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Afghanistan: les forces spéciales australiennes ont «tué illégalement» 39 civils, révèle un rapport officiel

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Le général Angus Campbell, chef d'état-major de la Défense d'Australie. (capture d'écran/Facebook/chef d'état-major de la Défense australienne)
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Le général Angus Campbell, chef d’état-major de la Défense d’Australie a confirmé un rapport d’enquête de l’Inspecteur général de la Défense australienne pour l’Afghanistan (Inspector-General Australian Defence Force Afghanistan Inquiry) qui révèle que les forces spéciales australiennes auraient «tué illégalement» au moins 39 civils afghans et non-combattants entre 2005 et 2016.

«Au peuple afghan, au nom de la force de défense australienne, je présente sincèrement et sans réserve mes excuses pour tout acte répréhensible de la part de soldats australiens », a déclaré le général Campbell.

«Certaines patrouilles ont fait fi de la loi, des règles ont été enfreintes, des histoires inventées, des mensonges racontés et des prisonniers tués».

Les 25 membres des forces spéciales accusés de méfait dans 23 incidents ont laissé une «tache» sur leur régiment, sur les forces armées et sur l’Australie, a-t-il ajouté, recommandant des poursuites pour crimes de guerre.

Sur la période couverte par le rapport, de 2005 à 2016, plus de 26 000 Australiens ont servi en Afghanistan, 3000 d’entre eux dans les Forces spéciales, a tenu à préciser le général.

Mais, les conclusions sur les violations les plus graves des normes de conduite et les valeurs professionnelles n’en sont pas moins dévastatrices. Nous employons ici le conditionnel puisque les auteurs de ces crimes n’ont pas encore été jugés, mais les allégations contenues dans le volumineux rapport qui est le fruit de plusieurs années d’enquête sont très graves.

Aucun des meurtres illégaux présumés n’aurait été commis dans le «feu de la bataille». Aucun ne se serait produit dans des circonstances où l’intention de l’auteur n’était pas claire, ou le meurtrier confus. Il ne s’agirait pas d’actes commis dans le «brouillard de la guerre», mais de meurtres commis de sang-froid, mai.,

Le général Campbell indique que le rapport constate que les commandants de certains régiments spéciaux ont favorisé ce que le rapport appelle une «culture guerrière» égocentrique centrée sur le prestige, le statut et le pouvoir, culture qui aurait été adoptée et amplifiée par des sous-officiers expérimentés, charismatiques et influents et leurs protégés, qui confondaient l’excellence avec l’ego. Toujours selon le rapport, c’est au niveau du commandant de patrouille que le comportement criminel a été conçu, engagée, poursuivie et dissimulée, et c’est donc dans une très large mesure à ce niveau que responsabilité de ce comportement réside.«While many factors contributed to this, they include the dominance of a clique of noncommissioned officers (NCOs) who embraced the a ‘warrior hero’ culture; the notion that being designated ‘special’ justified exceptionalism from ordinary rules and oversight; the promotion of the wrong exemplars; the disempowerment of junior officers», peut-on lire dans le sommaire au chapitre 3 du Rapport, page 325.

  1. A substantial indirect responsibility falls upon those in Special Air Service Regiment who embraced or fostered the ‘warrior culture’ and the clique of non-commissioned officers who propagated it. Special Forces operators should pride themselves on being model professional soldiers, not on being ‘warrior heroes.’ Some domestic commanders of Special Air Service Regiment bear significant responsibility for contributing to the environment in which war crimes were committed, most notably those who embraced or fostered the ‘warrior culture’ and empowered, or did not restrain, the clique of non-commissioned officers who propagated it. That responsibility is to some extent shared by those who, in misconceived loyalty to their Regiment, or their mates, have not been prepared to ‘call out’ criminal conduct or, even to this day, decline to accept that it occurred in the face of incontrovertible evidence, or seek to offer obscure and unconvincing justifications and mitigations for it. (IGADF INQUIRY REPORT)

«Ce bilan honteux comprend des cas présumés dans lesquels de nouveaux membres de patrouille ont été contraints de tirer sur un prisonnier afin d’effectuer leur premier meurtre, dans une pratique effroyable connue sous le nom de “blooding” », a aussi indiqué le général Campbell qui a, par ailleurs, évoquant le principe de responsabilité collective, demandé au Gouverneur général australien la révocation de certaines médailles décernées aux forces d’opérations spéciales qui ont servi en Afghanistan entre 2007 et 2013.

Il a notamment fait sienne la recommandation de l’Inspecteur général de révoquer la Meritorious Unit Citation accordée aux rotations du Groupe opérationnel des opérations spéciales en Afghanistan entre 2007 et 2013.

Le général entend maintenant améliorer la formation au leadership éthique dans l’ensemble de la force. Il compte aussi renforcer les dispositifs de commandement et de gouvernance au sein et du Commandement des opérations spéciales, réviser le modèle de la Force de défense australienne de commandement et de contrôle des forces spéciales au sein des opérations de la coalition, suivre de plus près l’action des patrouilles des forces spéciales grâce à l’utilisation de la technologie numérique et améliorer la capacité, la continuité et l’indépendance des processus d’examen et d’enquête sur les opérations.

IGADF Afghanistan Inquiry Public Release Version by Jacques Godboutbm on Scribd

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