Rideau Hall: 22 chefs d’accusations contre le Ranger Corey Hurren, caporal-chef du 4 GPRC

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Corey Hurren, un membre du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (4 GPRC) avec le grade de caporal-chef (Cplc), qui a franchi, armé, avec son véhicule vers 6h30 jeudi 2 juillet l’entrée principale pour piétons de Rideau Hall et a plus tard été arrêté par la police fédérale alors qu’il s’approchait de Rideau Cottage, où résident le premier ministre et sa famille, demeurera détenu et fait face maintenant à une longue liste de 22 accusations.


Mise à jour 06/07/2020, 14h44

Des documents récemment déposés à la cour indiquent qu’Hurren avait avec lui un fusil d’assaut M14, un fusil de chasse Lakefield Mossberg, un fusil Dominion Arms Grizzly ainsi qu’un revolver Hi-Standard, une arme à feu à autorisation restreinte pour laquelle il n’aurait pas de permis. Hurren avait également avec lui un magazine à haute capacité, sans avoir l’autorisation nécessaire. Les documents indiquent aussi que Hurren est également accusé d’avoir voulu «causer la mort ou des lésions corporelles » au premier ministre Justin Trudeau.


Les Forces armées canadiennes confirment qu’il était considéré comme «en service» au moment des événements, mais ses armes ne semblent pas provenir des Forces armées canadiennes.

Hurren, a comparu par téléconférence cet après-midi pour son enquête sur cautionnement, qui a été reportée au 17 juillet. Le ministère public s’étant opposé à sa libération, il demeurera détenu, au moins jusque là.

La Gendarmerie royale du Canada a déclaré que Corey Hurren, 46 ans, fait face à 22 accusations criminelles, dont l’utilisation imprudente d’une arme à feu, la possession d’une arme à des fins dangereuses, la possession d’une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte et pour avoir proféré des menaces.

Hurren avait en sa possession plusieurs armes et il semble qu’il agissait seul.

Ce matin, faisant le point sur les événements de la veille, le Sous-commissaire de la GRC, Mike Duheme, accompagné de la Commissaire adjointe Bernadine Chapman, commandante de la Division nationale, a fait la chronologie des événements qui ont mené à l’arrestation de l’homme, qui aurait conduit du Manitoba jusqu’à Ottawa et dont on ignore les motivations exactes pour le moment, les médias reliant toutefois le geste à une possible adhésion de Hurren aux théories complotistes sur l’origine de la pandémie de COVID-19.

Hurren est donc maintenant accusé de:

1-Quatre chefs d’accusation d’utilisation, d’entreposage et de manipulation négligents d’une arme à feu; (Article 86 (1) CC)
2-Quatre chefs d’infraction à la réglementation des transports d’une arme à feu; (Article 86 (2) CC)
3-Quatre chefs d’accusation de possession d’une arme à des fins dangereuses; (Article 88 (1) CC)
4-Un chef de possession d’une arme à feu à autorisation restreinte, sachant que sa possession n’est pas autorisée; (Article 92 (1) CC)
5-Un chef d’accusation de possession d’un appareil interdit, sachant que sa possession n’est pas autorisée; (Article 92 (2) CC)
6-Un chef de possession dans un lieu non autorisé (article 93 (1) CC)
7-Quatre chefs d’accusation de possession non autorisée dans un véhicule à moteur (article 94 (1) CC)
8-Deux chefs de possession d’armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte avec des munitions (article 95 (1) CC)
9-Un chef d’accusation de menaces (article 264.1 CC)

C’est la section d’Ottawa de l’équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC qui dirige maintenant l’enquête.

Corey Hurren qui a franchi jeudi matin 2 juillet à 6h30 l’entrée principale pour piétons de Rideau Hall avec son véhicule et s’est rendu à pied à la serre près de laquelle le premier ministre Justin Trudeau et sa famille vivent à Rideau Cottage.[LinkedIn/Corey Hurren]

Les armes de Hurren ne semblent pas provenir des Forces armées canadiennes

Le Caporal-chef (Cplc) Hurren s’est enrôlé pour la première fois dans la Première réserve des FAC en avril 1997 au sein du 10e Régiment d’artillerie de campagne, à Régina, en Saskatchewan, puis il a été libéré en octobre 2000 au grade de caporal. En 2019, il s’est enrôlé de nouveau dans les FAC en tant que membre des Rangers canadiens, et il fait actuellement partie du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (4 GPRC), indique la Défense nationale.

Il était considéré comme étant «en service» au moment de l’incident survenu le 2 juillet dernier, puisqu’il participait à l’opération LASER (la réponse des FAC à la pandémie de COVID-19) en tant que réserviste en service de classe C à temps plein. Les contrats en service de classe C offrent aux réservistes, y compris les Rangers canadiens, un travail à temps plein avec le même solde et les mêmes avantages sociaux que les membres de la Force régulière. Les réservistes en service de classe C sont soumis au Code de discipline militaire tant pendant leur formation qu’en dehors de leurs heures de travail.

Il ne prenait toutefois part à aucune tâche militaire au moment de son arrestation, insiste la Défense nationale qui affirme qu’il s’était rendu à Ottawa de son plein gré, à l’insu de sa chaîne de commandement.

Par ailleurs, il convient de mentionner que le fusil des Rangers canadiens remis au Cplc Hurren a été mis en sécurité par la chaîne de commandement du 4 GPRC et que, selon une vérification effectuée le 2 juillet, aucune munition de son groupe de patrouille de Rangers n’a disparu.

L’«avenir» du Cplc Hurren au sein des FAC

Lorsqu’un incident remet en question l’aptitude au service d’un membre des Forces armées canadiennes (FAC) un examen administratif est effectué, ce qui peut entraîner d’importantes répercussions sur sa carrière, pouvant aller jusqu’à sa libération des FAC, explique la Défense nationale dans un mail à 45eNord.ca.

Les FAC collaboreront pleinement avec la GRC et suivront de près toute poursuite judiciaire contre le Cplc Hurren afin de pouvoir prendre la décision appropriée au moment opportun, assure la Défense nationale. «À cette étape, notre objectif est de soutenir le processus d’enquête ainsi que les membres du 4 GPRC à la suite de ce choquant incident. Nous examinons actuellement le dossier du Cplc Hurren; cependant, aucun élément ne fait obstacle à son réenrôlement dans les FAC ou à son emploi en service de classe C.»

«Les FAC collaborent pleinement et communiquent les renseignements nécessaires aux organismes chargés de l’enquête. Afin de respecter le processus d’enquête, aucun autre détail ne sera publié par les FAC pour le moment.», conclut le mail de la Défense nationale.