Deux anciens Marines basés à Camp Lejeune accusés de complot en vue de fabriquer et vendre illégalement des armes à feu

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Deux anciens Marines basés à Camp Lejeune, en Caroline du Nord, dont un qui a fait l’objet d’une enquête pour activités suprémacistes blanches alors qu’il était en service, ont été arrêtés pour fabrication, transport et vente illégales d’armes à feu, annonce cette semaine le ministère américain de la Justice.

Les anciens Marines Liam Montgomery Collins, 21 ans, et Jordan Duncan, 25 ans, ont été arrêtés avec Paul James Kryscuk, 35 ans, sur des accusations fédérales le 20 octobre pour «complot en vue de fabriquer, posséder et distribuer illégalement diverses armes, munitions et silencieux», selon un communiqué du bureau du procureur des États-Unis pour le district est de Caroline du Nord.

Collins et Duncan sont d’anciens Marines affectés auparavant au Camp Lejeune à Jacksonville, en Caroline du Nord.

Liam Montgomery Collins et son coaccusé Paul James Kryscuk ont ourdi ce complot pour s’enrichir selon le bureau du procureur des États-Unis, ce qui n’exclut pas pour autant des motivations politiques. De mai 2019 à aujourd’hui, Collins a effectué plusieurs transferts d’argent via son compte personnel à Kryscuk pour acheter des armes à feu, y compris un pistolet 9 mm, un silencieux et un fusil à canon court, indique l’acte d’accusation. À son tour, Kryscuk a acheté des articles à des vendeurs pour fabriquer des armes à feu et des silencieux. Dans la poursuite du crime, Kryscuk, qui est de Boise, en Idaho, a envoyé en utilisant un pseudonyme, les articles de l’Idaho à Jacksonville, en Caroline du Nord. Kryscuk a également expédié le fusil à canon court, non enregistré contrairement à ce qu’exige le gouvernement fédéral, à Collins. Quant à Jordan Duncan, 25 ans, lui aussi un résident de Boise, il était au courant et a participé au complot selon l’acte d’inculpation.

Collins et Kryscuk sont maintenant accusés de complot en vue de fabriquer des armes à feu et de les expédier hors des frontière de leur État, de transport inter-états d’armes à feu sans permis, de transport inter-état d’une arme à feu non enregistrée. Ils encourent chacun une peine maximale de 20 ans de prison combinés s’ils sont reconnus coupables; Duncan, lui, est accusé de complot pour fabriquer des armes à feu et les expédier entre les États et encourt un maximum de 5 ans de prison.

Le Naval Criminal Investigative Service, le Federal Bureau of Investigation (FBI), le Boise Police Department, le United States Postal Inspection Service, le Homeland Security Investigations et le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives, enquêtent sur l’affaire. Les procureurs adjoints des États-Unis du district est de la Caroline du Nord sont responsables de la poursuite pour le gouvernement avec l’aide des procureurs adjoints des États-Unis pour le district de l’Idaho.

Collins avait fait l’objet «d’allégations d’activités de la suprématie blanche»

L’ancien Marine Liam Montgomery Collins, 21 ans, arrêté sur des accusations fédérales le 20 octobre pour «complot en vue de fabriquer, posséder et distribuer illégalement diverses armes, munitions et silencieux», avait fait l’objet «d’allégations d’activités de la suprématie blanche» (Facebook)

Collins a servi dans le Corps des Marines en tant que carabinier du 21 août 2017 au 21 septembre 2020, un enrôlement plus court que le mandat typique de quatre ans.

À l’époque, Collins était caporal suppléant dans le Corps des Marines affecté au 1er Bataillon, 2e Régiment de Marines, 2e Division de Marines, à Camp Lejeune, selon le Corps des Marines.

«La libération ‘prématurée’ de Collins est indicative du fait que le caractère de son service était incompatible avec les attentes et les normes du Marine Corps des Marines», a déclaré le Corps des Marines dans un communiqué, confirmant mercredi que Collins avait fait l’objet d’une enquête à l’époque à la suite «d’allégations d’activités de la suprématie blanche». «Suite à l’enquête, des mesures appropriées ont été prises. Ces actions, cependant, étaient de nature administrative et ne pouvaient pas être communiquées ».

L’hebdomadaire américain Newsweek rapportait en novembre 2019 que Collins était lié à des messages racistes et antisémites sur le site Web néonazi et suprémaciste blanc appelé Iron March.

Le magazine Vice, cité par Newsweek, avait pour sa part rapporté à l’époque qu’au moins trois membres des forces américaines, dont Collins, apparaissaient sur les babillards d’Iron March, que le Southern Poverty Law Center décrit comme «un lieu de rassemblement en ligne influent pour les jeunes néo-nazis et néo-fascistes», lié à près d’une centaine de crimes haineux et qui a des ramifications jusqu’au Canada.

Le Corps des Marines a confirmé mercredi que Collins avait fait l’objet d’une enquête à l’époque à la suite «d’allégations d’activités de la suprématie blanche». «Suite à l’enquête, des mesures appropriées ont été prises. Ces actions, cependant, étaient de nature administrative et ne pouvaient pas être communiquées ».

Duncan, lui, a servi dans le Corps des Marines du 9 septembre 2013 au 8 septembre 2018 en tant qu’analyste du langage cryptologique, s’élevant au rang de caporal. Il a également été affecté pour la dernière fois à Camp Lejeune avec le 2e bataillon radio, Groupe d’information maritime, IIe Marine Expeditionary Force.

Ses décorations comprennent la médaille de campagne de l’opération INHERENT RESOLVE, l’opération militaire américaine menée dans le cadre de la coalition internationale antidjihadiste, le ruban de déploiement du service maritime et la médaille de bonne conduite du Marine Corps.