Gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne: les États-Unis veulent un «moratoire» sur le projet

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Les États-Unis demandent à l’Allemagne et à l’Union européenne un «moratoire» sur la construction du gazoduc Nord Stream 2, un «outil politique du Kremlin», affirme samedi l’ambassadrice des États-Unis par intérim à Berlin.

«Le moment est venu pour l’Allemagne et l’UE d’imposer un moratoire sur la construction du gazoduc», prévient Robin Quinville dans le quotidien économique Handelsblatt.

Le consortium dirigé par la société d’énergie publique russe Gazprom, responsable du projet de pipeline de 1230 kilomètres (km), a déclaré le mois dernier que les travaux du chantier du gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne, interrompus depuis près d’un an en raison de menaces de sanctions américaines contre les entreprises qui participent au projet, devraient reprendre ce week-end.

Les partenaires occidentaux de Gazprom dans ce projet sont l’allemand Uniper, le Wintershall Dea de BASF, la société pétrolière anglo-néerlandaise Shell, l’autrichien OMV et Engie.

Il ne reste quelques kilomètres à construire en mer Baltique, au large de l’Allemagne. Le projet de 11 milliards $ US, vise à doubler la capacité du gazoduc Nord Stream existant, est achevé à plus de 90%.

Mais cette semaine, les États-Unis sont passés à une autre vitesse dans leurs menaces, le projet de loi annuel sur la politique de défense américaine dévoilé par les législateurs américains jeudi soir dernier contient des sanctions destinées à arrêter le projet Nord Stream 2.

Et selon, Mme Robin Quinville, qui assure l’intérim à l’ambassade des États-Unis depuis juin, un «moratoire» montrerait que l’Europe ne tolère plus «la poursuite du comportement malveillant de la Russie».

«Ce gazoduc n’est pas seulement un projet économique, mais aussi l’outil politique du Kremlin pour contourner l’Ukraine et diviser l’Europe», met-elle en garde.

Le projet est décrié en Europe par plusieurs pays, dont l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes, mais ce sont surtout les États-Unis qui combattent ce projet, susceptible de rendre l’Allemagne «prisonnière» de Moscou, avait prévenu Donald Trump en 2018.

La position américaine est loin d’être économiquement désintéressée. Les États-Unis, grand producteur de gaz naturel, se sont en effet récemment lancés dans une offensive commerciale à la recherche de nouveaux débouchés, lorgnant du côté de l’Europe.

À la suite de la tentative d’empoisonnement d’Alexeï Navalny, détracteur numéro un du Kremlin, l’Union européenne avait en septembre évoqué de possibles sanctions contre la Russie et le projet Nord Stream 2.

*Avec AFP