Pompeo et Esper en tournée pour conforter l’alliance contre la Chine

Pompeo a entamé lundi 25 octobre une tournée dans la région indo-pacifque pour conforter l’alliance contre la Chine, (Department of State)
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Le secrétaire d’État Mike Pompeo a entamé aujourd’hui, lundi 25 octobre, une tournée dans la région indo-pacifique qui le mènera à New Delhi, en Inde, Colombo, au Sri Lanka; Malé aux Maldives et Jakarta, Indonésie, du 25 au 30 octobre, pour conforter l’alliance contre la Chine.

À New Delhi, le secrétaire Pompeo et le secrétaire à la Défense Mark T. Esper et leurs homologues indiens dirigeront le troisième dialogue ministériel annuel entre les États-Unis et l’Inde 2 + 2 «pour faire progresser le partenariat stratégique mondial global États-Unis-Inde et élargir la coopération pour promouvoir la stabilité et la prospérité dans l’Indo-Pacifique et le monde.», indique le Département d’État américain.

Le secrétaire Pompeo se rendra ensuite à Colombo, au Sri Lanka, «pour souligner l’engagement des États-Unis en faveur d’un partenariat avec un Sri Lanka fort et souverain et pour faire progresser nos objectifs communs pour une région indo-pacifique libre et ouverte.», puis il se rendra à Malé, aux Maldives, pour «réaffirmer la relation bilatérale et faire progresser le partenariat Maldives-États-Unis sur des questions allant de la sécurité maritime régionale à la lutte contre le terrorisme.»

Et, finalement, le Secrétaire d’État américain se rendra à Jakarta en Indonésie pour prononcer des allocutions publiques et rencontrer ses homologues indonésiens «pour affirmer la vision des deux pays d’un Indo-Pacifique libre et ouvert.»

En Inde, les ministres américains discuteront avec les ministres indiens des Affaires extérieures Subrahmanyam Jaishankar et de la Défense Rajnath Singh des moyens de «travailler ensemble pour contrer les menaces posées par le Parti communiste chinois», a indiqué la semaine dernière Mike Pompeo.

L’Inde, qui rejoint en janvier le Conseil de sécurité de l’ONU pour deux ans, «sera le partenaire le plus déterminant pour les États-Unis dans la région indo-Pacifique […] pendant ce siècle », a expliqué de son côté Mark Esper, louant «la plus grande démocratie du monde, un pays très compétent avec des gens talentueux qui font face, chaque jour, à l’agression chinoise dans l’Himalaya».

Les tensions entre l’Inde et la Chine, qu’un conflit frontalier ouvert a opposées en 1962, se sont accrues en juin avec leur première confrontation meurtrière depuis 45 ans, qui a fait 20 morts côté indien et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois au Ladakh (Nord de l’Inde).

En septembre, les deux puissances nucléaires se sont rejeté la responsabilité de tirs à leur frontière, les premiers depuis 1975. Elles ont acheminé des dizaines de milliers de soldats dans cette région himalayenne où l’hiver arrive.

L’Inde a demandé aux États-Unis des équipements pour le froid. La question pourrait être soulevée durant les entretiens, selon des responsables.

Les deux pays devraient également signer un accord de partage du renseignement géospatial, ouvrant la voie à l’apport par les États-Unis d’une technologie sophistiquée pour les missiles.

Le secrétaire américain à la Défense discutera aussi d’une coopération militaire accrue qui pourrait comprendre du partage de renseignement, davantage de manœuvres communes et des ventes d’armement, y compris peut-être d’avions de chasse américains F-18.

Pékin, qui a annoncé lundi des sanctions contre des entreprises, personnes et entités américaines impliquées dans un la vente d’armes à Taïwan, a pour sa part déploré l’attitude américaine. «Faire de la Chine un rival comme le font les États-Unis est une grave erreur de jugement stratégique», a déclaré Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, rejetant toute velléité d’hégémonie de la Chine.