Avion abattu en Iran: les pilotes étaient vivants après le premier tir

Photo diffusée le 11 janvier 2020 par le Conseil de la défense et de la sécurité nationales Ukrainienne montrant des experts autour des débris de l'avion ukrainien abattu "par erreur" par l'Iran après son décollage de Téhéran, le 8 janvier 2020. [AFP]
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Les boîtes noires du Boeing ukrainien abattu en janvier au-dessus de Téhéran ont révélé que les pilotes étaient toujours vivants après que l’avion a été touché par le premier des deux missiles, ont déclaré dimanche des responsables iraniens.


Mise à jour 23/08/2020, 17h43

Le gouvernement iranien lancera en octobre des pourparlers avec le Canada et d’autres pays qui ont perdu des citoyens lorsque l’armée iranienne a abattu un avion de ligne civil plus tôt cette année, a annoncé le chef de l’organisation de l’aviation civile du pays.

Touraj Dehqani Zangeneh a déclaré à l’agence de presse officielle iranienne que le gouvernement iranien était prêt à payer une indemnisation complète aux familles des 176 personnes tuées dans l’accident, dont 55 Canadiens et 30 résidents permanents.


Les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier avoir abattu « par erreur » trois jours plus tôt le Boeing assurant le vol PS 752 d’Ukraine International Airlines entre Téhéran et Kiev, peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran.

L’enregistreur vocal de la cabine de pilotage (CVR) a capturé une conversation entre le pilote, le copilote et un instructeur « jusqu’à 19 secondes après que le premier missile a touché l’avion », a indiqué le chef de l’aviation civile de la République islamique, Touraj Dehghani Zanganaeh,  cité par le site de la télévision d’État Iribnews.

« L’instructeur indique que l’avion a un problème électronique et que l’alimentation auxiliaire a été activée », a-t-il ajouté, faisant part pour la première fois des données des boîtes noires extraites par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) à Paris.

« Les pilotes ont été informés que les deux moteurs de l’avion étaient allumés », a précisé M. Dehghani Zanganaeh.

Les boîtes noires ont cessé de fonctionner 19 secondes après la première frappe. « L’analyse des conséquences du deuxième missile ne peut pas être obtenue à partir des boîtes noires », a affirmé M. Dehghani Zanganaeh.

Le drame a coûté la vie aux 176 personnes à bord de l’appareil, en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux.

Après des passes d’armes diplomatiques entre le Canada et l’Ukraine, qui réclamaient que les boîtes noires soient envoyées à l’étranger pour analyse, le BEA français a indiqué fin juin que l’Iran lui avait officiellement demandé son assistance technique pour réparer et télécharger les données qu’elles contenaient.

Le jour de l’accident, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine.

L’Iran s’attendait à une réplique de Washington après avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine en Irak en riposte à l’élimination, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran.