Crise Kiev-Moscou : la Russie arrête le consul ukrainien à Saint-Pétersbourg

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Le siège du FSB à Moscou le 30 décembre 2016. (AFP/Archives/VASILY MAXIMOV)
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Les services de sécurité russes (FSB) ont annoncé samedi avoir arrêté un diplomate ukrainien, accusé d’avoir tenté d’obtenir des informations secrètes, qui a été prié de quitter le territoire, en pleine flambée de tensions entre les deux pays, rapporte l’agence russe Tass.

La partie russe a informé le chargé d’affaires de l’Ukraine Vasily Pokotilo de sa décision d’expulser le consul ukrainien à Saint-Pétersbourg Alexander Sosonyuk détenu par le Service fédéral de sécurité (FSB) pour avoir obtenu des données confidentielles des forces de l’ordre, a déclaré aujourd’hui le ministère russe des Affaires étrangères, rapporte l’agence.
Le diplomate ukrainien doit quitter le territoire russe avant le 22 avril, a indiqué le ministère.
«La partie russe a souligné l’irrecevabilité d’une telle activité incompatible avec le statut consulaire et portant atteinte aux intérêts de sécurité de la Fédération de Russie. Elle a déclaré que son séjour sur le territoire russe n’était pas souhaitable et lui a recommandé de la quitter dans les 72 heures à compter du 19 avril.», dit le communiqué.
«En vertu du droit international, les diplomates bénéficient de l’immunité diplomatique dans les pays où ils travaillent mais peuvent être privés du droit de rester dans l’État d’accueil s’ils enfreignent la loi ou commettent des actions hostiles« », explique la partie russe. «Comme il ressort de la Convention de Vienne, l’Etat accréditaire peut à tout moment notifier à l’Etat d’envoi que le chef de la mission ou tout membre du personnel diplomatique de la mission est persona non grata et que le séjour du diplomate dans le pays n’est pas acceptable.»

Kiev a confirmé pour sa part que le diplomate avait passé plusieurs heures en détention avant d’être relâché et qu’il se trouve actuellement au consulat ukrainien.

Cet affaire n’est qu’un autre incident depuis le regain de tension des dernières semaines dans la crise entre Moscou et Kiev alors que la Russie a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne pour des «exercices militaires» face aux actions qu’elle qualifie de «menaçantes» de l’OTAN, que Kiev ambitionne de rejoindre et que l’’Ukraine, de son côté, dit craindre une invasion russe et appelle ses alliés occidentaux à l’aide.

Les provocations ont franchi avec cette arrestation un nouveau seuil. De nombreux Ukrainiens ont été arrêtés en Russie et des Russes en Ukraine pour des affaires d’espionnage depuis 2014, mais l’interpellation d’un diplomate est rare et le ministère ukrainien des Affaires étrangères n’a pas manqué de dénoncer une «provocation» des services de sécurité russes visant à «déstabiliser» l’Ukraine, sur fond de hausse des tensions entre les deux pays.

Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, a exprimé sa «vive protestation contre la détention illégale» du consul ukrainien en Russie et a dit «exclure complètement» la véracité des accusations portées contre lui.

«De telles actions des autorités russes violent gravement la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 et réaffirment la voie choisie par la Russie pour une nouvelle aggravation avec l’Ukraine.», a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères, ajoutant qu’ «En réponse à cette provocation, un haut diplomate de l’ambassade de Russie à Kiev doit quitter le territoire ukrainien dans les 72 heures, à compter du 19 avril.»

La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev en 2014, suivi par l’annexion de la Crimée par Moscou et une guerre entre forces de Kiev et séparatistes prorusses dans l’Est, qui a fait jusqu’ici plus de 13 000 morts.

Alors que le conflit avec les séparatistes connaît une nouvelle flambée qui a fait encore d’autres morts, Kiev a accuse la Russie de vouloir la «détruire», Moscou assurant pour sa part «ne menacer personne» et dénonçant les «provocations» ukrainiennes.

*Avec AFP