Facebook révèle une opération d’espionnage chinoise contre les Ouïghours active au Canada

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Des groupes de pirates informatiques chinois utilisent Facebook et d’autres sites et applications mobiles pour piéger et espionner les Ouïghours dans divers pays, dont le Canada, a déclaré mercredi le réseau social, sans attribuer ces pratiques au gouvernement chinois.

«Nous voyons des liens clairs avec les entreprises et les emplacements géographiques de cette activité, mais nous ne pouvons pas formellement prouver qui est derrière cette opération», a déclaré Nathaniel Gleicher, le responsable des règlements sur la sécurité de Facebook.

Les pirates ciblent des centaines de militants, journalistes et dissidents ouïghours vivant à l’étranger. Ils les incitent à cliquer sur des liens et sites web piégés qui infectent leurs ordinateurs ou téléphones intelligents avec des logiciels d’espionnage, selon la société californienne.

«Cette activité a tous les marqueurs d’une opération sur la durée, avec des moyens conséquents, qui cache bien les personnes aux manettes», a précisé le responsable des règlements sur la sécurité de Facebook.

D’après l’équipe de cybersécurité du réseau social, les manœuvres des pirates ont principalement lieu hors de Facebook, sur des sites d’informations légitimes, mais compromis ou via de fausses applications susceptibles d’intéresser cette minorité musulmane persécutée en Chine (comme des dictionnaires, applis de prière, etc.).

La technique dite du «point d’eau»

C’est la technique dite du «point d’eau» («watering hole»), qui consiste à infecter un endroit où des personnes se rendent sans se méfier.

Sur le réseau social, les pirates se font passer pour des journalistes, défenseurs des droits de l’homme ou des membres de la communauté afin de créer des relations de confiance et les attirer dans le piège. Ces tactiques permettent aux espions d’accéder aux informations, caméras et micros des téléphones de leurs victimes.

Les Ouïghours ciblés viennent du Xinjiang, en Chine, et vivent en Australie, au Canada, aux États-Unis, au Kazakhstan, en Syrie, en Turquie, et dans d’autres pays.

«Même si un petit nombre d’utilisateurs est touché, moins de 500 dans le monde dans ce cas, l’impact peut être grave-vous pouvez imaginer la surveillance mise en place.», déclare Nathaniel Gleicher.

Facebook dit avoir bloqué le partage des noms de domaine piégés sur sa plateforme, retiré les comptes des groupes et prévenu les personnes concernées. L’entreprise a aussi partagé des informations avec d’autres réseaux sociaux.

Les groupes de pirates sont connus sous les noms de «Earth Empusa», «Poison Carp» ou «Evil Eye».

Les États-Unis et plusieurs pays européens ont récemment durci le ton contre la Chine, qu’ils accusent d’avoir fait interner des centaines de milliers de musulmans ouïghours et de leur infliger « stérilisations et travail forcés ». Pékin réfute catégoriquement ces faits.

Pour ce qui est des cyberopérations, c’est la guerre et Facebook, pour sa part, soulignant qu’il s’agit de sa troisième perturbation de menaces de cyberespionnage, déclare «qu’on peut attendre à voir davantage de ces types de démantèlement de la part de nos équipes.»

*Avec AFP