La Biélorussie déclenche une affaire pénale contre le «conseil» de l’opposition

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Des manifestants opposés à la réélection du président Loukachenko rassemblés place de l'Indépendance, le 18 août 2020 à Minsk, au Bélarus. (AFP)
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Les autorités biélorusses ont annoncé jeudi l’ouverture d’une affaire pénale pour «atteinte à la sécurité nationale» à l’encontre du «conseil de coordination» formé par l’opposition et destiné à promouvoir une transition du pouvoir après la présidentielle contestée du 9 août.

«La création et l’activité d’un tel conseil sont destinées à la prise du pouvoir et à porter atteinte à la sécurité nationale de la Biélorussie», a déclaré dans une vidéo diffusée sur le réseau social Telegram le Procureur général, Alexandre Koniouk.

Il a annoncé l’ouverture d’une enquête pour «appels à des actions visant à porter atteinte à la sécurité nationale», une accusation passible de peines allant de trois à cinq ans de prison.

Le «conseil de coordination» de l’opposition s’est réuni pour la première fois mercredi, appelant à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle «en conformité avec les normes internationales» et à l’«ouverture immédiate des négociations» avec les autorités.

Il comprend notamment dans son présidium la lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch et Ales Bialiatski, le directeur de Viasna, la principale organisation biélorusse de défense des droits humains.

La création de ce «conseil» avait été qualifiée par le président Alexandre Loukachenko de «tentative de s’emparer du pouvoir» de la part de l’opposition. Il avait menacé de « refroidir certaines têtes brûlées ».

Alexandre Loukachenko, qui dirige la Biélorussie depuis 26 ans, fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève déclenché à l’appel de l’opposition. Celle-ci rejette le résultat officiel de la présidentielle du 9 août qui le donne gagnant avec 80 % des voix.

L’Union européenne s’est dite mercredi «aux côtés» des Biélorusses «et n’a pas reconnu le résultat du scrutin, à l’issue d’un sommet extraordinaire de ses 27 États membres. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a promis des sanctions supplémentaires contre un nombre » substantiel « de dirigeants biélorusses, responsables de «violences, de répressions et de fraudes électorales» .