Abdullah Ahmed Abdullah, le numéro 2 d’Al-Qaïda assassiné secrètement en Iran au mois d’août

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Inculpé pour des attentats contre des ambassades, Abdullah Ahmed Abdullah, le numéro 2 d’Al-Qaïda, inculpé aux États-Unis pour des attentats perpétrés contre des ambassades américaines en Afrique de l’Est en 1998, a été assassiné secrètement en Iran au mois d’août, a rapporté le New York Times ce vendredi 13 novembre.   


Mise à jour 14/11/2020, 10h12

L’Iran a rejeté ce samedi les informations concernant l’assassinat à Téhéran du numéro 2 d’Al-Qaïda par des agents israéliens, affirmant qu’il s’agissait d’une « information fabriquée », et a nié la présence sur son sol de membres du groupe djihadiste. Les ennemis de l’Iran, les États-Unis et Israël, «essaient de rejeter la responsabilité des actes criminels d’Al-Qaïda et d’autres groupes terroristes dans la région et lient l’Iran à ces groupes par des mensonges et des fuites d’informations fabriquées de toutes pièces aux médias», a réagi samedi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, dans un communiqué, conseillant aux médias américains de «ne pas tomber dans le piège des scénarios hollywoodiens des responsables américains et sionistes». «Sans aucun doute, de telles accusations sont faites dans le contexte d’une guerre économique, de renseignement et psychologique globale contre le peuple iranien, et les médias ne devraient pas être une plate-forme pour répandre des mensonges ciblés de la Maison Blanche contre l’Iran», conclut le porte-parole iranien.


Abdullah Ahmed Abdullah, qui figurait sur la liste des terroristes les plus recherchés par la police fédérale américaine (FBI), a été «tué par balle dans les rues de Téhéran par deux assassins à moto», ont confirmé des responsables des renseignements américains au quotidien new-yorkais. 

Les autorités iraniennes n’ont pas reconnu officiellement la mort du terroriste.  

Le fait qu’il ait vécu en Iran était surprenant, souligne le New York Times, étant donné que l’Iran et Al-Qaïda sont des ennemis acharnés. L’Iran, une théocratie musulmane chiite, et Al-Qaïda, un groupe djihadiste musulman sunnite, se sont combattus sur les champs de bataille d’Irak et ailleurs.

Des responsables des services de renseignement américains affirment pourtant qu’al-Masri était détenu par l’Iran depuis 2003, mais qu’il vivait librement dans le quartier de Pasdaran à Téhéran, une banlieue chic de la capitale iranienne, depuis au moins 2015.

Certains experts en terrorisme, note le quotidien new-yorkais, ont suggéré que le fait de garder des responsables de Qaïda à Téhéran aurait fournir une assurance que le groupe ne mènerait pas d’opérations en Iran. Les responsables américains de la lutte contre le terrorisme pensent pour leur part que l’Iran lui a peut-être offert l’asile pour mener des opérations contre les États-Unis, un adversaire commun de Téhéran et d’Al-Qaïda.

Les meurtriers, qui ont tiré sur la voiture de la victime, une berline Renault L90 blanche, ont aussi abattu sa fille, Miriam, veuve d’un des fils d’Oussama ben Laden, le chef d’Al-Qaïda dans les années 1990.  

Deux hommes armés sur une moto se sont placés sur le côté de la voiture ont tirés Cinq coups de feu en utilisant un pistolet équipé d’un silencieux. Quatre balles sont entrées dans la voiture par le côté du conducteur et une cinquième a touché une voiture à proximité.

L’assassinat, qui aurait été commis par des agents israéliens pour le compte des États-Unis, est survenu le 7 août, jour de l’anniversaire des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998, dans lesquels a été impliqué Abdullah Ahmed Abdullah selon la justice américaine.  

Les deux attentats à la bombe contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie avaient fait 224 morts et plus de 5000 blessés en 1998.

L’attaque de l’ambassade américaine à Nairobi, au Kenya, a été bombardée en 1998, a été attribué au chef de Qaïda Abu Muhammad al-Masri. (Getty Images)

La police fédérale américaine offrait 10 millions de dollars de récompense pour toute information menant à la capture de ce leader du groupe terroriste Al-Qaïda.  

Abdullah Ahmed Abdullah se faisait appeler au combat Abou Mohammed al-Masri. Il était, parmi les terroristes non détenus aux États-Unis ou chez l’un de leurs alliés, «le plus expérimenté et le plus à même d’organiser des opérations stratégiques», selon un document hautement classifié produit par le National Counterterrorism Center des États-Unis en 2008 et cité par le New York Times.  

Selon ces documents, al-Masri était un membre de longue date du conseil de gestion très secret d’Al-Qaïda. Il faisait partie d’un groupe de hauts dirigeants de d’Al-Qaïda qui ont cherché refuge en Iran après les attentats du 11 septembre contre les États-Unis qui les ont forcés à fuir d’Afghanistan.