Guantanamo: les États-Unis ferment le mythique camp 7, une unité autrefois secrète décriée pour le traitement «inhumain» de ses prisonniers

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Des militaires américains marchent dans le Camp Delta, une prison militaire de la base navale américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, le 27 juin 2006. (AP)
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Une unité autrefois secrète du centre de détention de Guantanamo Bay qui était tombée en ruine a finalement été fermée et les prisonniers ont été transférés dans une autre unité de la base américaine à Cuba, a annoncé dimanche l’armée américaine, rapporte le Stars and Stripes, le journal officiel des forces américaines.

Le Camp 7, de sinistre mémoire, également connu sous le nom de Camp Platinum, était un avant-poste isolé, autrefois secret. Un groupe de six avocats pour la plupart militaires représentant les prisonniers du camp avait conclu en février 2012 que les conditions dans le camp n’étaient pas conformes aux garanties minimales de traitement humain en vertu des Conventions de Genève.

Les prisonniers du Camp 7 ont été transférés dans une installation adjacente à l’endroit où sont détenus les autres détenus de la base dans le cadre de ce que le U.S. Southern Command a présenté dans un communiqué comme un effort visant à «accroître l’efficacité opérationnelle et l’efficacité».

Le Southern Command, basé à Miami, qui supervise le centre de détention à l’extrémité sud-est de Cuba, n’a pas indiqué combien de prisonniers avaient été déplacés. Les autorités ont précédemment déclaré qu’environ 14 hommes étaient détenus au camp 7. Il y a 40 prisonniers à Guantanamo.

Le commandement américain a déclaré que les prisonniers du Camp 7 avaient été transférés au camp 5 «en toute sécurité et sans incident», mais n’a pas précisé quand le transfert avait eu lieu. Le camp 5, qui était en grande partie vide, se trouve à côté du camp 6, où sont détenus les autres détenus.

Le Camp 6 a été calqué sur les pénitenciers fédéraux à sécurité moyenne des États-Unis.

Il a été construit pour avoir des cellules individuelles entourant un mess commun, où il était prévu que les détenus conformes puissent interagir pendant une partie de la journée. Cependant il a finaklement été converti en une installation de haute sécurité.

Le camp 5, également connu sous le nom de Camp Echo, lui, est un «bloc disciplinaire» pour les prisonniers «non conformes». Les avocats représentant les détenuus affirment que les cellules sont trop petites pour être considérées comme humaines, que les toilettes sont inadéquates, que les lumières sont trop lumineuses et que l’air dans les cellules est sale.

David Remesest un avocat américain reconnu pour son travail en faveur des droits humains et qui représente «pro bono» [à titre gracieux] des prisonniers de Guntanamo, a décrit le Camp 5 Echo en 2011 comme une violation des Conventions de Genève et l’a qualifié de «retour au mauvais vieux temps à Guantánamo».

Le camp 7 a ouvert en décembre 2006 pour les prisonniers précédemment détenus dans un réseau de centres de détention clandestins de la CIA, souvent appelés «sites noirs», où ils ont été soumis à des techniques d’interrogatoire brutales. L’armée l’a géré dans le cadre d’un accord avec la CIA, et le Southern Command a déclaré que les agences de renseignement étaient impliquées dans le transfert.

L’armée a longtemps refusé de reconnaître l’emplacement du camp 7 sur la base et n’a jamais permis aux journalistes de voir l’intérieur des installations.

Les responsables avaient déclaré que l’unité, qui n’avait jamais été conçue pour être permanente, avait des problèmes structurels et devait être remplacée, mais le Pentagone a abandonné ses projets de construction…faute d’argent.

Parmi les personnes détenues au camp 7 figuraient les cinq prisonniers accusés de crimes de guerre pour leurs rôles présumés de planification et de soutien logistique pour les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Le président Joe Biden, comme l’avait fait avant lui le président Obama, a déclaré qu’il avait l’intention de fermer Guantanamo, mais cela nécessiterait l’approbation du Congrès pour déplacer certains prisonniers aux États-Unis pour y être jugés ou emprisonnés.