La Russie entame aujourd’hui le retrait de ses troupes massées près de l’Ukraine

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Telle qu’elle l’avait annoncé le 22 avril 2021, l’armée russe a entamé le lendemain, vendredi 23 avril, le retrait de ses troupes massées depuis des semaines près de l’Ukraine. (ministère russe de la Défense)
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Telle qu’elle l’avait annoncé jeudi l’armée russe a entamé ce vendredi le retrait de ses troupes massées depuis des semaines près de l’Ukraine, un déploiement qui avait provoqué un regain de tensions avec l’Occident et des craintes d’une attaque contre Kiev.

«Conformément à l’instruction du Ministre ruse de la Défense, le général d’armée Sergueï Choïgou, les troupes de la Région militaire Sud et des Troupes aéroportées, impliquées dans les activités de vérification et d’exercice sur le polygone Opouk, ont commencé à retourner aux points de déploiement permanent.», écrit le ministère russe dans un communiqué publié ce matin.

«À l’heure actuelle, les unités militaires et les formations effectuent des marches, où elles chargent sur des navires de débarquement, des plates-formes ferroviaires et des avions de transport militaire.» poursuit le communiqué qui précise les détails du retrait amorcé :

«Les militaires de l’unité NRBC de la Région militaire Sud ont fait une marche à la gare de Feodossia. Pour le départ vers le point de déploiement permanent, l’équipement militaire et le personnel de la formation ont été chargés dans des trains. Au cours du déplacement ultérieur, des unités des troupes NRBC surmonteront une distance d’environ 1,3 mille kilomètres.»

«Le matériel et l’armement de la brigade de gestion de grande formation de la Région militaire Sud ont été chargés à la gare de la ville de Kertch. Les militaires doivent faire une marche combinée de plus d’un millier de kilomètres.«»

«Sur la côte du polygone Opouk, après une marche sur le matériel, les unités du corps des marines de la Flottille de la Caspienne et de la Flotte de la mer Noire ont été chargées sur de grands navires de débarquement et ont commencé à se déplacer vers des points de déploiement permanents. Le mouvement aura également lieu de manière combinée: par mer, par chemin de fer et par colonnes mécanisées.»

«Les unités des Troupes aéroportées sont arrivées à l’aérodrome, ont chargé le personnel et ont commencé à le transporter de manière combinée: avions de transport militaire, transport ferroviaire et colonnes mécanisées.»

Présent hier, jeudi, à des exercices en Crimée impliquant 10 000 hommes, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou avait annoncé le retrait à compter du 23 avril et jusqu’au 1er mai des dizaines de milliers de troupes déployées en Crimée, dans le sud et dans l’ouest de la Russie, pour ce qu’il avait appelé une «vérification soudaine» de l’état de préparation des forces russes. Il avait alors déclaré : «Je crois que les objectifs de la ‘vérification soudaine’ sont pleinement atteints. Les troupes ont démontré leur capacité à assurer une défense fiable du pays. À cet égard, j’ai décidé de terminer les activités de vérification dans les Régions militaires Sud et Ouest».

Mais la présence de ce grand nombre de soldats – plus de 100 000 selon l’UE – près de l’Ukraine, qui combat depuis 2014 des séparatistes prorusses dans l’est du pays, a alimenté les tensions entre Moscou, Kiev et les Occidentaux ces dernières semaines.

Kiev soupçonnait Moscou de préparer une invasion en provoquant par exemple un casus belli dans l’Est ukrainien. La Russie, de son côté assurit, sans trop convaincre, que ses manœuvres n’étaient pas «menaçantes» mais une réponse à des exercices de l’OTAN en Europe et à des provocations ukrainiennes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était réjoui jeudi du retrait russe annoncé, tout disant, comme l’OTAN, rester «vigilant». «Toute mesure de désescalade de la part de la Russie serait importante et aurait dû être prise depuis longtemps», a affirmé aussi un responsable de l’Alliance atlantique hier.

Les États-Unis, qui soutiennent l’Ukraine dans sa crise avec la Russie, avaient pour leur part dit attendre «des actes» et pas seulement des «paroles».

Le conflit entre Kiev et les séparatistes a fait des dizaines de morts depuis janvier alors qu’une longue trêve avait été respectée durant la deuxième moitié de 2020.

Depuis son commencement en 2014, plus de 13 000 personnes ont été tuées dans cette guerre. Une médiation franco-allemande a abouti à des accords de paix qui ont mis fin au pire des combats en 2015, mais le règlement politique n’a jamais avancé.