L’Ukraine exclut toute offensive militaire contre les séparatistes, mais se déclare prête à répondre aux provocations

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Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Rouslan Khomtchak.(Facebook)
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L’Ukraine a exclu vendredi toute offensive militaire contre les séparatistes prorusses de l’est du pays, où les heurts meurtriers se sont multipliés ces dernières semaines, sur fond de tensions avec la Russie, mais s’est déclarée prête à répondre à toute provocation.

«La libération par la force des territoires occupés temporairement conduira inévitablement à de nombreuses pertes civiles et militaires, ce qui est inacceptable pour l’Ukraine », a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Rouslan Khomtchak.

Dans un communiqué publié sur Facebook, il a souligné que Kiev soutient une solution «politique et diplomatique» pour récupérer les territoires qui lui échappent depuis le début de ce conflit en 2014.  

Il a par ailleurs dénoncé comme «une campagne de déformation» pilotée par la Russie des «rapports» disant que Kiev préparait une offensive, alors que les Ukrainiens accusent eux Moscou de masser ses troupes à ses frontières.

La Russie accuse Kiev de préparer une offensive contre les rebelles, menaçant de venir à la rescousse de la population des zones séparatistes, où ont été distribués des centaines de milliers de passeports russes. 

«Le comportement de la partie ukrainienne suscite le risque de combats de grande échelle », a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.  

«En cas de début des combats et d’une répétition potentielle d’une catastrophe humanitaire similaire à Srebrenica, pas un seul pays au monde ne restera à l’écart […] y compris la Russie», a-t-il ajouté, en référence au génocide de 1995 en Bosnie.

Selon l’Ukraine, le Kremlin pourrait chercher un prétexte pour déclencher une opération militaire d’envergure.

«Cette campagne vise à discréditer l’Ukraine sur la scène internationale, à répandre la panique parmi la population des territoires occupés», a encore dit le général Khomtchak.  

Kiev et les Occidentaux ont ces derniers jours critiqué Moscou pour avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et en Crimée, péninsule annexée par la Russie, alors que les incidents armés meurtriers avec les séparatistes prorusses se produisent presque tous les jours.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a soutenu que le nombre de militaires russes à la frontière de l’Ukraine n’avait jamais été aussi élevé depuis le début du conflit en 2014.  

Le président ukrainien, Volodymy Zelensky, était ainsi jeudi et vendredi sur le front.

Il a reçu aussi le soutien d’Angela Merkel qui a demandé jeudi à Vladimir Poutine de réduire sa présence militaire aux frontières de l’Ukraine.

Les États-Unis se sont dits «de plus en plus préoccupés par la récente escalade des attaques russes dans l’est de l’Ukraine».  

Ils vont en outre envoyer deux navires de guerre en mer Noire via le détroit du Bosphore, selon le ministère turc des Affaires étrangères, un déploiement susceptible d’irriter Moscou dans ce contexte de tensions sur l’Ukraine.

Les séparatistes des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ont, pour leur part, fait état de la perte d’au moins une vingtaine de leurs militaires sur la même période.

En comparaison, l’Ukraine avait perdu 50 soldats en 2020 sur la ligne de front, selon la présidence.

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, dans la foulée d’une révolution pro-occidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.  

Ce conflit a fait plus de 13 000 morts et près de 1,5 million de déplacés. L’intensité des combats a largement baissé après des accords de paix de Minsk conclus début 2015, mais le processus politique n’avance pas.

Pour l’Occident et Kiev, le soutien politique, militaire et financier de la Russie aux séparatistes est une évidence, malgré les dénégations répétées de Moscou.

*Avec AFP