Corée du Nord: un «horrifiant» système de détention provisoire, dénonce Human Rights Watch

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le système nord-coréen de détention provisoire et d’interrogatoire, où torture, absence de procédures régulières, punitions arbitraires et corruption sont largement répandues est arbitraire et ne repose sur aucun respect de procédures régulières, dénonce Human Rights Watch dans un rapport publié cette semaine.

D’anciens détenus ont décrit dans ce rapport 88 pages, intitulé « ‘Worth Less Than an Animal’: Abuses and Due Process Violations in Pretrial Detention in North Korea » (« ‘On vaut moins que les animaux’ : Abus et violations des procédures lors de la détention provisoire en Corée du Nord »), une torture systématique, des conditions de détention dangereuses et insalubres ainsi qu’un travail forcé non rémunéré.

«Le système de détention provisoire et d’interrogatoires en Corée du Nord est arbitraire, violent, cruel et dégradant », déclare Brad Adams, directeur de la division Asie de Human Rights Watch. «Les Nord-Coréens disent vivre dans la peur constante d’être happés par un système où les procédures officielles n’ont généralement aucun poids, où règne la présomption de culpabilité et où la seule façon de s’en sortir passe par les pots-de-vin et les relations.»

Les anciens détenus ont témoigné qu’on les obligeait à rester assis immobiles par terre pendant des jours, à genoux ou en tailleur, les poings ou les mains posés sur les jambes et le regard vers le sol. Si un détenu bougeait, les gardes le punissaient, voire ordonnaient une punition collective pour tous les détenus.

Les personnes interrogées ont décrit des conditions de détention insalubres et dangereuses pour la santé, poursuit le rapport: très peu de nourriture, des cellules surpeuplées avec un espace au sol insuffisant pour dormir, très peu d’occasions de se laver, une pénurie de couvertures, de vêtements, de savon et de produits d’hygiène menstruelle. D’après les témoignages – aussi bien des anciens détenus que des anciens agents de police –, les détenus étaient couverts de poux, de punaises et de puces.

«D’anciens responsables du gouvernement ont expliqué à Human Rights Watch que les mauvais traitements et l’humiliation étaient considérés comme un élément essentiel du système judiciaire pénal nord-coréen», déclare Brad Adams. « Les autorités de la Corée du Nord devraient faire sortir le système judiciaire de l’obscurantisme en demandant l’assistance de la communauté internationale afin de créer une force de police professionnelle et un système d’enquête qui se fonde sur les preuves pour élucider les crimes, pas sur la torture.»

En 2014, une Commission d’enquête des Nations Unies sur les droits humains en Corée du Nord avait déjà conclu que les violations des droits humains graves, systématiques et généralisées commises par le gouvernement nord-coréen constituaient des crimes contre l’humanité.

Hun Rights Watch presse aujourd’hui le gouvernement nord-coréen de mettre fin à la torture endémique et aux traitements cruels, inhumains et dégradants infligés dans les centres de détention provisoire et d’interrogatoire.