Le président afghan Ashraf Ghani dévoile un nouveau plan de paix

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Le président Ghani a rencontré des ambassadeurs de divers pays et des représentants d’organisations internationales ces derniers jours et a partagé avec eux les détails d’un nouveau plan de paix qu’il prévoit présenter lors de la réunion encadrée par les Nations Unies en Turquie et incluant notamment Washington et la Russie, selon des sources au sein du palais présidentiel qui connaissent bien la question, rapporte la chaîne afghane d’information continue Tolo News.

Cette initiative intervient alors que les États-Unis, soutenus par d’autres membres de la communauté internationale, souhaitent, selon un autre plan divulgué début mars, la formation d’un gouvernement intérimaire qui inclurait les talibans. Ce qui entre en collision avec les vues du président afghan qui a dit qu’il n’accepterait qu’une administration élue par le peuple.  

Quant aux talibans, dont le gouvernement islamique a été renversé lors de l’intervention américaine de 2001, ils ont toujours rejeté tout type d’élections et nombre d’élections, tenues depuis leur départ du pouvoir, ont été critiquées pour fraude, ont généré des violences de la part des insurgés et le nombre d’électeurs a toujours été très bas.

Parmi les envoyés à la toute récente réunion avec le président afghan figuraient le haut représentant civil de l’OTAN, le chef par intérim de la mission de l’ONU en Afghanistan et les ambassadeurs des pays membres de l’UE, ainsi que des envoyés des pays voisins et des pays musulmans, rapporte Tolo.

Toujours selon la chaîne afghane, des sources ont déclaré que le président Ghani devrait rendre le plan public au début de la semaine prochaine.

Ce plan comporterait trois parties, selon les mêmes sources. «Le premier élément de cette feuille de route pour la paix est la préservation de la Constitution et sa continuation afin que nous puissions empêcher une rupture, une interruption et un effondrement».

Le président Ghani aurait partagé dimanche son plan avec Abdullah Abdullah, chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale qui mène les négociations avec les talibans.

Les trois phases du plan serait: (1) faire la paix ou tenir des pourparlers avec les talibans, (2) construire la paix – évoquant lors de cette phase l’établissement d’un gouvernement de transition, et (3) maintenir la paix, ce qui, explique-t-on, renvoie indirectement à une situation gouvernementale post-transitionnelle.

Les positions du président et de ses adjoints devraient selon ce plan être préservées – avec les forces gouvernementales – jusqu’à ce qu’une élection soit organisée.

«Cela ne sera accepté ni par les talibans, ni par nous, ni par les partis politiques», a toutefois déclaré Abdul Latif Pedram, chef du parti du Congrès national afghan, cité par Tolo.

Pendant ce temps, un comité de 15 membres, dirigé par l’ancien vice-président Mohammad Yunus Qanooni et rassemblant plusieurs partis politiques, a discuté du plan de paix américain, a déclaré dimanche le Haut Conseil pour la réconciliation nationale dans un communiqué.

Le communiqué indique que 30 projets ont été reçus par le Conseil à ce jour sur le processus de paix en Afghanistan. «Nous espérons pouvoir créer un consensus», a déclaré le porte-parole du conseil de réconciliation, Fraidoon Khwazoon, cité par la chaîne afghane d’information.

La date de la conférence en Turquie n’a pas encore été fixée, mais, toujours selon Tolo, la réunion pourrait avoir lieu le 16 avril.

Et pendant tout ce temps, les violences continuent de ravager le pays, avec des combats particulièrement intenses ces derniers jours entre les forces afghanes et les talibans dans la province de Kandahar (sud).