Devant la perspective d’une terrible tragédie, les recherches se poursuivent pour retrouver le sous-marin indonésien disparu

0
327
Le sous-marin KRI Nanggala 402, un sous-marin de la flotte indonésienne avec 53 personnes à bord avec lequel a été perdu le contact mercredi matin 21 avril après des exercices au large de Bali. (Twitter/@ferozwala)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Alors que les informations disponibles laissent craindre «une terrible tragédie», des navires de la marine indonésienne mènent d’intenses recherches ce jeudi pour localiser un sous-marin disparu au large de Bali avec 53 hommes à bord, qui, s’ils sont encore vivants, pourraient voir leurs réserves d’oxygène s’épuiser en 72 heures, ont indiqué les autorités, rapporte l’Agence France-Presse.

Le KRI Nanggala 402, sous-marin de la marine indonésienne construit il y a une quarantaine d’années, a plongé tôt mercredi matin aux cours d’exercices militaires. Et il n’a pas répondu aux signaux depuis.

«Les réserves d’oxygène du sous-marin pendant une panne d’électricité sont de 72 heures», a indiqué le chef d’État major de la marine indonésienne Yudo Margono à des journalistes.

Ces réserves pourraient ainsi être épuisées «samedi vers 3 h». «Espérons qu’on les retrouve avant», a-t-il déclaré.

Les recherches se focalisent autour d’une nappe d’hydrocarbures repérée au nord de l’île Bali où le submersible a plongé, a indiqué Julius Widjojono le porte-parole de la marine à l’agence de presse.

«Nous avons détecté la zone […] et aujourd’hui environ 400 militaires et membres des secours ont été déployés».

Six navires de la marine et un hélicoptère participent aux recherches, ainsi que les secours en mer.

Les hydrocarbures peuvent signaler soit des dégats sur le réservoir du submersible soit une décharge envoyée comme signal de détresse, selon le porte-parole.

Des analystes militaires ont prévenu cependant que le submersible pouvait s’être brisé s’il avait coulé à une profondeur de quelque 700 mètres, comme indiqué la veille par les autorités militaires.

Le ministre australien à la Défense Peter Dutton a souligné que les informations disponibles laissaient craindre «une terrible tragédie».  

Plusieurs pays ont offert leur aide, dont les États-Unis, l’Australie, l’Inde, la France et l’Allemagne.

La Malaisie et Singapour, pays voisins, ont envoyé des bateaux de secours. Singapour a dépêché un vaisseau spécialisé dans le secours aux sous-marins, le MV Swift Rescue, qui devrait arriver sur zone samedi, tandis que les renforts de Malaisie sont attendus dimanche.

Pessimisme en raison de la profondeur

La marine a suggéré jeudi qu’un accident avait pu se produire, rapporte également l’agence :«Il est possible […] qu’une panne d’électricité se soit produite lors de laquelle le submersible a été hors de contrôle et a empêché de lancer des mesures d’urgence, le faisant plonger à 600 ou 700 mètres», a indiqué un porte-parole de la marine.

Le vice-amiral français Antoine Beaussant a observé que la position du sous-marin à profondeur de 700 mètres signalait probablement une avarie.

Un tel bâtiment peut descendre en-dessous de 250 mètres, «un coefficient de sécurité imposé pour la durée de vie du sous-marin», a-t-il expliqué. Mais «s’il est posé à 700 mètres, il y a toutes les chances pour qu’il soit cassé».

Frank Owen, un responsable de l’Institut des sous-marins d’Australie s’est aussi montré pessimiste sur les chances de sauvetage.

«Si le sous-marin est au fond de la mer, et s’il y a une telle profondeur, il y a peu de moyens pour en sortir l’équipage», a-t-il expliqué aux médias australiens.

«La seule façon de les sortir serait de récupérer le sous-marin, ce qui serait un processus long».

La marine indonésienne, qui cherchait ces dernières années à moderniser ses capacités sous-marines, dispose d’une flotte de cinq submersibles au total, de construction allemande et sud-coréenne.

Le KRI Nanggala 402, est un sous-marin d’attaque à moteurs diesel et électriques de 1395 tonnes, d’une soixantaine de mètres de long. Le submersible de «Type 209», a été construit à partir de 1978 en Allemagne, et livré en octobre 1981 à l’Indonésie.

Il a été modernisé ensuite à deux reprises.

L’Indonésie n’avait auparavant encore jamais subi d’incidents graves liés à ses submersibles mais plusieurs autres pays ont été frappés par des accidents de sous-marins meurtriers dans le passé.

En 2000, le sous-marin à propulsion nucléaire Koursk, le fleuron de la flotte russe du Nord, a sombré au cours de manœuvres en mer de Barents (nord-ouest de la Russie), entraînant la mort des 118 membres de son équipage.

Plus récemment, en 2017, le sous-marin de la flotte argentine San Juan, avec 44 marins à son bord, a disparu à quelque 400 kilomètres de la côte argentine.

* Avec AFP