Déjà près de 300 arrestations en marge des manifestations pro-Navalny

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Déjà près de 300 arrestations en marge de manifestations pro-Navalny. (OVD-Info)
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Au moins 285 personnes ont été interpellées mercredi à travers la Russie en marge de manifestations non autorisées pour la libération de l’opposant Alexeï Navalny, emprisonné et en grève de la faim depuis trois semaines.

Mise à jour 22/04/2021, 8h00

Au dernier bilan, la police russe a interpellé au moins 1784 personnes lors de rassemblements de soutien à l’opposant emprisonné Alexeï Navalny à travers la Russie, a indiqué jeudi l’ONG spécialisée OVD-Info.

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Mise à jour 21/04/2021, 16h30

Les manifestations d’aujourd’hui n’ont pas atteint l’ampleur de celles du mois de janvier après l’arrestation d’Alexeï Navalny, mais la mobilisation a tout de même été importante dans les deux plus grandes villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg.

La police a fait état de 6000 manifestants dans la capitale et 4500 à Saint-Pétersbourg. Au total selon l’ONG spécialisée dans le suivi des manifestations OVD-Infos, près de 1500 ont été arrêtés, dont 669 à Saint-Pétersbourg.

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Selon l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des protestations en Russie, ces interpellations ont eu lieu dans au moins 40 villes, pour l’heure principalement en Sibérie et en Extrême-Orient en raison du décalage horaire, les manifestations étant prévues à 19 h locales.

Plusieurs arrestations ont visé des militants avant les rassemblements, d’autres pendant.  Des perquisitions ont en outre visé des locaux liés à l’organisation de l’opposant.

Des manifestations se déroulent par ailleurs à Moscou et à Saint-Pétersbourg, à partir de 12 h.  

Ici, les gens se rassemblent au début de la perspective Nevsky, le quartier général de Navalny à Saint-Pétersbourg :

Dans la capitale, des fourgons cellulaires et des policiers ont été déployés le long de nombreuses artères du centre-ville. La place Rouge et une place adjacente, où les protestataires se sont donné rendez-vous, ont été fermées.  

À Vladivostok, plusieurs centaines de manifestants ont marché dans le calme, sous surveillance policière. «Liberté pour les prisonniers politiques», «Non à la guerre, aux répressions et à la torture !», pouvait-on lire sur des pancartes, rapporte l’Agence France-Presse, qui a des journalistes sur place.

En Sibérie, au moins 2000 personnes ont défilé respectivement dans les grandes villes d’Irkoutsk et de Novossibirsk, selon le média indépendant Taïga.info.  

«Navalny doit vivre !», ont scandé les manifestants à Novossibirsk.

Alors que les rues et les places centrales sont bloquées à Moscou et à Saint-Pétersbourg, des actions de soutien à Navalny sont déjà en cours dans d’autres villes de Russie. Voici une vidéo d’Irkoutsk, Novosibirsk, Vladivostok et Tomsk. (Vidéo: »Rain », TV2, « Taiga.Info »)

Alors que les rues et les places centrales sont bloquées à Moscou et à Saint-Pétersbourg, des actions de soutien à Navalny sont déjà en cours dans d’autres villes de Russie. Ici, une vidéo d’Irkoutsk, Novosibirsk, Vladivostok et Tomsk. (Vidéo: »Rain », TV2, « Taiga.Info »)

Une députée municipale pro-Navalny de Novossibirsk, Khelga Pirogova, a indiqué à l’AFP que les manifestations se déroulaient pour l’heure «pacifiquement, sans arrestations» dans cette ville.

Les partisans de l’opposant ont appelé à des rassemblements dans une centaine de villes de Russie mercredi, le jour du discours annuel de Vladimir Poutine.  

Le précédent mouvement de contestation, après l’arrestation en janvier de M. Navalny, avait donné lieu à plus de 11 000 arrestations et au moins sept lourdes peines d’emprisonnement pour des accusations de «violences» contre la police.  

La majorité des heurts et des interpellations avaient eu lieu à Moscou et Saint-Pétersbourg.

«En grave danger», Navalny doit être évacué à l’étranger exigent en même temps des experts de l’ONU

Par ailleurs, l’opposant russe Alexeï Navalny, emprisonné et en grève de la faim depuis trois semaines, est « en grave danger » et doit pouvoir être évacué à l’étranger, ont exigé ce mercredi quatre experts des droits humains mandatés par l’ONU.

«Nous demandons instamment aux autorités russes de veiller à ce que M. Navalny ait accès à ses propres médecins et de lui permettre d’être évacué à l’étranger pour un traitement médical urgent, comme elles l’ont fait en août 2020. Nous réaffirmons que le gouvernement russe est responsable de la vie et de la santé de M. Navalny pendant sa détention», écrivent-ils dans un communiqué.

«Nous pensons que la vie de M. Navalny est en grave danger», affirment ces experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’expriment pas en son nom.

Selon ses proches, Navalny, qui a cessé de s’alimenter le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention, serait mourant. L’Occident réclame sa libération et la vérité sur son empoisonnement en août 2020 et dans lequel les services spéciaux seraient impliqués.

«Nous sommes profondément troublés par le fait que M. Navalny soit maintenu dans des conditions qui pourraient s’apparenter à la torture ou à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants», soulignent les quatre experts, qui sont les Rapporteurs spéciaux sur la liberté d’opinion et d’expression, sur la torture, sur les exécutions sommaires ou arbitraires et sur le droit à la santé physique et mentale.

«Les violations apparentes de l’interdiction de la torture ou d’autres mauvais traitements, de son droit à un avocat et, plus particulièrement, de son droit à des soins médicaux rapides et effectifs pendant sa détention ne font qu’accroître nos inquiétudes déjà profondes concernant la vie et la sécurité de M. Navalny», poursuivent-ils.

Ils estiment que Navalny fait l’objet depuis plusieurs années d’«un schéma délibéré de représailles» en raison de ses critiques à l’encontre du gouvernement russe.

«Comme nous l’avons déjà noté, à la lumière des arrêts et des mesures provisoires de la Cour européenne des droits de l’Homme, il n’existe aucune base juridique valable pour l’arrestation, le procès et l’emprisonnement de M. Navalny à Pokrov», assurent-ils.

Les quatre experts indiquent avoir fait part de leurs préoccupations au gouvernement russe, notamment par le biais de deux lettres officielles envoyées en août et décembre 2020, dans lesquelles ils avaient fait part de leurs inquiétudes concernant l’empoisonnement au Novichok de Navalny.

* Avec AFP