Allégations d’agression sexuelle contre le vice-amiral Edmundson: la présumée victime avait 19 ans

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D’autres détails émergent sur les allégations d’inconduite sexuelle visant le vice-amiral Haydn Edmundson qui a temporairement quitté son poste de commandant du Commandement du personnel militaire à Ottawa et fait maintenant l’objet d’une nouvelle enquête policière après qu’une ancienne membre de la Marine a affirmé qu’il l’avait agressé sexuellement à bord d’un navire de ravitaillement.

Après les deux plus récents chefs d’état-major de la Défense, le général (ret) Vance et l’amiral McDonald, le vice-amiral et responsable des ressources humaines des Forces armées canadiennes, Haydn Edmundson, avait été plongé dans la controverse à son tour début mars après la révélation qu’il avait fait lui aussi l’objet d’une enquête dans la foulée d’allégations de «comportement inapproprié».

La télévision publique canadienne avait en effet rapporté le 9 mars qu’Edmundson avait fait l’objet d’une enquête sur des allégations de comportement inapproprié avec des subordonnées féminines à la fin des années 1990. Les allégations contre lui remontaient à l’époque où il était capitaine de corvette et supervisait la formation au centre de formation des officiers de marine d’Esquimalt, en Colombie-Britannique.

Après ce reportage, le ministère de la Défense nationale s’était placé, sans jeu de mots, sur la défensive et avait écrit dans un communiqué qu’Edmundson n’avait jamais été inculpé ni soumis à aucune mesure administrative. «Il serait à la fois inapproprié et irresponsable de commenter davantage les affaires pour lesquelles aucune accusation n’a été portée, car cela aurait un impact sur le droit des individus à la dignité et à l’égalité», disait le communiqué du ministère.

Agression présumée à bord du NCSM Provider

Mais aujourd’hui, alors que le vice-amiral a été écarté de son poste et remplacé temporairement par le major-général Steven Whelan et qu’une nouvelle enquête est lancée, le ministère de la Défense ayant confirmé mercredi que le vice-amiral fait l’objet d’une enquête du Service national des enquêtes des Forces canadiennes, d’autres détails émergent.

L’évènement, selon la la télévision publique canadienne, se serait produit à bord du NCSM Provider en novembre 1991.

À l’époque des faits allégués, la présumée victime était une jeune matelot de 19 ans.

Elle a dit à CBC qu’elle n’avait pas signalé l’agression au départ parce qu’elle avait peur de dénoncer le troisième officier le plus haut gradé du navire.

La présumée victime, qui voudrait maintenant qu’une enquête indépendante soit menée, a évoqué dans son témoignage une culture omniprésente du silence entourant l’inconduite sexuelle, un manque de soutien de la chaîne de commandement militaire et la crainte de représailles professionnelles.

Le vice-amiral Edmundson, lui, nie les allégations.

«Les Forces armées canadiennes sont très troublées par ces allégations et, surtout, s’inquiètent du bien-être de la victime qui porte ce fardeau depuis 30 ans», a noté l’armée dans un nouveau communiqué cette semaine indiquant que le vice-amiral «sera en congé jusqu’à nouvel ordre».

Plus une saga, mais un «soap opera»

Comme nous l’écrivions le 9 mars, ce n’est plus une saga, mais un «soap opera»

Au cours des derniers mois, les Forces canadiennes ont été secouées par des allégations d’inconduite sexuelle contre leurs principaux dirigeants.

L’ancien chef d’état-major de la Défense, le général (ret) Jonathan Vance, fait également l’objet d’une enquête de la police militaire au sujet d’allégations d’inconduite sexuelle.

Il nie lui aussi les allégations.

Puis son successeur, qui n’était en poste que depuis le 14 janvier, le chef d’état-major de la Défense, l’amiral Art McDonald, a été écarté de son poste le 24 février, faisant à son tour l’objet une enquête de la police militaire pour une affaire d’inconduite sexuelle.

Toute cette affaire a pris une ampleur considérable alors que les gouvernement Harper et Trudeau sont écorchés et qu’on se demande qui savaient quoi et quand, deux comités de la Chambre des communes se penchent sur la question de l’inconduite sexuelle dans l’armée, et le gouvernement libéral a promis des changements