Appel au secours: il faut sauver la Légion royale canadienne au Québec

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Aujourd’hui s’amorce la campagne du Coquelicot 2020. Je lance personnellement un appel à la générosité à tous les lecteurs et à toutes les lectrices de 45eNord.ca, à tous les vétérans, à tous les militaires, à vos familles et à toutes les personnes qui ont à cœur la cause des anciens combattants.

La campagne du Coquelicot permet de recueillir des dons que chaque filiale conserve localement afin de soutenir directement les vétérans et les membres de leurs familles ainsi que les activités du souvenir.

Parallèlement, plus que jamais, plusieurs filiales de la Légion royale canadienne du Québec sont elles-mêmes financièrement au pied du mur en raison des effets dévastateurs de la pandémie de la COVID-19. Plus que jamais, votre générosité (en dehors de la campagne du Coquelicot) déterminera l’avenir de certaines filiales qui viennent en aide aux anciens combattants des Forces armées canadiennes et de la GRC et à leur famille depuis des décennies.

Si vous êtes en mesure de faire un petit don directement à la filiale de votre communauté, les sommes recueillies serviront aux maintiens de leurs opérations. Cliquez ici pour connaître les coordonnées de la filiale de votre secteur.

Et, si jamais vous n’avez pas de filiale dans votre coin, vous pouvez aussi, bien sûr, participer à la campagne nationale.

Nous devons tellement aux vétérans des Forces armées canadiennes qui ont forgé l’histoire de notre pays, mais surtout qui nous ont permis d’accéder à une grande qualité de vie au Canada en protégeant nos droits, nos valeurs et nos libertés.

Il est nécessaire de ne pas perdre de vue que la Légion royale canadienne est d’abord et avant tout un organisme à but non lucratif qui milite pour la cause des vétérans qui ont servi le Canada, et ce, peu importe où et quand. La Légion offre des services de représentation et d’accompagnement aux vétérans et des services gratuits qui font une réelle différence dans la vie de ces derniers. La Légion joue un rôle essentiel afin que nous n’oubliions pas les sacrifices faits par les hommes et les femmes qui ont porté l’uniforme militaire et de la GRC. La Légion aide le Canada à rendre hommage et à se souvenir par l’entremise de multiples activités dont les cérémonies du jour du Souvenir et la campagne du Coquelicot. La Légion royale canadienne a une importance nullement comparable pour la communauté des vétérans, des militaires, des familles des Forces armées canadiennes, mais aussi pour toutes les personnes qui sympathisent à cette cause.

La Légion royale canadienne a véritablement fait une différence dans la vie de nombreux vétérans. Parmi mes premiers souvenirs d’enfance, il y a ceux qui sont liés au soutien de mon grand-père à ses frères d’armes. Mon défunt grand-père Albert Wilson, lui-même ancien combattant, a donné bénévolement près de 40 ans de sa vie à la Filiale 235 – Chicoutimi. Il en a été le président en 1970, 1971, 1975 et 1982.

Albert Wilson, lui-même ancien combattant, a donné bénévolement près de 40 ans de sa vie à la Filiale 235 – Chicoutimi, dont il a été le président en 1970, 1971, 1975 et 1982. (Courtoisie Dave Blackburn)

Albert Wilson, lui-même ancien combattant, a donné bénévolement près de 40 ans de sa vie à la Filiale 235 – Chicoutimi, dont il a été le président en 1970, 1971, 1975 et 1982. (Courtoisie Dave Blackburn)

