Afghanistan: la mission de l’OTAN va se poursuivre malgré le retrait des forces américaines

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Online pre-ministerial press conference by NATO Secretary General Jens Stoltenberg ahead of the meetings of NATO Ministers of Foreign Affairs on 1 and 2 December
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Pas questions de signer un chèque en blanc aux talibans. «La mission va se poursuivre malgré le retrait des forces américaines, qui réduit la présence américaine en Afghanistan, mais des décisions difficiles devront être prises en 2021 si les talibans ne respectent pas leurs engagements», a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg ce lundi 30 novembre, avant les réunions des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN prévues pour les 1er et 2 décembre.

«Nous sommes allés en Afghanistan pour soutenir les États-Unis après les attentats du 11 septembre. Et faire en sorte que le pays ne soit plus jamais une plate-forme pour que les terroristes internationaux nous attaquent sur notre territoire. Nous sommes là depuis près de deux décennies. Et le pays a parcouru un long chemin. Nous voyons maintenant une occasion historique de paix. Elle est fragile, mais elle doit être saisie.», a déclaré le secrétaire général.

Le président américain Donald Trump a décidé de réduire le contingent américain de la mission Resolute Support de l’OTAN en Afghanistan qui compte actuellement 11 000 militaires, dont plus de la moitié ne sont pas américains.

«Nous n’avons aucune garantie que les pourparlers de paix réussissent et nous serons confrontés à un dilemme. Soit l’Alliance quitte l’Afghanistan et le pays risque de devenir un nouveau sanctuaire pour les terroristes qui mènent des opérations contre nous, soit l’OTAN reste, avec une nouvelle mission, mais elle sera confrontée au risque de combats», a-t-il expliqué.

«Dans le cadre du processus de paix, nous avons ajusté notre présence.» a indiqué le secrétaire général qui avait déclaré le 24 novembre à la Conférence des donateurs que la mission de l’OTAN continuera à former, conseiller et assister les forces de sécurité afghanes, soulignant que «dans le même temps, nous nous engageons à les aider à les financer jusqu’en 2024, et les Alliés de l’OTAN ont déjà pris des engagements pour la prochaine année.»

Confirmant une fois de plus la position de l’OTAN, le secrétaire général a expliqué que «La mission de formation de l’OTAN se poursuit, avec plus de la moitié des forces des Alliés européens et des pays partenaires. Personne ne veut rester en Afghanistan plus longtemps que nécessaire. Dans les mois à venir, nous continuerons d’évaluer notre présence en fonction des conditions sur le terrain.», a-t-il expliqué. « »Nous sommes confrontés à un dilemme difficile. Faut-il partir et risquer que l’Afghanistan redevienne un refuge sûr pour les terroristes internationaux? Ou restez, et risquez une mission plus longue, avec une violence renouvelée.»

«Quelle que soit la voie que nous choisissons, il est important que nous le fassions ensemble, de manière coordonnée et délibérée.», a déclaré Jens Stoltenberg.

L’adaptation de l’OTAN au nouvel environnement sécuritaire mondial, le renforcement militaire de la Russie, la montée en puissance de la Chine, les tensions entre les alliés sont autant de sujets à aborder entre les dirigeants de l’Alliance au cours du sommet des ministres des Affaires étrangères en décembre, a indiqué Jens Stoltenberg.

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a également avoir proposé au président élu américain Joe Biden d’organiser un sommet de l’Alliance à Bruxelles après sa prise de fonction en janvier 2021 afin de prendre d’importantes décisions.

«J’ai invité Joe Biden à participer à un sommet de l’OTAN au début de l’année prochaine, à une date qui reste à fixer, pour discuter d’importants sujets, notamment des décisions à prendre sur le maintien ou le retrait de la mission de l’Alliance en Afghanistan », a annoncé Jens Stoltenberg au cours d’une conférence de presse.

«Joe Biden est un grand partisan de l’OTAN. Il connaît bien l’Alliance et c’est une bonne chose pour nous», a souligné le secrétaire général dans une référence à peine voilée aux difficultés rencontrées pendant la présidence de Donald Trump.