La future station spatiale chinoise inquiète le chef de la NASA

Le chef de la NASA, Jim Bridenstine, a témoigné le 23 septembre devant le Comité des crédits du Sénat sur la demande de budget de l’exercice 2021 et les ressources dont a besoin l'agence spatiale américaine besoin pour continuer à progresser en tant «qu’agence spatiale et scientifique par excellence au monde.» (Twitter/@JimBridenstine)
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Témoignant le 23 septembre devant le Comité des crédits du Sénat sur la demande de budget de l’exercice 2021 et les ressources dont a besoin l’agence spatiale américaine besoin pour continuer à progresser en tant «qu’agence spatiale et scientifique par excellence au monde.», le chef de la NASA, Jim Bridenstine, a exprimé ses craintes de voir les États-Unis «céder du territoire» à la Chine dans l’espace si aucun projet privé ne venait prendre le relais de la Station spatiale internationale (ISS) qui arrive en fin de vie alors que la Chine prévoit sa propre station.

«Une chose m’inquiète. La Chine est en train de construire rapidement ce qu’ils appellent la station spatiale internationale chinoise », a déclaré Jim Bridenstine. «Ils sont rapidement en train de la promouvoir auprès de tous nos partenaires internationaux, dans lesquels nous avons tant investi. Ce serait tragique, après tout ce temps et tant d’efforts, d’abandonner l’orbite terrestre basse et de céder ce territoire».

La Chine prévoit une grande station modulaire chinoise, qui comprendra un module central de 20 tonnes, deux modules de recherche plus petits et un engin cargo de transport de marchandises. La station spatiale pourra accueillir trois astronautes.

La future station chinoise, Tiangong, sera plus petite que l’ISS et devrait être lancée aux environs de 2022, selon les médias chinois, mais, selon l’agence officielle chinoise, plusieurs pays désireraient s’y associer avec l’envoi d’expériences scientifiques, dont la France, l’Allemagne, le Japon, le Pérou et le Kenya.

Pendant ce temps, la Station spatiale internationale, assemblée à partir de 1998 par les États-Unis et la Russie en partenariat avec le Canada, l’Europe et le Japon, devrait être mise hors service d’ici 2030.  

La NASA ne veut pas la remplacer par une autre station, mais voudrait au moins conserver une présence américaine en orbite terrestre basse (la Station spatiale internationale orbite à environ 400 km d’altitude) grâce au secteur privé, dont la NASA serait une cliente, ce qui permettraient aux États-Unis de garder une présence, tout en consacrant la majorité des budgets spatiaux à la Lune, Mars et des explorations plus lointaines, tel que souhaité par l’administration Trump.

Mais la rentabilité d’un tel projet pour des entreprises du secteur privé reste encore à démontrer et le chef de la NASA réclame donc plus de crédits au Sénat, qui se montre pour l’instant réticent, pour aider l’agence spatiale américaine à «commercialiser» l’orbite basse.