Des renforts américains protégeront le retrait de la coalition d’Afghanistan, déclare le général McKenzie

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Un véhicule protégé contre les embuscades résistant aux mines est chargé sur une remorque à plateau du bataillon de soutien sur le terrain de l'armée - Afghanistan, 10e division de montagne Resolute Support Sustainment Brigade sur l'aérodrome de Bagram, en Afghanistan, le 12 juillet 2020 (Archives/Sgt. Corey Vandiver / US Army)
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Les États-Unis vont envoyer temporairement des renforts en Afghanistan pour protéger le retrait annoncé des forces de la coalition internationale, a indiqué jeudi le commandant des forces américaines au Moyen-Orient, le général Kenneth McKenzie.

«Nous enverrons des ressources supplémentaires pour protéger la force pendant son départ», a déclaré le général McKenzie, chef du commandement central de l’armée américaine (Centcom), devant une commission du Sénat américain.

«Je ne veux pas rentrer dans les détails de ces opérations maintenant, mais nous aurons des capacités supplémentaires et je suis convaincu qu’avec nos partenaires de la coalition, nous parviendrons à nous extraire», a-t-il ajouté.

L’armée américaine a commencé à expédier du matériel et à mettre fin aux contrats avec des fournisseurs de services locaux avant le début de la phase finale de son retrait militaire d’Afghanistan, a déclaré jeudi un responsable du département américain de la Défense.

Le retrait décidé par le président américain Joe Biden marque la fin de la plus longue guerre américaine après un engagement militaire de 20 ans.

Actuellement, se trouvent toujours en Afghanistan quelque 2500 soldats américains, auxquels s’ajoutent plus de 16 000 sous-traitants civils et leur équipement qui doivent être évacués du pays. S’y ajoutent quelque 7000 soldats de l’OTAN, qui dépendent de l’armée américaine pour les transports de troupes et de matériel.

C’est donc une opération logistique énorme et délicate qui doit être réalisée, et les militaires ont besoin de trois mois au minimum pour la mener à bien de façon ordonnée et sécurisée.

En février de l’année dernière, l’armée américaine a commencé à fermer ses petites bases. À la mi-avril, l’administration Biden a annoncé que la phase finale du retrait commencerait le 1er mai et s’achèverait avant le 11 septembre.

Depuis lors, l’armée expédie du matériel et résilie les contrats locaux pour des services tels que le ramassage des ordures et les travaux de maintenance, a déclaré le responsable américain aux médias, s’exprimant sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisé à parler publiquement..

Alors que les préparatifs sont en cours, les troupes ne commenceront probablement pas à partir avant quelques semaines, a-t-il déclaré, ajoutant que «nous ne verrons pas une baisse du nombre (de troupes) » jusqu’à ce que les bases restantes soient fermées.»

Le retrait pourrait même être achevé bien avant le 11 septembre, qui marque le 20e anniversaire de l’attaque terroriste d’al-Qaida contre les États-Unis qui a été le déclencheur de l’invasion américaine de l’Afghanistan.

En outre, le ministère allemand de la Défense a déclaré cette semaine que les planificateurs militaires de la Mission dirigée par l’OTAN à Kaboul discutaient d’un éventuel retrait des troupes internationales d’Afghanistan dès le 4 juillet.

Par ailleurs, le général McKenzie n’a pas caché ses doutes sur la capacité de l’armée afghane à résister aux talibans, malgré les milliards investis depuis plus de dix ans par les États-Unis pour la former et l’équiper.

«Je m’inquiète pour la capacité de l’armée afghane à tenir le contrôle du territoire qu’ils contrôlent actuellement sans le soutien auquel ils se sont habitués depuis de nombreuses années», a-t-il dit.

La coalition internationale fournit depuis des années du renseignement et un soutien armé qui lui donne un avantage sur les talibans mais «tout ça, ce sera fini», a-t-il noté. «Je m’inquiète donc pour la capacité de l’armée afghane à tenir bon après notre départ, et plus particulièrement pour la capacité de l’armée de l’air afghane à voler».

Refusant de parler de défaite face aux insurgés afghans, le général américain a cependant reconnu que les talibans étaient plus nombreux aujourd’hui qu’en 2011, évaluant leurs rangs à 50 000 combattants.  

Il a aussi admis que les insurgés contrôlaient aujourd’hui davantage de territoire afghans qu’il y a 10 ans.