Mali: un colonel la retraite et ex-ministre de la Défense désigné pour conduire la transition

Bah Ndaw, nouveau chef de l'Etat du Mali. Ancien colonel des Forces armées maliennes, il a été également brièvement ministre de la Défense en 2014. (Monde actuel.com)
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Le colonel à la retraite et ex-ministre de la Défense Bah Ndaw a été désigné pour conduire la transition sous ascendant militaire avant un retour des civils à la tête du pays, a annoncé le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, la période transitoire demeurant sous l’emprise de la junte dont le chef promet de «gagner la guerre» contre les djihadistes.

Le colonel-major Bah Ndaw, surnommé «le grand» par ses intimes en raison de sa taille (1,95 m), est un ancien pilote d’hélicoptère formé dans l’ex-URSS.

Il fut l’aide de camp du général Moussa Traoré, dictateur qui a dirigé le pays sans partage pendant 22 ans jusqu’en 1991 et qui est décédé la semaine dernière.

Il avait été nommé ministre de la Défense en mai 2014 après la déroute des forces maliennes face aux rebelles touareg dans leur bastion de Kidal (nord-est). Il n’était resté en poste que quelques mois.

Il prêtera serment vendredi, a indiqué le colonel Goïta. C’est au président qu’il appartiendra de nommer un premier ministre, en vertu d’une charte retenue par la junte pour organiser la transition. Il prêtera serment vendredi, a indiqué le colonel Goïta. C’est au président qu’il appartiendra de nommer un premier ministre, en vertu d’une charte retenue par la junte pour organiser la transition. La Cédéao réclame là aussi qu’il s’agisse d’un civil. réclame là aussi qu’il s’agisse d’un civil.

Le nouveau président sera flanqué d’un vice-président doté d’importantes prérogatives sécuritaires, appelé à le remplacer en cas d’incapacité et qui n’est nul autre que l’actuel chef de la junte, le colonel Goïta et est celui qui a annoncé le choix opéré par un collège d’un peu plus d’une quinzaine de membres, dont sept de la junte, le reste des places revenant au mouvement dit du 5-Juin, aux syndicats, aux anciens groupes rebelles ou à la société civile.

Le colonel Assimi Goita, nouvel homme fort du Mali, lors d’une émission télévisée mercredi 19 août à Bamako, au Mali. (ORTM TV)

Le comité s’est prononcé sous la pression des voisins du Mali qui réclament depuis le début un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la nomination dans les meilleurs délais d’un président et d’un premier ministre civils et a ainsi tranché des semaines de querelles entre Maliens, qui se divisaient sur le caractère civil ou militaire de la transition à venir.

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a suspendu dès le 20 août le Mali de ses organes de décision et infligé un embargo financier et commercial à ce vaste pays pauvre et enclavé. Elle a indiqué la semaine passée qu’elle lèverait ces sanctions aussitôt que la junte aurait accédé à ses exigences.

La Cédéao et des partenaires du Mali comme la France s’inquiètent d’un surcroît d’instabilité propageant encore davantage à travers le Sahel le djihadisme et les violences intercommunautaires auxquelles le pays est en proie, mais également du mauvais exemple que donnerait une junte maintenue durablement au pouvoir.

La «charte de transition» prévoit en principe une transition de 18 mois, à laquelle la Cédéao s’est montrée prête à consentir après avoir insisté initialement sur un maximum de 12 mois.

Le médiateur de la Cédéao dans cette crise, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est attendu mercredi au Mali.