Birmanie: la prison pour un pasteur canadien qui prêchait malgré le coronavirus

Le pasteur canadien David Lah (au centre) arrive pour une audience devant un tribunal du canton de Yangon le 6 août. Il a été emprisonné pour avoir tenu un service religieux malgré les restrictions en place pour arrêter la propagation du coronavirus. (AFP)
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Un pasteur canadien qui prêchait que l’amour de Dieu protégeait les chrétiens du coronavirus a été condamné jeudi à trois mois de prison en Birmanie après avoir été contaminé avec des dizaines de fidèles pendant une cérémonie religieuse pourtant interdite.

La Birmanie est pour l’heure demeurée relativement épargnée par l’épidémie. Elle recense officiellement 357 cas et six morts, mais beaucoup s’accordent à considérer que la maladie est en réalité beaucoup plus répandue.

Né en Birmanie, le Canadien David Lah, 43 ans, retourne régulièrement dans son pays natal pour y prêcher.

Les autorités birmanes interdisent depuis la mi-mars les rassemblements. Mais des images ont été diffusées sur lesquelles on voit M. Lah animer début avril une cérémonie religieuse.

«Si les gens portent la Bible et Jésus dans leur cœur, la maladie ne les atteindra pas», peut-on l’entendre dire aux fidèles dans une pièce bondée, dans la vidéo réalisée au cours de cette cérémonie.

«La seule personne qui peut guérir et répandre la paix pendant cette pandémie, c’est Jésus.»

Il avait été testé positif peu de temps après et un lien a été établi entre ses adeptes et des dizaines de cas de COVID-19.

Sorti de quarantaine, il avait été interpellé fin mai et risquait jusqu’à trois ans de prison en Birmanie.  

M. Lah et son collègue Wai Tun se sont vu infliger jeudi une peine de trois mois d’emprisonnement, a déclaré aux journalistes son avocat Aung Kyi Win.

Le christianisme est pratiqué par un peu plus de 6 % de la population birmane, en majorité bouddhiste.