Des manifestations pour marquer le premier anniversaire de la «révolution d’octobre», en Irak

Ezzat Ibrahim al-Douri avec Saddam Hussein Saddam Hussein en 2000. (AFP)
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Des dizaines de jeunes et de policiers s’affrontent de nouveau lundi sur la place Tahrir de Bagdad, après une nuit de heurts notamment à Kerbala, au sud-ouest de la capitale, au lendemain du premier anniversaire de la révolte en Irak, rapporte l’Agence France-Presse, qui a des journalistes sur place.

À Bagdad, sur le pont al-Joumhouriya, qui sépare Tahrir de la Zone verte où siègent les autorités irakiennes et l’ambassade américaine, des dizaines de jeunes ont tenté de prendre d’assaut les trois barrages de béton installés par les forces de l’ordre. Ils jetaient des pierres tandis que les policiers répondaient par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes, a constaté un photographe de l’agence de presse.

Toujours selon ce que rapporte l’agence, des jeunes brûlaient également des pneus, tandis que le calme régnait sur la place elle-même, de même que sur le pont Senek, menant à la Zone verte et à l’ambassade d’Iran, parrain de Bagdad honni par les manifestants.

Et dans la ville sainte chiite de Kerbala, où l’an dernier déjà le mouvement était nocturne, de jeunes manifestants ont jeté jusqu’à tôt lundi matin des pierres sur des policiers aux boucliers métalliques et longues matraques, qui les leur renvoyaient, jusqu’à ce que des tirs, visiblement en l’air, du côté des forces de l’ordre retentissent, faisant brusquement refluer les protestataires.

À Nassiriya, bastion historique des révoltes en Irak, des centaines de manifestants sont restés jusque tard dans la nuit sur l’emblématique place Habboubi, chantant l’hymne national et scandant des slogans appelant à maintenir un mouvement pacifique.

À Diwaniya, de jeunes manifestants ont brièvement incendié dans la nuit des pneus dans les rues du centre-ville. Et à al-Hilla, des heurts ont également eu lieu.

La contestation, éclipsée par les tensions entre l’Iran et les États-Unis puis par la pandémie de COVID-19, s’était soldée par près de 600 morts et 30 000 blessés. Dimanche, des milliers d’Irakiens ont défilé à travers le pays pour marquer le premier anniversaire de cette «révolution d’octobre», mouvement social inédit dans le pays réclamant notamment une réforme du pouvoir et une amélioration des conditions de vie.  

Ces heurts constituent un test pour le nouveau premier ministre Moustafa al-Kazimi qui n’a cessé de répéter aux troupes de faire preuve de retenue alors que son prédécesseur est toujours conspué dans la rue pour la répression sanglante de l’an dernier.

Un rappel du passé Ezzat Ibrahim al-Douri, e numéro deux de Saddam Hussein est mort

Par ailleurs, Ezzat Ibrahim al-Douri, sulfureux numéro deux du régime de Saddam Hussein et « roi de trèfle » du jeu de cartes des responsables recherchés par les Américains en 2003, est mort, ont annoncé lundi son parti et la fille du défunt dictateur irakien.

L’homme, dont la tête avait été mise à prix pour 10 millions de dollars par les États-Unis lors de l’invasion qui a renversé le Baas, parti arrivé au pouvoir en Irak en 1968, était en fuite. Aucun des communiqués annonçant sa mort ne précise l’endroit où elle a eu lieu, ni la cause.

« Je présente mes condoléances […] pour le camarade de lutte Ezzat Ibrahim », a tweeté Raghad Saddam Hussein.

Le parti Baas a également publié un communiqué annonçant la mort de celui qui était en 2003 vice-président du Conseil de Commandement de la révolution et vice-président de l’Irak.

Des rumeurs sur la mort de Douri, né en 1942, ont émergé à plusieurs reprises par le passé mais elles ont à chaque fois été démenties par des responsables ou des partisans de l’ancien régime.

Après 2003, les Baassistes ont joué un rôle clé dans l’insurrection contre les Américains avant de se rapprocher du groupe djihadiste État islamique (EI), défait militairement en Irak fin 2017.

Dans une vidéo diffusée sur l’internet en 2016, Douri avait qualifié de « héros » les hommes de l’EI qui s’étaient emparés à partir de juin 2014 de larges pans de l’Irak.

Il était également étroitement lié à l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya (JRTN), qui comptait un nombre important de combattants au sein de l’insurrection.

*Avec AFP