Affaire Vance: la cheffe de cabinet du premier ministre savait, témoigne un ancien conseiller de Trudeau

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L’enquête du comité permanent de la Défense de la Chambre des communes a été déclenchée par les révélations de Global News en février 2021 d’allégations visant le général Vance qui aurait entretenu une liaison sur plusieurs années avec une subordonnée et aurait aussi fait un commentaire sexuel à une autre militaire, beaucoup plus jeune, en 2012, avant d’être nommé chef d’état-major de la défense en 2015. (45eNord.ca)
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Un ancien conseiller principal du premier ministre Justin Trudeau a indiqué devant un comité des Communes que la cheffe de cabinet du premier ministre était au courant il y a trois ans des allégations d’inconduite visant le chef d’état-major de la défense, rapporte aujourd’hui La Presse Canadienne.

Le conseiller en question, Elder Marques, qui travaillait alors au cabinet du premier ministre, a soutenu ce vendredi que sa patronne, Katie Telford, ou son assistant l’avait contacté le 1er ou le 2 mars 2018 pour lui demander de parler avec un proche conseiller du ministre de la Défense «sur une question liée» au général Jonathan Vance.

«Je pense que très rapidement, tout le monde a eu les mêmes informations, qui étaient très limitées, et nous avons rapidement demandé au Conseil privé de prendre en charge cette affaire et de faire ce qu’il pouvait avec ces informations pour qu’une enquête ait finalement lieu», a déclaré Marques aujourd’hui lors de son témoignage au Comité permanent de la défense nationale des Communes.

Témoignage qui semble contredire la séquence d’évènements présentée par le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, au début du mois, et soulève de nouvelles questions sur ce que Justin Trudeau savait des allégations avant qu,elles soient révélées par la chaîne Global News en février.

Le premier ministre Trudeau et son cabinet ont d’abord soutenu qu’ils n’avaient appris l’existence des allégations que par le reportage de Global News, mais le premier ministre a confirmé à la Chambre le 10 mars dernier que son bureau était au courant des préoccupations soulevées par l’ombudsman militaire Gary Walbourne, qui en avait discuté avec le ministre Sajjan le 1er mars 2018.

Justin Trudeau a toutefois nié avoir personnellement eu connaissance des allégations jusqu’à ce que la nouvelle éclate le 2 février.

«Comme nous l’avons indiqué, après que l’ombudsman de la défense a reçu une plainte, le ministre l’a dirigé vers des fonctionnaires indépendants qui pourraient enquêter», a indiqué dan un courriel aux médias aujourd’hui le porte-parole du premier ministre, Alex Wellstead.

«De plus, comme le Bureau du Conseil privé l’a confirmé et déclaré au comité, ils n’ont jamais reçu d’autres informations et n’ont donc pas pu procéder à une enquête.»

Le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan, a pour sa part tourné en dérision l’affirmation de Justin Trudeau selon laquelle il ne savait rien des allégations jusqu’à cette année, qualifiant ce récit de «camouflage» et accusant les libéraux de «tromper les Canadiens».

«L’affirmation de Justin Trudeau selon laquelle il n’était pas au courant des allégations d’inconduite sexuelle du général Vance est clairement fausse, a déclaré le porte-parole conservateur. «Il est scandaleux de croire que tout le monde autour de Justin Trudeau était au courant de ces allégations, mais le premier ministre ne le savait pas. »

Des allégations d’inconduite contre des officiers supérieurs ont secoué les forces armées ces derniers mois et la police militaire enquête sur des plaintes.

Pus tôt ce vendredi, le premier ministre Trudeau a déclaré qu’il fallait mettre un terme à la culture de tolérance au sujet du harcèlement sexuel et des «gestes inacceptables» dans les Forces armées canadiennes.

Le premier ministre a également salué le témoignage «extraordinairement émouvant» de la major Kellie Brennan, jeudi, devant le Comité permanent de la condition féminine des Communes et l’a félicitée pour sa «force et son engagement» à faire bouger les choses au sein des Forces armées.

La major Brennan est au cœur des allégations d’inconduite sexuelle visant le général Vance. Elle a déclaré jeudi aux parlementaires que le chef d’état-major de la Défense, maintenant à la retraite, lui avait fait deux enfants, mais qu’il n’en avait pris aucune responsabilité et n’a jamais payé de pension alimentaire.

Leur relation aurait commencé en 2001 et se serait poursuivie après que le général (ret) Vance soit devenu chef d’état-major de la Défense en 2015.

La militaire a aussi soutenu jeudi que le général Vance prétendait avoir le contrôle sur le Service national des enquêtes de l’armée, qui mène l’enquête sur les allégations qui le visent actuellement. Elle a également affirmé qu’il lui avait ordonné de mentir au service d’enquête et l’a menacée de possibles répercussions si elle ne racontait pas ce qu’il voulait qu,elle raconte.

Le général Vance, qui a quitté son poste en janvier, nie tout acte répréhensible et soutient qu’il n’a pas entretenu de relation affective avec la major lorsque celle-ci était directement dans sa chaîne de commandement.