COVID-19: les militaires sont et restent des militaires

Le 19e chef d'état-major de la Défense, le général Jonathan Vance. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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En ces temps difficiles, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, qui a multiplié depuis le début de la crise les lettres aux familles et aux membres des Forces armées canadiennes, a fait une fois encore le point de la situation dans une lettre publiée vendredi où, faisant le point sur les opérations, il semble assurer que, tout en venant en aide comme c’est leur devoir aux autorités civiles dans la lutte à la pandémie, les militaires sont et resteront…des militaires.

«Toutes les opérations nationales courantes et les opérations à l’étranger désignées continuent», indique le général dans sa lettre, «même si la posture et le profil de la force ont été adaptées pour tenir compte de la COVID-19.»

L’instruction axée sur le théâtre et sur la mission, bien que modifiée, se poursuivra afin que les troupes soient prêtes, indique le général, ajoutant qu’il y aura des changements dans les opérations à l’étranger désignées «[…] étant donné que le monde lutte contre la COVID-19» et que des adversaires pourraient bien «chercher à profiter de la situation», toutes choses qui modifient l’environnement opérationnel.

Les Forces armées canadiennes demeurent vigilantes afin de détecter tout changement de ce type d’être prêtes à agir, le cas échéant, assure le général.

Le chef d’état-major se montre particulièrement préoccupé par l’évolution des dynamiques dans la région indopacifique et parce que cela pourrait signifier pour les déploiements futurs. Le Canada est toujours déterminé à faire sa part en matière de dissuasion et d’assurance en Europe, indique le général qui ne cache pas non plus ses craintes quant à l’avenir au Moyen-Orient.

Mais, c’est en Afrique qu’on pourrait avoir des surprises de taille «La Covid-19 et les problèmes de sécurité alimentaire vont venir s’ajouter aux difficultés auxquelles sont confrontés l’Afrique et nos petites missions qui s’y trouvent» .

Le besoin d’une armée n’est pas disparue avec la COVID-19

Alors qu’un certain nombre de problèmes de sécurité nationale ont surgi ou ont été révélés à la lumière de la pandémie de COVID-19, la notion même de la sécurité nationale du Canada s’est élargie, de même que le mandat des Forces armées canadiennes.

Tout récemment, les demandes répétées de Québec, aux prises avec la pandémie, ont été accueillies de façon mitigée à Ottawa. Il ne faudrait pas non plus que les Forces armées canadiennes deviennent la «bonne à tout faire» d’autorités civiles trop souvent dépassées, ont commenté certains, à commencer par le premier ministre canadien lui-même. Il y a longtemps que les lacunes dans les CHSLD sont connues et il n’était pas nécessaire d’être un génie pour anticiper que, advenant une crise, on ferait face à de graves problèmes. Même si en temps de crise il est du devoir des militaires de répondre à l’appel, il semble à en juger par la réaction qu’a suscité chez nombre d’entre eux cette dernière demande du gouvernement Legault que plusieurs en sont venus de se demander si, la crise mise à part, c’est bien à eux de suppléer aux carences du système de santé d’une province.

Se pose aujourd’hui avec acuité la question du rôle que devraient véritablement jouer les Forces armées canadiennes dans des crises comme celles de la pandémie de COVID-19 et si les Forces armées peuvent rester prêtes à répondre aux appels des gouvernements à une aide intérieure concernant des crises comme celle de la COVID-19 tout en poursuivant simultanément ses autres missions essentielles au pays et à l’étranger avec une capacité effective.

Chose certaine, «Si des membres des Forces armées canadiennes  étaient tentés de penser que la COVID-19 menace leur travail dans la profession qu’ils ont choisie, qu’ils se détrompent, car on n’a jamais eu autant besoin [d’eux] que maintenant.»

Le général aborde aussi d’ailleurs dans sa lettre les questions du bien-être mental et physique des troupes, des affectations, des promotions, des cours, du retour au travail, reconnaissant que, si le moral des troupes lui semble bon «il est très évident pour [lui] et pour les cadres supérieurs [qu’ils sont] en présence de facteurs de stress considérable qui demande que l’on intervienne». Interventions qu’il détaille dans sa lettre.

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