La Chine arme la marine vénézuélienne de missiles anti-navires C-802A

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Les vidéos de propagande du Venezuela montrent des navires de guerre armés d’un nouveau missiles anti-navires de fabrication chinoise, le missile C-802A, fourni par Pékin à la marine vénézuélienne et conçu pour éliminer les navires de surface à une portée de plus de 100 miles marins, rapporte le USNI News, une publication du United States Naval Institute, basé à Annapolis au Maryland.

Cet accord sur les armes devrait considérablement accroître la portée et la puissance de la marine du président Nicolás Maduro.

L’acquisition du missile a été révélée le 25 septembre par l’Armada Bolivariana de Venezuela, la Marine vénézuélienne. Les images d’un tir d’essai sont maintenant utilisées dans des vidéos de propagande publiées en ligne, y compris sur le compte Twitter officiel de Maduro (en espagnol), sont toutefois celles d’un navire thaïlandais, note le USNI News.

La séquence vidéo ne représente pas en fait un navire de la marine vénézuélienne. Elle est tirée d’un test de lancement du missile C-802A de la Royal Thai Navy, relève la publication américaine. Ce test lancement, effectué depuis la frégate HTMS Kraburi de la marine thaïlandaise, peut d’ailleurs être visionné sur YouTube.

Mais cela ne signifie pas que la Chine n’a pas fourni le système, dit toutefois la publication du United States Naval Institute, une organisation privée à but non lucratif indépendante, même si elle partage le terrain de la  United States Naval Academy, et dont la mission est de débattre des questions de défense nationale et de sécurité de façon indépendante et non partisane.

Que la propagande vénézuélienne en soit réduite à utiliser des images de la marine thaïlandaise nous indique seulement que la marine vénézuélienne n’a pas pu encore en équiper ses propres navires, souligne le USNI News.

Selon des sources ouvertes, poursuit la publication américaine, les missiles chinois C-802A équiperont probablement les patrouilleurs vénézuéliens de classe Guaiquerí. Les Guaiquerí sont des navires de combat Avante 2200 construits en Espagne et livrés sans missiles anti-navires. En juin 2017, la marine vénézuélienne prenait des mesures pour équiper de missile pour un montant de 2,9 millions $ US deux navires de patrouille extracôtiers non spécifiés. La marine vénézuélienne possédant trois navires de classe Guaiquerí, il est donc possible que l’un d’entre eux soit laissé sans missiles.

Pendant ce temps, les deux autres frégates de classe Lupo de construction italienne du Venezuela sont équipées de missiles Otomat Mk 2, des missiles italiens anti-navires subsoniques. L’Otomat est également utilisé comme missile à moyenne portée tout comme certains navires lance-missiles. Les Lupos sont les navires de guerre les plus performants de la gamme vénézuélienne, mais ils sont de plus en plus âgés.

Les autre navire de guerre de la marine vénézuélienne, les patrouilleurs de classe Guaicamacuto, sont optimisés pour les opérations littorales et ne disposent pas d’armement de missiles. C’était l’un de ces navires, le Naiguatá (GC-23), qui a été perdu le 23 mars 2020 alors qu’il tentait d’arrêter le paquebot de croisière RCGS Resolute lorsque les deux navires sont entrés en collision. Le navire de guerre a coulé et le Resolute n’a subi que des égratignures.

Les forces armées du Venezuela ont été durement touchées par les difficultés économiques du pays et par les sanctions internationales.

Cependant, conclut le USNI News, elles ont pu se procurer des armes avancées de Russie et maintenant de Chine. En plus des missiles antinavires C-802A, la Chine a fourni au Venezuela des armes légères et du matériel général, des acquisitions qui rappellent qu’en dépit de leurs défis économiques et internes, les Forces armées vénézuéliennes, toujours fidèles à Maduro, continuent de s’armer et que, malgré le caractère outrancier des déclarions du président et ce que peut avoir souvent de risible la propagande, on aurait peut-être tort de ne pas se méfier…