Retrait de toutes les troupes américaines d’Afghanistan d’ici le 11 septembre

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Des soldats américains dans la province afghane d'Helmand, le 27 août 2017. (AFP)
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Joe Biden a décidé que les troupes américaines resteraient en Afghanistan au-delà de l’échéance du 1er mai fixée dans un accord avec les talibans, mais partiraient «sans condition» d’ici le 11 septembre, jour du 20anniversaire des attentats de 2001 aux États-Unis, a annoncé mardi un responsable américain.

«Nous allons entamer un retrait ordonné des forces restantes avant le 1er mai et prévoyons d’avoir sorti toutes les troupes américaines du pays avant le 20e anniversaire du 11-Septembre», a-t-il déclaré à des journalistes, assurant que ce départ serait «coordonné» et simultané avec celui des autres forces de l’OTAN.

«Nous avons dit aux talibans, sans la moindre ambiguïté, que nous répondrons avec force à toute attaque contre les soldats américains pendant que nous procédons à un retrait ordonné et sûr», a-t-il ajouté.

Les États-Unis sont intervenus en Afghanistan dans la foulée des attentats contre les tours jumelles de New York et le Pentagone. Ils ont rapidement chassé du pouvoir à Kaboul les talibans, accusés d’avoir accueilli le groupe djihadiste Al-Qaïda responsable des attentats et son chef Oussama ben Laden, mais se sont ensuite enlisés.

Pour mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire américaine, le précédent gouvernement de Donald Trump a conclu en février 2019 un accord avec les talibans.

Il prévoyait le retrait de toutes les forces américaines et étrangères avant le 1er mai prochain, à condition que les insurgés empêchent à l’avenir à tout groupe terroriste d’opérer depuis les territoires afghans qu’ils contrôlent.

Le Pentagone a récemment émis des doutes sur le respect de cet engagement.

Les talibans devaient aussi entamer des négociations de paix directes inédites avec le gouvernement de Kaboul. Ces pourparlers, ouverts en septembre, piétinent depuis et doivent être relancés à partir du 24 septembre lors d’une conférence de paix en Turquie.

Le responsable américain a prévenu mardi que le retrait décidé par Joe Biden, qui doit s’exprimer mercredi sur ce dossier sensible, serait «sans condition».

«Le président a estimé qu’une approche conditionnelle, comme cela a été le cas au cours des deux dernières décennies, était la recette assurée pour rester en Afghanistan à vie», a-t-il expliqué.

Mauvais pronostic pour l’Afghanistan

Coïncidence, cette décision arrive au moment le rapport annuel du bureau du Directeur national du renseignement américain sur les menaces sur les menaces à l’égard des États-Unis dans le monde estime que le gouvernement afghan peinera à résister face aux talibans si la coalition internationale se retire d’Afghanistan cette année, comme prévu par l’accord conclu l’an dernier avec les insurgés par l’administration Trump.

«Nous jugeons que les perspectives de paix vont rester limitées pendant l’année à venir», indique le document.

Les talibans vont «probablement» gagner du terrain et «le gouvernement afghan va peiner à résister face aux talibans si la coalition lui retire son soutien», ajoute le renseignement américain, alors que le président Joe Biden doit annoncer sa décision sur le retrait des forces américaines du pays prévu le 1er mai,

«Les forces afghanes contrôlent encore les grandes villes […] mais elles ont du mal à regagner du terrain ou à rétablir leur présence dans des zones abandonnées en 2020», précise le rapport.