvelles de la Sherbrookoise depuis le 15 décembre 2018. Cette dernière avait prévu d’aller travailler avec une organisation qui tentait de reboiser des régions du Togo.

Elle voyageait en voiture avec son ami Luca Tacchetto au Burkina Faso lorsque toutes les communications avec leur famille se sont interrompues brusquement. Auparavant, Mme Blais publiait régulièrement sur les réseaux sociaux des photos de son périple.

Le duo avait été vu pour la dernière fois à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville en importance du Burkina Faso, dans le sud-ouest. Ils prévoyaient se rendre dans la capitale, Ouagadougou, avant de traverser la frontière avec le Togo, au sud.

Le Burkina Faso, confronté depuis 2015 à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, a connu une succession de prise d’otages, dont un Roumain et un Australien qui n’ont toujours pas été retrouvés.

Les détails de leur fuite et l’identité de leurs ravisseurs n’ont pas été dévoilés. Ceux-ci auront certainement l’occasion de raconter leur histoire, de vive voix, lorsqu’ils seront enfin réunis avec leurs proches.