Les talibans pourraient accepter une trêve en échange de leurs prisonniers

Abdullah Abdullah, patron du processus de paix pour les autorités afghanes. (AFP)
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Les talibans pourraient proposer un cessez-le-feu en échange de la libération de leurs prisonniers, a déclaré samedi à l’AFP Abdullah Abdullah, patron du processus de paix pour les autorités afghanes, au premier jour des pourparlers de paix historiques entre les deux camps.

« Il est possible » que les talibans envisagent cette option, a estimé M. Abdullah, alors que 5000 insurgés ont déjà été relâchés par Kaboul contre un millier de membres des forces afghanes dans le cadre d’un échange prévu dans l’accord américano-taliban signé en février, déjà à Doha.

Ce texte, non ratifié par les autorités afghanes, entérine le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan d’ici mi-2021 en échange de promesses vagues des insurgés, comme un « dialogue interafghan » entamé samedi. Les nombreux désaccords concernant l’échange de prisonniers ont causé un retard de six mois dans la tenue des pourparlers.

Les négociations, soutenues par Washington, s’annoncent laborieuses en raison des profondes divergences entre les belligérants.

Un cessez-le-feu « pourrait être une de leurs idées ou de leurs demandes », a ajouté le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale.  

« Ce sera à l’équipe de négociateurs de trouver les éléments qui peuvent nous aider à saisir l’occasion », a remarqué M. Abdullah, qui a appelé dans son discours inaugural samedi à un « cessez-le-feu humanitaire immédiat ».

Mais le négociateur en chef des talibans Abdul Ghani Baradar n’a pas répondu à cette requête dans son allocution et n’a pas non plus mentionné de cessez-le-feu.

Les insurgés ont longtemps craint de perdre leur principal atout à la table des négociations s’ils diminuaient leurs violences, mais ils ont cependant déjà accepté des cessez-le-feu temporaires, dont deux cette année.

Interrogé au sujet de l’influence de l’élection présidentielle aux États-Unis en novembre sur la vigueur des efforts diplomatiques des Américains, M. Abdullah a déclaré que ceux-ci « les avaient intensifiés ces derniers mois ».

« Mais l’urgence est vraiment du côté afghan », a-t-il lancé.

Les deux parties se sont immédiatement mises au travail après la cérémonie d’ouverture, a relevé M. Abdullah, indiquant que des discussions se déroulaient déjà sur le code de conduite et sur le calendrier des négociations.

Il a par ailleurs évoqué le camp de réfugiés de Moria, situé en Grèce, qui a brûlé cette semaine et qui abritait beaucoup d’Afghans.

Ce camp est « la destination de nombreuses familles afghanes […] à cause de la guerre qui continue », a-t-il déploré. Les négociations « n’auraient pas pu tomber à un moment plus significatif », a continué M. Abdullah.

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