Pourchassé en Syrie, l’EI se développe ailleurs, indiquent les États-Unis

Capture d'écran d'une vidéo de propagande du groupe Etat islamique (EI) montrant des jihadistes dans un lieu non précisé de la province d'Al-Anbar, le 17 mars 2014 en Irak. [Archive/AFP]
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Malgré les succès militaires de la coalition antidjihadiste en Syrie et en Irak, le groupe État islamique (EI) s’est développé à l’international, notamment en Afrique, a indiqué jeudi un haut responsable du gouvernement américain.

« Depuis un an, les efforts antiterroristes des États-Unis et de la coalition ont permis d’éliminer d’importants dirigeants de l’EI et de perturber les opérations terroristes du groupe dans plusieurs régions », a indiqué Christopher Miller, le directeur du centre national de contre-terrorisme des États-Unis.

« Mais le groupe continue de mener une stratégie mondiale agressive » et possède maintenant 20 groupes affiliés dans le monde, notamment en Afrique, a ajouté M. Miller, qui présentait devant une commission du Congrès le rapport annuel des services de renseignement américains sur les menaces contre les États-Unis au niveau mondial.

Depuis le raid américain ayant provoqué en octobre 2019 la mort de son dirigeant Abou Bakr al-Baghdadi, les États-Unis et leurs alliés ont éliminé plusieurs personnalités du groupe, mais « l’EI a démontré à maintes reprises sa capacité à rebondir », souligne le responsable américain dans un document remis aux élus lors de son audition.

« Dans certaines régions d’Afrique, des groupes de l’EI mènent des attaques fréquentes contre les forces de l’ordre locales et ont étendu leur territoire, alors que les opérations de la coalition et des attaques de groupes rivaux ont freiné sa croissance en Afghanistan, en Libye, en Somalie et au Yémen », précise le document.

L’EI a revendiqué jeudi l’assassinat le 9 août au Niger de huit personnes, six humanitaires français et deux Nigériens.

Pour les services antiterroristes américains, l’EI « cherche encore à mener des opérations contre les Occidentaux bien que la pression antiterroriste ait réduit les capacités du groupe à mener des opérations à l’échelle des attaques de Paris et Bruxelles » en 2015 et 2016.

En Syrie et Irak, l’EI a continué à mener des opérations à un rythme « soutenu », y compris une attaque contre l’armée irakienne en mai qui a blessé et tué des dizaines de soldats irakiens.

Le groupe a publié des vidéos de ces attaques pour montrer que ses combattants étaient encore actifs bien qu’ils aient été chassés l’an dernier de leur « califat » autoproclamé qui couvrait un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Selon M. Miller, le prochain objectif de l’EI est de libérer les milliers de ses combattants et leurs familles détenus dans des camps du nord-est de la Syrie.

Le document souligne que les groupes djihadistes ont bénéficié de la pandémie de COVID-19, car cela a permis aux groupes terroristes de « présenter la maladie comme une punition divine » et a « affecté la confiance des populations dans la capacité de leurs gouvernements à prendre soin d’eux ».