Iran: Washington menace d’«imposer» à l’ONU le retour des sanctions

Mike Pompeo, le 29 avril 2020 à Washington. [AFP]
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Les États-Unis ont clairement menacé mercredi d’«imposer» unilatéralement au Conseil de sécurité de l’ONU le rétablissement des sanctions internationales contre l’Iran, s’ils n’obtiennent pas une prolongation de l’embargo sur les armes.

Washington a remis lundi à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution qui propose de prolonger un embargo sur les armes visant Téhéran, qui expire en octobre. Mais si les Européens y sont favorables, la résolution devrait buter sur l’opposition de la Russie et de la Chine.

«Sans action d’ici le 18 octobre, l’Iran sera en mesure d’acheter des systèmes d’armement sophistiqués et de devenir un vendeur d’armes de choix pour les terroristes et les régimes voyous à travers le monde. C’est inacceptable», a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington.

Il a une nouvelle fois critiqué l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, signé par l’ex-président américain Barack Obama mais formellement dénoncé par son successeur Donald Trump. L’accord prévoit cet embargo mais « permet à ces restrictions de prendre fin ».

«Notre premier objectif, actuellement, est de travailler avec le Conseil de sécurité pour passer cette résolution» prolongeant l’embargo, a assuré le secrétaire d’État.

«Mais dans le cas où cela ne serait pas possible, nous lui rappelons que les responsables de l’administration Obama avaient dit très clairement que les États-Unis avaient la capacité unilatérale de rétablir les sanctions», a-t-il ajouté.

Il a notamment attribué à l’ex-secrétaire d’État John Kerry une déclaration assurant que les États-Unis pouvaient, en cas de non-respect des engagements iraniens, «aller devant le Conseil de sécurité» et «imposer seuls le rétablissement de ces sanctions».

«Notre grande préférence est une résolution du Conseil de sécurité pour prolonger l’embargo sur les armes, mais nous sommes déterminés à le prolonger quoi qu’il en soit», a-t-il ajouté.

En claquant la porte en 2018 de l’accord de 2015 au motif qu’il était insuffisant, selon Washington, pour empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique, Donald Trump a déjà rétabli toutes les sanctions américaines contre l’Iran.

En réponse, Téhéran a commencé à abandonner de nombreuses restrictions imposées à ses activités nucléaires.

Les autres signataires, France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine et Russie, tentent de sauver cet accord qui ne tient plus qu’à un fil, mais un rétablissement des sanctions internationales à l’ONU lui apporterait probablement un coup fatal.

Or, malgré sa sortie de l’accord, l’administration Trump pourrait profiter d’un certain flou juridique pour invoquer son statut de signataire et imposer un retour des sanctions contre l’Iran.