Moscou ne «veut pas d’un conflit direct» estime le renseignement américain

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La Russie «ne veut pas d’un conflit direct» avec les États-Unis, même si elle va «poursuivre ses efforts de déstabilisation contre l’Ukraine», ont estimé les services de renseignement américains dans leur rapport annuel sur les menaces à l’égard des États-Unis dans le monde.

«Moscou va continuer à employer diverses tactiques cette année» pour tenter d’affaiblir l’influence des États-Unis, développer de nouveaux partenariats ou encore semer la division dans le camp occidental, indique ce rapport de la direction du renseignement américain (DNI) publié ce mardi, en pleine hausse des tensions entre la Russie et l’Ukraine.

«Dans l’ex-URSS, Moscou est positionnée pour accroître son rôle dans le Caucase, intervenir en Biélorussie si elle le juge nécessaire et poursuivre ses efforts de déstabilisation en Ukraine pendant que les négociations piétinent et que les affrontements limités se poursuiven », selon les services de renseignement américains.

Néanmoins, «nous nous attendons à ce que Moscou cherche des occasions de coopération pragmatique avec Washington, à ses conditions, et nous jugeons que la Russie ne veut pas d’un conflit direct avec les forces américaines», ajoutent-ils dans ce document de 27 pages.

Le président américain Joe Biden a justement proposé mardi à son homologue russe Vladimir Poutine d’organiser une rencontre au sommet «dans un pays tiers» dans «les prochains mois» afin de «bâtir une relation stable et prévisible avec la Russie».

Biden a notamment exprimé son «inquiétude au sujet de l’accumulation soudaine de troupes russes en Crimée occupée et à la frontière ukrainienne », appelant « la Russie à faire baisser les tensions », a indiqué la Maison-Blanche.

Pronostic mauvais pour l’Afghanistan

Par ailleurs, le rapport ajoute que le gouvernement afghan peinera à résister face aux talibans si la coalition internationale se retire d’Afghanistan cette année, comme prévu par l’accord conclu l’an dernier avec les insurgés par l’administration Trump.

«Nous jugeons que les perspectives de paix vont rester limitées pendant l’année à venir», indique le document.

Les talibans vont «probablement» gagner du terrain et «le gouvernement afghan va peiner à résister face aux talibans si la coalition lui retire son soutien», ajoute le renseignement américain, alors que le président Joe Biden doit annoncer sa décision sur le retrait des forces américaines du pays prévu le 1er mai,

«Les forces afghanes contrôlent encore les grandes villes […] mais elles ont du mal à regagner du terrain ou à rétablir leur présence dans des zones abandonnées en 2020», précise le rapport.

Selon des sources s’exprimant sous couvert d’anonymat, Joe Biden aurait décidé de retirer les troupes américaines d’Afghanistan d’ici le 11 septembre 2021, 20 ans jour pour jour après que les attaques d’Al-Qaïda aient déclenché la plus longue guerre américaine, mais plusieurs mois après l’échéance du 1er mai négociée par l’administration Trump, rapporte l’agence britannique Reuters.

La décision sur une date limite pour retirer les 2500 derniers soldats américains mettrait enfin fin à l’engagement américain tel qu’on le connaît alors que subsistent plusieurs questions sur le niveau de stabilité et de sécurité que les Américains derrière eux.