La Russie va limiter la navigation dans trois zones de Crimée, dont la zone de Kertch

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Des navires russes en mer Noire. (Service de presse Flotte russe)
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La Russie va limiter pendant six mois, soit jusqu’en octobre, la navigation de navires militaires et officiels étrangers dans trois zones au large de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par Moscouen 2014.

Les tensions russo-ukrainiennes vont crescendo depuis plusieurs semaines, l’Ukraine accusant Moscou de chercher un casus belli pour l’envahir et la Russie accusant Kiev de préparer une offensive contre les séparatistes prorusses de l’Est ukrainien.

La Russie a notamment massé des troupes en Crimée et lancé des manœuvres maritimes en mer Noire.

«Du 24 avril à 21 h (14 h HAE) jusqu’au 31 octobre 21 h 00, le passage à travers les eaux territoriales de la fédération de Russie pour les navires militaires et autres bâtiments étatiques sera suspendu », a indiqué la direction de la navigation du ministère russe de la Défense citée vendredi par l’agence publique Ria Novosti.

Trois zones sont concernées, la pointe occidentale de Crimée, celle du sud de Sébastopol à Hourzouf et enfin un «rectangle» au large de la presqu’île de Kertch près du parc naturel Opoukski.

Cette dernière zone est la plus controversée car proche du détroit de Kertch reliant la mer Noire à la mer d’Azov et qui est d’une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d’acier produits en Ukraine.

Des accrochages dans la zone de Kertch ont déjà eu lieu par le passé, comme lorsque la Russie a saisi en 2018 trois navires militaires ukrainiens.  

En novembre 2018, la Russie avait arraisonné trois navires militaires ukrainiens . Sur cette photo, on voie les navires ukrainiens et le navire garde-frontière russe dans la mer d’Azov. (RT)

Kiev et les Occidentaux ont alors aussi accusé la Russie d’«entraver» délibérément la navigation des navires commerciaux par le détroit de Kertch, dont Moscou revendique le contrôle à la suite de l’annexion de la Crimée.  

La Russie a bâti à grand frais au-dessus du détroit un pont pour relier son territoire à la péninsule annexée.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé dès jeudi les restrictions de navigation décidées par la Russie, avant que les zones concernées soient connues, y voyant «une usurpation des droits souverains de l’Ukraine».

Il a aussi souligné qu’en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer «la Russie ne doit ni entraver ni gêner le transport à travers le détroit en direction des ports en mer d’Azov».

La fermeture de certaines zones de la mer Noire par la Russie jusqu’au 31 octobre n’entravera pas la navigation dans le détroit de Kertch, assure de son côté la Russie, affirmant que toutes les zones dont la fermeture est prévue s’étendent uniquement à la «frontière extérieure de la mer territoriale de la Fédération de Russie».

La Russie avait aussi annoncé précédemment qu’une partie de la flottille caspienne serait transférée dans la région de la mer Noire dans le cadre de ce qu’elle a appelé «inspection programmée.»

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part dénoncé dès jeudi les restrictions de navigation décidées par la Russie, avant que les zones concernées soient connues, y voyant «une usurpation des droits souverains de l’Ukraine».

Il a aussi souligné qu’en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer «la Russie ne doit ni entraver ni gêner le transport à travers le détroit en direction des ports en mer d’Azov».

Le représentant de la Commission européenne pour la politique étrangère, Peter Stano, a de son côté indiqué que la question de la limitation de la liberté de navigation par la partie russe autour de la péninsule de Crimée annexée à Ukroain fera l’objet de discussions lors d’une réunion du Conseil des affaires étrangères de l’UE le lundi 19 avril.

Un haut responsable de l’UE a dénoncé vendredi ces restrictions, décidées «sous prétexte d’exercices militaires», y voyant «une évolution hautement préoccupante» qui s’ajoute au déploiement de troupes en Crimée et près de la frontière ukrainienne ces dernières semaines.

«C’est un geste supplémentaire du gouvernement de la Russie qui va dans la mauvaise direction, dans le mesure où cela augmente les tensions», a-t-il ajouté.  

*Avec AFP