Pour protéger leurs troupes, les États-Unis déploient des missiles Patriot en Irak

Des Patriot sont en cours d’assemblage à Aïn al-Assad depuis plus d’une semaine, ont indiqué lundi à l’AFP des responsables militaires américain et irakien. [AFP]
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Les États-Unis ont déployé des missiles Patriot en Irak pour protéger leurs troupes visées en janvier par des missiles balistiques iraniens, ont indiqué lundi à l’AFP des responsables militaires irakiens et américains.

Washington avait réclamé à Bagdad de le laisser déployer ces systèmes de défense antiaérienne après que des missiles tirés d’Iran ont fait une centaine de blessés en janvier sur la base aérienne irakienne d’Aïn al-Assad, où sont toujours postés des centaines de militaires américains.

Lundi, il n’était pas clair si Bagdad avait finalement donné son accord à ce déploiement. La semaine dernière, des responsables irakiens avaient affirmé à l’AFP que les équipements américains avaient été acheminés sans l’accord initial de Bagdad, placé devant un fait accompli.

Des Patriot sont en cours d’assemblage à Aïn al-Assad depuis plus d’une semaine, ont indiqué lundi à l’AFP des responsables militaires américain et irakien, qui ont requis l’anonymat. D’autres ont été amenés à Erbil, au Kurdistan, a ajouté le responsable américain.

Deux autres batteries, composées de radars ultra-performants et de missiles d’interception capables de détruire un missile balistique en vol, sont au Koweït, voisin de l’Irak, en attente d’être transférées, a-t-il poursuivi.

Imposer l’installation de Patriot à l’Irak pourrait exacerber les tensions entre Washington et Bagdad, déjà au plus bas depuis que les États-Unis ont assassiné sur le sol irakien le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis début janvier.

L’Irak a déjà dit à Washington refuser ces déploiements, car ils pourraient être interprétés par son puissant voisin iranien comme une menace. De plus, le gouvernement irakien doit toujours répondre à un vote du Parlement réclamant le départ des soldats étrangers, notamment américains, du pays.

Des responsables irakiens, qui avaient rencontré le commandement américain de la coalition internationale antidjihadistes, avaient indiqué en février à l’AFP que Washington pourrait donner des gages en réduisant le nombre de ses soldats en Irak.

Depuis quelques semaines, des centaines de soldats de la coalition, dont peu d’Américains, ont quitté l’Irak, officiellement par crainte du nouveau coronavirus et pour prêter main-forte aux services publics dans leurs pays d’origine.

Après avoir réduit les effectifs de la coalition et quitté cinq bases ces derniers jours, et en installant des Patriot, le commandement américain «peut désormais mieux protéger ses troupes, regroupées dans moins de bases, mieux sécurisées», indique un diplomate occidental à l’AFP.

Lundi, le premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a dénoncé dans un communiqué «des survols non autorisés de bases irakiennes» où sont postés policiers, soldats et paramilitaires pro-Iran de la coalition du Hachd al-Chaabi désormais intégrée à l’État.

Il n’a pas mentionné Washington, mais des hauts gradés de la coalition ont indiqué à l’AFP poursuivre des survols du territoire irakien sans en demander l’autorisation préalable aux autorités locales.

Washington accuse des factions du Hachd d’être derrière la vingtaine d’attaques qui ont visé des intérêts étrangers en Irak, principalement américains, ces six derniers mois.