La Russie accuse le USS John S. McCain d’avoir violé ses eaux territoriales

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L'enseigne James Bateman, de Huntsville, Alabama, scrute l'horizon à bord de l'USS John S.McCain alors que le destroyer à missiles guidés traverse la Baie Pierre le Grand dans la mer du Japon mardi 24 novembre 2020. (US Navy)
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La marine américaine a envoyé mardi un autre navire de guerre pour contester les revendications maritimes dans le Pacifique occidental, cette fois dans une zone revendiquée par la Russie, indique la 7e Flotte, chargée des forces navales américaines opérant dans l’océan Pacifique Ouest et dans l’océan Indien.

Le destroyer lance-missiles USS John S. McCain, basé à Yokosuka, «a affirmé les droits et libertés de navigation à proximité de la baie Pierre le Grand dans la mer du Japon», par une opération de liberté de navigation visant à contester les «revendications maritimes excessives de la Russie. », a déclaré le lieutenant Joe Keiley, un porte-pole de la 7e Flotte.

Nommée en l’honneur du tsar Pierre le Grand, qui a dirigé la Russie de 1682 à 1725, la baie, d’une dimension d’environ 377 600 miles carrés (977 980 km carrés), est la plus grande de la mer du Japon. L’Union soviétique en 1984 a revendiqué la baie comme ses eaux intérieures, dessinant une ligne de 106 milles marins de ses côtes adjacentes pour enfermer la baie.

Après la chute de l’Union soviétique, la Russie a maintenu sa revendication qui, selon la marine américaine, est «incompatible avec les règles du droit international telles que reflétées dans la Convention sur le droit de la mer pour enfermer les eaux d’une baie».

«En menant cette opération, les États-Unis ont démontré que ces eaux ne sont pas la mer territoriale de la Russie et que les États-Unis n’acceptent pas l’affirmation de la Russie selon laquelle la baie Pierre le Grand est une « baie historique»au regard du droit international», a expliqué le porte-parole de la flotte américaine.

Le ministère russe de la Défense a indiqué de son côté que lorsque le McCain a pénétré de 2 km dans la baie, son destroyer anti-sous-marin, l’amiral Vinogradov, a menacé le navire via un canal de communication international de le «forcer à quitter les eaux territoriales du pays par une manœuvre d’éperonnage» s’il ne partait pas, rapporte l’agence TASS, propriété du gouvernement russe.

Toujours selon l’agence russe, citant un communiqué du ministère russe de la Défense, «Après que l’avertissement a été émis et que l’amiral Vinogradov a changé de cap, le destroyer USS John S. McCain est retourné dans les eaux internationales».

Le porte-parole de la flotte américaine, le lieutenant Keile, a quant à lui affirmé que l’allégation de la Russie était «fausse» et que «l’USS John S. McCain n’a été expulsé d’aucun territoire national».

«Le McCain a mené cette FONOP [Freedom of navigation operation, NDLR] conformément au droit international et a continué à mener des opérations normales dans les eaux internationales», a déclaré Keiley, ajoutant que «Les États-Unis ne céderont jamais devant l’intimidation ou ne seront jamais contraints d’accepter des revendications maritimes illégitimes, telles que celles formulées par la Fédération de Russie.»

Depuis 2017, la 7e flotte a régulièrement augmenté ses opérations de liberté de navigation, qui ciblent généralement les revendications maritimes chinoises dans les mers du sud et de l’est de la Chine. Cette année, la Marineaméricaine a envoyé au moins six navires près des îles contestées dans les deux mers pour contester les affirmations de Pékin.

Mais, ce mardi 24 novembre était la première opération américaine à contester les revendications de la Russie sur la baie Pierre la Grande Baie depuis décembre 2018.