Je me rendais régulièrement avec lui au local sur la rue Racine. À cette époque, la filiale 235 était toujours remplie de monde. Je ne comprenais pas tout ce qui se passait là, mais je voyais souvent mon grand-père prendre le temps de jaser avec un autre homme parfois émotif. Devant l’intensité des échanges, je restais en retrait, mais cela ne m’empêchait pas de voir parfois une main sur l’épaule, une claque dans le dos et même des accolades. J’ai vu mon grand-père s’investir à fond lors des campagnes du Coquelicot et lors de cérémonies du jour du Souvenir. Il disait souvent : «On doit tout faire ce que l’on peut pour aider ceux qui ont tout donner pour le Canada». Au sein de notre famille, il ne parlait pas de sa propre expérience militaire ou celles de ses camarades. C’était comme un code d’honneur et le local de la Légion était comme un jardin secret, un refuge, qui leur permettait d’être eux-mêmes avec leurs souvenirs, leurs démons. L’alcool coulait parfois à flots et elle les dégourdissait assez afin aborder certaines blessures. Il a commencé à s’ouvrir un peu plus lorsque j’ai joint les Forces canadiennes et lorsque je me suis rendu en Afghanistan. C’est alors que j’ai compris que par son dévouement à la Légion royale canadienne, il aidait ses frères d’armes, mais il s’aidait aussi. Je sais qu’il a sauvé de nombreuses vies par son entraide, sa présence et à l’aide des sommes ramassées dans le Fond du Coquelicot. À son décès, l’un de ses camarades et frères d’armes m’a dit : «C’était tout qu’un homme ton grand-père et il nous a tous aidé !»

Le contexte social a évolué depuis ce temps. Les vétérans ont vécu des expériences différentes que ceux de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, les défis personnels, familiaux, psychosociaux et médicaux n’ont guère changé et le besoin d’entraide, de camaraderie et de soutien est toujours nécessaire. Encore davantage en temps de pandémie où nous sommes plus isolés que jamais. S’il y a une organisation pour les vétérans qui a traversé le temps et les époques et qui a toujours été fidèle à son mandat, c’est bien la Légion royale canadienne.

C’est maintenant plusieurs filiales de la Légion royale canadienne qui ont besoin d’aide de la part des vétérans et de la population générale. Nous devons rendre à cette organisation le même service qu’elle a rendu à nos héros qui ont mis leur vie sur la ligne de front pour protéger notre pays.

En 2019, avec mon équipe de recherche sur la santé mentale des anciens combattants et des familles, nous avons fait une recension de tous les services en santé mentale au Québec destinés aux vétérans des Forces armées canadiennes. Saviez-vous que la Légion royale canadienne compte plus de 100 filiales au Québec et est présente dans 16 régions administratives sur 17 ? Elle est partout et si une seule disparait de la carte cela aura des répercussions directes sur les services et l’aide aux vétérans.

La Filiale 190 de Saint-Jérôme lance un véritable cri du cœur pour sauver son local qui doit célébrer son 75e anniversaire dans un mois. (Photo/courtoisie de Dave Blackburn)

Il y a deux jours, les camarades Michel Bonenfant et Sylvain Duchesne de la Filiale 190 de Saint-Jérôme lançaient un véritable cri du cœur pour sauver leur local qui doit célébrer son 75e anniversaire dans un mois. Comme la pandémie de la COVID-19 prive la Filiale 190 de nombreux revenus, la situation financière est d’une grande précarité et elle est en mode survie. Il faut dans l’immédiat donner un coup de main à cette filiale qui est active et grandement impliquée dans sa communauté. Je peux en témoigner pour y avoir été membre pendant quelques années. Si vous êtes en mesure de les aider, voici le lien de leur site Internet pour les contacter.

En terminant, malgré la valse des milliards de dollars offerts à de multiples organismes et individus en raison de la pandémie, les filiales de la Légion royale canadienne ne reçoivent aucune subvention du gouvernement fédéral dont les vétérans et les militaires sont sous sa responsabilité. J’exhorte donc le gouvernement du Canada de considérer une aide d’urgence aux filiales du Québec. Elles en ont de besoins pour poursuivre l’aide indispensable qu’elles offrent à nos vétérans et à leurs familles.

Je vous remercie de répondre massivement à cet appel à la générosité.

Nous nous souviendrons !