Bélarus: malgré l’appel de Tikhanovskaïa, la décision européenne sur les sanctions remise à octobre

L'opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa, plaidant pour des sanctions européennes, montre le 21 septembre devant les eurodéputés des photos de la répression organisée par Alexandre Loukachenko.(Twitter/@Europe1)
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Venue lundi à Bruxelles plaider pour l’adoption de sanctions contre le régime du président Loukachenko, l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa repart bredouille, les États membre n’étant pas parvenus à s’entendre sur la nécessité d’intervenir en urgence pour mettre un terme à la répression féroce menée par le régime d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie.

«Il n’a pas été possible de trancher aujourd’hui, car il faut l’unanimité et elle n’a pas été réunie», a expliqué le chef de la diplomatie européenne à l’issue d’une réunion avec les ministres des affaires étrangères des 27.

«Avant le Conseil [des ministres des affaires étrangères], les ministres ont eu l’occasion de recevoir Mme [Svetlana] Tikhanovskaïa, chef de l’opposition bélarussienne. Ce n’était pas au Conseil [en formation], mais en marge du Conseil avant qu’il ne commence, dans un petit-déjeuner où nous avons eu l’occasion d’être informés [par elle] de la situation dans ce pays.», a expliqué en conférence de presse le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell.

«Ensuite, au cours de la réunion, nous en avons discuté et les ministres ont envoyé un signal fort: nous ne reconnaissons pas la légitimité de [Aleksandr] Loukachenko à la suite d’élections que nous considérons falsifiées – aussi claires que cela. Nous considérons ces élections comme falsifiées, nous ne reconnaissons pas les résultats et nous ne reconnaissons donc pas la légitimité de Loukachenko.», a déclaré Josep Borrell en prenant soin de souligner la solidarité de l’Union Européenne «avec le peuple bélarussien, ses aspirations démocratiques et son appel à de nouvelles élections libres et régulières sous la supervision de l’OSCE.»

Un appel a aussi été lancé aux États membres pour ne pas «interférer dans les affaires intérieures du Biélorussie». demande qui vise, sans les nommer, les pays baltes et la Pologne.

Candidate lors de la présidentielle, Mme Tikhanovskaïa a été menacée et contrainte à l’exil. Elle est réfugiée en Lituanie et dit ne pas pouvoir rentrer dans son pays, car elle serait «jetée en prison».  Candidate à la présidentielle d’août pour remplacer son mari qui a été arrêté, elle a confirmé sa volonté de ne pas être à nouveau candidate au cas où une nouvelle élection serait organisée, car «le Biélorussie traverse une crise économique profonde et a besoin d’un leader fort, un expert économique fort» pour la surmonter.

Décisions sur des sanctions remises au 12 octobre

Malgré les promesses et les soutiens, Svetlana Tikhanovskaïa repart bredouille, tout au moins pour cette fois.

«Nous ne cherchons pas à nous ingérer dans les affaires intérieures du pays. Nous voulons simplement soutenir les gens qui demandent un système politique qui leur permette d’élire leurs dirigeants. Nous demandons seulement un dialogue national sur la manière de résoudre la crise actuelle et des élections libres et équitables. Nous soutenons la souveraineté et l’indépendance du Bélarus et nous appelons tous les partenaires du Bélarus à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Bélarus, car c’est le peuple du Bélarus qui doit décider de son avenir.», a également déclaré le chef de la diplomatie européenne en conférence de presse.

Les dirigeants européens devront donc trancher la question lors de leur sommet de jeudi et vendredi. « Les chefs d’État et de gouvernement vont devoir donner des orientations pour permettre une décision lors de la prochaine réunion des ministres » le 12 octobre, a indiqué le haut représentant de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères et la sécurité et vice-président de la Commission européenne. «La répression en Biélorussie est d’une violence inédite et elle monte en puissance. Nous devons adopter des sanctions. J’en fais un engagement personnel. Si nous ne parvenons pas à le faire, alors la crédibilité de l’UE sera mise à mal », a-t-il estimé.

«Nous avons également discuté de l’examen de nos relations générales avec le Bélarus et du soutien financier supplémentaire à la société civile et aux médias indépendants.», a également ajouté Josep Borell.

La Biélorussie est toujours sous le coup d’un embargo sur les ventes d’armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont par ailleurs interdites de séjour dans l’UE et leurs avoirs ont été gelés.  

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