Afghanistan: des niveaux élevés de violence continuent avec un impact dévastateur sur les civils

Une très longue et violente attaque contre une base de la police, marquée par trois attentats-suicides suivis d’une fusillade, a fait mardi 27 octobre au moins cinq morts et 33 blessés dans l’est de l’Afghanistan, frontalier du Pakistan. (efe-epa)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Selon le rapport de la mission des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) publié mardi, le chiffre global des victimes civiles pour les neuf premiers mois de 2020 a chuté d’environ 30% par rapport à la même période en 2019, mais, alors que le nombre de victimes civiles est le plus bas du pays, «les torts causés aux civils restent démesurés et choquants» et on assiste, même si cela peut paraître paradoxal, à u montée violence depuis qu’ont débuté les pourparlers de paix interafghans à Doha.

«Des niveaux élevés de violence continuent avec un impact dévastateur sur les civils, l’Afghanistan restant parmi les endroits les plus meurtriers au monde pour être un civil», indique le rapport.

«Les pourparlers de paix auront besoin d’un certain temps pour contribuer à instaurer la paix. Mais toutes les parties peuvent immédiatement donner la priorité aux discussions et prendre d’urgence, et franchement en retard, des mesures supplémentaires pour endiguer les terribles torts causés aux civils », a déclaré Deborah Lyons, Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Afghanistan dans le rapport.

«Une nouvelle réflexion et une action concrète pour sauvegarder la vie civile permettront non seulement de sauver des milliers de familles de la souffrance et du chagrin, mais elles peuvent également aider à réduire les récriminations et, au contraire, renforcer la confiance entre les négociateurs», a déclaré Lyons, qui est également chef de la MANUA.


La MANUA a indiqué que les éléments antigouvernementaux (AGE) restaient responsables de la majorité des victimes civiles (58%). Par rapport à la même période en 2019, le nombre de décès de civils attribués aux AGE est resté à des niveaux similaires, bien qu’il y ait eu une diminution de 34% du nombre total de victimes civiles – tuées et blessées – attribuées aux AGE, selon le rapport.

Et aujourd’hui cinq morts, 33 blessés dans un assaut contre la police

Et aujourd’hui, dernière illustration de cette violence après qu’au moins neuf personnes, dont huit civils, ont été tuées dans deux attentats à la bombe en bordure de route dans la ville centrale de Ghani samedi matin et que, dans un événement séparé, au moins 10 personnes ont été tuées et 20 blessées dans un attentat contre un centre éducatif de Kaboul, une très longue et violente attaque contre une base de la police, marquée par trois attentats-suicides suivis d’une fusillade, a fait mardi au moins cinq morts et 33 blessés dans l’est de l’Afghanistan, frontalier du Pakistan.

«Ce matin à 5 h 50, des terroristes ont fait sauter une voiture chargée d’explosifs près d’un complexe des forces spéciales de la police de la ville de Khost», a déclaré Tariq Arian, un porte-parole du ministère de l’Intérieur, qui a confirmé la fin de l’attaque. La charge, actionnée par un kamikaze, a été suivie par deux autres attentats-suicides à la voiture piégée, ainsi que par une fusillade ayant duré neuf heures entre sept assaillants, finalement abattus, et les forces de sécurité, a déclaré aux médias Ghulam Daud Tarakhil, le chef de la police de Khost.

Cinq policiers ont été tués et 33 personnes blessées, dont neuf civils, selon M. Tarakhil.

Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué l’assaut. Khost est le bastion du réseau Haqqani, la branche des talibans créditée des attaques les plus sanglantes et complexes, notamment d’un attentat au camion piégé contre la zone verte de Kaboul en mai 2017 qui avait fait plus de 150 morts.

La violence a également frappé Kaboul mardi. Trois civils ont été tués et dix blessés par l’explosion d’une bombe placée sous une voiture près de l’aéroport, a déclaré le porte-parole de la police Ferdaws Faramuz dans un communiqué.

L’Afghanistan est en proie à une montée de la violence, alors qu’ont débuté en septembre des pourparlers interafghans à Doha les talibans et le gouvernement de Kaboul pour l’instant sans grandes avancées.