Tensions à la frontière ukrainienne: Washington répète ses mises en garde, Moscou dit exclure toute guerre

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Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. (Archives/Tass)
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Au même moment où le secrétaire d’État américain déclarait sur la chaîne NBC que, si la Russie continuait «à agir de manière agressive et imprudente», elle en paierait le prix, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, sans qu’il y ait forcément de lien, a écarté dimanche l’éventualité d’une guerre avec l’Ukraine, inquiète depuis plusieurs jours d’un renforcement des troupes russes à ses frontières.

«Bien sûr, personne ne s’engage sur la voie de la guerre, et personne n’accepte la possibilité d’une telle guerre», a déclaré Dmitri Peskov dans une interview à la chaîne publique Rossya 1, diffusée dans la soirée à Moscou mais dont des extraits ont été rendus publics.

«Personne n’accepte non plus la possibilité d’une guerre civile en Ukraine», a-t-il ajouté, assurant que «la Russie ne restera pas indifférente au sort des russophones vivant dans le sud-est» de l’Ukraine, où dure depuis 2014 une guerre entre les troupes de Kiev et des séparatistes prorusses.

Selon Moscou, cette guerre qui a fait plus de 13 000 morts depuis son déclenchement est une guerre civile ukrainienne, alors que Kiev et les Occidentaux jugent évident le soutien militaire, politique et financier largement documenté de la Russie aux séparatistes.

Ces derniers jours, Kiev et plusieurs capitales occidentales ont critiqué Moscou pour avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et la péninsule annexée de Crimée, alors que les incidents meurtriers avec les séparatistes sont quasi-quotidiens.

Selon l’Ukraine, le Kremlin pourrait chercher un prétexte pour déclencher une opération militaire d’envergure.

Le Kremlin n’a pas démenti ces mouvements de troupes mais assure ne menacer personne, accusant à l’inverse Kiev de «provocations» visant à «aggraver la situation sur le front».

«La Russie fait tous les efforts possibles pour aider à résoudre ce conflit. Et nous continuerons à le faire sans relâche.», a déclaré le porte-parole du Kremlin.

De son côté, invité à l’émission dominical «Meet the Press» sur la chaîne de télévision américaine NBC, le secrétaire d’État Anthony Blinken avait déclaré «Et au moment où nous parlons en ce moment, je dois vous dire que nous sommes vraiment préoccupés par les actions de la Russie aux frontières de l’Ukraine. Il y a plus de forces russes massées à ces frontières qu’à tout moment depuis 2014, lorsque la Russie a envahi pour la première fois. C’est pourquoi nous sommes en contact très étroit et en étroite coordination avec nos alliés et partenaires en Europe. Nous partageons tous cette préoccupation.»

«La question est donc la suivante: la Russie va-t-elle continuer à agir de manière agressive et imprudente? Si tel est le cas, le Président a clairement indiqué qu’il y aurait des coûts, des conséquences.», de poursuivre le secrétaire américain, prévenant que «le président Biden a été très clair à ce sujet. Si la Russie agit de manière imprudente ou agressive, il y aura des coûts, il y aura des conséquences.»

Si les combats étaient quasiment à l’arrêt depuis une trêve conclue à l’été 2020, ils ont repris avec intensité ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, 26 militaires ukrainiens ont ainsi été tués alors que le pays avait perdu seulement 50 soldats sur toute l’année 2020.

Cette reprise des combats et les mouvements de troupes russes ont poussé Kiev à multiplier ses contacts avec les Occidentaux, Washington, Berlin et Paris assurant l’Ukraine de leur soutien et la chancelière allemande Angela Merkel demandant à M. Poutine de «réduire» la présence russe à la frontière ukrainienne.

*Avec AFP