Nouvelles sanctions des États-Unis contre la Russie et expulsions de diplomates

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Les États-Unis ont annoncé ce jeudi de nouvelles sanctions contre la Russie en invoquant des accusations d’ingérences dans des élections et de piratage informatique.

Mise à jour 16/04/2021, 12h42

La Russie a annoncé vendredi qu’elle allait expulser dix diplomates américains en réponse aux sanctions prises la veille par les États-Unis. Elle a ajouté avoir «recommandé» à l’ambassadeur des États-Unis à Moscou de rentrer à Washington.

«Dix diplomates ont été inclus à la liste qui nous a été remise avec la demande qu’ils quittent les États-Unis. Nous allons répondre à cette mesure de manière réciproque et demanderons à dix diplomates américains en Russie de quitter notre pays», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au cours d’une conférence de presse.

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Les relations entre les deux pays se dégradent depuis janvier et l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, en particulier avec le récent déploiement d’importantes troupes russes à la frontière orientale de l’Ukraine.  

Le président américain a à cet égard proposé mardi à son homologue russe Vladimir Poutine une rencontre dans un pays tiers, le Kremlin ayant de son côté fait savoir jeudi que de telles sanctions supplémentaires contre la Russie ne favoriseraient pas l’organisation d’un tel sommet.

Les nouvelles mesures interviennent après de multiples trains de sanctions et de contre-sanctions, affecteront plus de 30 entités russes et comprendront l’expulsion de plus de 10 Russes des États-Unis, dont des diplomates.

Ces derniers seront visés en rétorsion à des allégations, démenties par la Russie, selon lesquelles Moscou a offert des primes à des insurgés afghans pour tuer des soldats américains en Afghanistan, ajoute le journal.

Le décret va également étendre les interdictions concernant l’accès des banques américaines au marché de la dette souveraine russe.

Cyberattaques

Washington accuse également les services de renseignement russes dans l’attaque de 2020 ayant utilisé comme vecteur SolarWinds, un éditeur américain de logiciels dont un produit a été piraté pour introduire une faille chez ses utilisateurs, dont plusieurs agences fédérales américaines.

L’attaque, qui a touché plus de cent sociétés américaines et 18 000 réseaux d’ordinateurs gouvernementaux et privés, émanait selon le renseignement américain d’un adversaire «probablement d’origine russe». La Russie a quant à elle démenti avoir été derrière cette attaque.

Aux côtés de la Grande-Bretagne, de l’Australie, du Canada et de l’Union européenne, Washington va en outre sanctionner huit individus et entités en raison de l’occupation de la Crimée, une péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Ces sanctions s’ajoutent à une première série de mesures punitives annoncées en mars contre sept hauts responsables russes en réponse à l’empoisonnement et l’incarcération de l’opposant Alexeï Navalny.

Les pays de l’OTAN ont aussitôt exprimé «leur soutien et leur solidarité» aux États-Unis « après l’annonce de mesures destinées à répondre aux activités déstabilisatrices de la Russie ».

Ces nouvelles sanctions interviennent alors Biden a proposé mardi à M. Poutine d’organiser une rencontre au sommet « dans un pays tiers » dans « les prochains mois » afin de « bâtir une relation stable et prévisible avec la Russie », selon les services des deux chefs d’État. La dernière rencontre à ce niveau entre les deux pays remonte à 2018.

Le Kremlin n’a pas précisé si le président russe avait accepté cette proposition, mais déclaré que les deux hommes avaient convenu de «poursuivre le dialogue» pour garantir la sécurité mondiale.

Selon le communiqué de son gouvernement, le président américain a «clairement dit que les États-Unis agiraient de manière ferme pour défendre leurs intérêts nationaux en réponse aux actions de la Russie, telles que des cyberattaques et des ingérences dans des élections».

Selon les agences de renseignement américaines, la Russie s’est ingérée dans l’élection américaine de 2016, au profit de Donald Trump, ce que Moscou dément. Le renseignement américain a également évoqué des ingérences de Moscou dans la présidentielle de 2020.  

En mars, la Russie avait rappelé son ambassadeur aux États-Unis tout en assurant vouloir éviter la «dégradation irréversible» de ses relations avec Washington après des déclarations de Joe Biden. Interrogé par un journaliste qui lui demandait s’il pensait que Poutine était «un tueur», Biden avait acquiescé et promis que celui-ci paierait «le prix» de ses actes.

L’ambassadeur des États-Unis à Moscou de nouveau convoqué

La réponse de Moscou à ce qui une des offensives les plus dures contre la Russie depuis l’expulsion de nombreux diplomates à la fin du mandat de Barack Obama.

«Un tel comportement agressif recevra une forte rebuffade. La réponse aux sanctions sera inévitable», a prévenu la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

L’ambassadeur des États-Unis à Moscou a quant à lui été de nouveau convoqué par les autorités pour «une conversation difficile».

«Les États-Unis ne sont pas prêts à accepter la réalité objective d’un monde multipolaire qui exclut une hégémonie américaine et s’appuient sur la pression des sanctions et l’ingérence dans nos affaires intérieures», a déploré la porte-parole.

La Russie avait déjà averti que l’adoption de nouvelles sanctions « ne favorisera pas » l’organisation d’un sommet Biden-Poutine censé amorcer une stabilisation dans les relations délétères entre les deux rivaux géopolitiques.

Voir A Letter on Blocking Property with Respect to Specified Harmful Foreign Activities of the Government of the Russian Federation >>

Voir FACT SHEET: Imposing Costs for Harmful Foreign Activities by the Russian Government >>

Voir Executive Order on Blocking Property with Respect to Specified Harmful Foreign Activities of the Government of the Russian Federation >>

* Avec AFP