La Corée du Nord confirme le lancement de missiles tactiques, disant avoir testé de nouveaux missiles guidés tactiques

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La Corée du Nord a déclaré ce vendredi avoir effectué hier des tirs d’essai de nouveaux projectiles guidés tactiques, confirmant ainsi le lancement de missiles balistiques, une première en un an.

Jeudi, l’armée sud-coréenne avait déclaré que le Nord avait tiré ce qui semblait être deux missiles balistiques de courte portée vers la mer du Japon,

Ce type de missiles lui est interdit en vertu des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et ce lancement pourraient entraîner une forte escalade des tensions.

«Le nouveau type de projectile guidé tactique nouvellement développé est un système d’arme dont le poids de l’ogive a été amélioré pour être de 2,5 tonnes avec une utilisation de la technologie essentielle du projectile guidé tactique qui avait été déjà développée», a rapporté l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

L’Académie des sciences de défense nationale (ANDS) a effectué les lancements et ils ont été un «véritable succès juste comme cela avait été prédit avec confiance», écrit KCNA.

Les deux missiles ont «frappé avec précision la cible» fixée dans les eaux à 600 kilomètres au large de la côte est, poursuit l’agence officielle nord-coréenne, ajoutant que «la fiabilité de la version améliorée du moteur à carburant solide a été confirmée à travers plusieurs tests terrestres de moteur à réaction et leurs processus de tirs d’essai et que la caractéristique d’orbite irrégulière du type de vol de bond plané à basse altitude déjà appliqué à d’autres projectiles guidés ont aussi été confirmés de nouveau».

L’agence sud-coréenne Yonhap rapportent pour sa part que des observateurs estiment que le Nord pourrait avoir testé une version améliorée de son missile KN-23 ressemblant au russe Iskander, qui a été exposé lors d’une parade militaire à Pyongyang en janvier.

Les photos publiées KCNA, note l’agence sud-coréenne, montrent que le nouveau projectile guidé tactique comporte une tête conique noire et blanche et est similaire à celui qui a été dévoilé lors du défilé militaire où il avait été présenté sur un transporteur-érecteur-lanceur (TEL) à cinq essieux.

La version nord-coréenne de l’Iskander possèderait selon Yonhap une portée de 400 à 600 km et ciblerait principalement la Corée du Sud. Au lieu de suivre une trajectoire parabolique classique, le missile présente une trajectoire plus complexe en effectuant une manœuvre de «pull-up» (redressement) au cours de son vol.

Les missiles à carburant solide peuvent être prêts à être lancés en environ 10 à 15 minutes.

Provocation mesurée?

Le Comité des chefs d’état-major interarmées (JCS) de la Corée du Sud avait déclaré jeudi que les deux missiles ont été tirés vers la mer de l’Est depuis Hamju, dans la province du Hamgyong du Sud, à 7h06 et 7h25, ont volé sur une distance de 450 km et atteint une altitude de 60 km.

Ce n’est pas, comme c’était arrivé dans le passé, le leader nord-coréen Kim Jong-un qui a supervisé le test de missiles. Signe de l’importance relative que Pyongyang accorde à ce tir, les lancements ont été dirigés par Ri Pyong-chol, vice-président du Comité central du Parti du travail et des officiels du département de l’industrie des munitions du Comité central, ainsi que des hauts officiels du secteur de la recherche dans les sciences de la défense nationale, rapporte KCNA.

Ri Pyong-chol, n’a pas formulé de message en direction des Etats-Unis ou de la Corée du Sud, mais a souligné que le développement d’armes revêtait une «grande importance dans le renforcement des capacités militaires du pays et la dissuasion de toutes sortes de menaces militaires existantes sur la péninsule coréenne».

Les tirs d’hier ont eu lieu quatre jours après que la Corée du Nord a lancé deux missiles de croisière vers la mer Jaune dimanche.

Auparavant, les derniers tirs de missiles balistiques remontaient à mars 2020.

De son côté, le président américain Joe Biden a prévenu jeudi que les États-Unis riposteraient en cas d’«escalade» de la Corée de Nord, qui a lancé son premier défi au nouveau président américain en tirant deux missiles balistiques présumés dans la mer du Japon. Les missiles testés jeudi «violent» les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, a réagi Joe Biden à la Maison-Blanche. À la demande de Washington, le comité de sanctions de l’ONU se réunira vendredi matin en urgence à huis clos pour discuter de ces derniers essais de missiles, a-t-on appris également.

«Nous consultons nos partenaires et alliés. Et il y aura des réponses s’ils choisissent l’escalade. Nous répondrons en conséquence », a mis en garde le président des États-Unis. Alors qu’il est en train de peaufiner sa stratégie face à Pyongyang, il s’est dit prêt «à une certaine forme de diplomatie, mais soumise à la condition de la dénucléarisation».