Ukraine: des «progrès» dans les pourparlers en vue d’une trêve, selon Kiev

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L’Ukraine a fait état mardi de «progrès significatifs» dans les négociations en vue d’une reprise de la trêve avec les séparatistes prorusses dans l’est de son territoire, où les heurts se multiplient sur fond de tensions avec Moscou, rapporte l’Agence France-Presse.

«Il y a des progrès significatifs» sur le dossier du cessez-le-feu, a déclaré le porte-parole de la délégation ukrainienne participant à ces pourparlers organisés en ligne, Oleksiï Arestovytch.

Cependant, sur la ligne de front, la tension ne baissait pas, des civils disant craindre une reprise massive des combats.  

«Ce matin, ça a tiré à nouveau très fortement», a déploré auprès de l’agence de presse Ioulia Ievtchenko, une mère de quatre enfants dont l’appartement à Krasnogorivka, une petite localité sous le contrôle des forces gouvernementales, se trouve dans un immeuble fortement endommagé par de précédents bombardements.  

«On avait une trêve et maintenant c’est à nouveau la guerre », raconte cette femme de 27 ans, avec son fils âgé d’un an dans les bras. «Je vois comment on tire, tous ces chars et blindés de la Russie. On a peur» et «on n’a pas où aller», ajoute-t-elle.  

À quelques kilomètres de là, Taras, un militaire ukrainien de 24 ans, est posté en périphérie de Donetsk, une des « capitales » des séparatistes.  

«Cela fait huit ans qu’on tente de mettre fin à la guerre par la voie diplomatique et on n’y arrive pas », regrette-t-il. «Il n’y a que deux options : reprendre nos territoires ou entrer dans l’OTAN», estime-t-il.  

Près de lui, un autre militaire, Ivan, 25 ans, observe des positions des rebelles prorusses situées à seulement 200 mètres. «Nous ne préparons pas d’offensive», mais «je vois comment ils aménagent leurs vieux abris qu’ils n’utilisaient pas avant», souligne le jeune homme.  

Accrochages fréquents

Après une trêve largement respectée pendant la deuxième moitié de 2020, les heurts se sont multipliés depuis le début de l’année entre les forces de Kiev et les séparatistes, dont la Russie est largement considérée comme le parrain militaire et financier.

Parallèlement, les tensions se sont accrues avec Moscou qui a déployé ces dernières semaines des dizaines de milliers de soldats près de la frontière ukrainienne, faisant craindre à Kiev une opération militaire d’ampleur.

La réunion «d’urgence» de mardi, à laquelle ont participé des représentants ukrainiens, russes et des séparatistes sous la médiation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), fait suite aux autres pourparlers en ligne, la veille entre des conseillers des dirigeants ukrainien, russe, allemand et français.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait dit espérer que ces négociations permettraient une reprise de la trêve, à l’issue d’un sommet vendredi avec son homologue français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel.

L’Ukraine accuse la Russie de chercher à la «détruire», tandis que Moscou a assuré «ne menacer personne» tout en dénonçant des «provocations» ukrainiennes.

La guerre dans l’est de l’Ukraine a fait plus de 13 000 morts depuis son déclenchement en 2014, dans la foulée de l’annexion de la Crimée par Moscou.

Le président ukrainien veut voir Poutine sur le front pour éviter la «guerre»

Le président ukrainien a appelé mardi Vladimir Poutine à le rencontrer dans la zone de conflit avec les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine, pour éviter «une guerre» russo-ukrainienne.

«Monsieur Poutine ! Je suis prêt […] à vous proposer de me rencontrer dans n’importe quel endroit du Donbass ukrainien», a déclaré en russe le chef d’État ukrainien Volodymyr Zelensky dans un discours à la Nation.  

«Le président russe a dit un jour : si une bagarre est inévitable, il faut attaquer le premier. Mais, à mon avis, chaque leader doit comprendre qu’une bagarre ne peut être inévitable quand il s’agit […] d’une vraie guerre et de millions de vies», a-t-il poursuivi.  

Il n’est pas encore «trop tard», a souligné Zelensky, assurant ne pas vouloir d’une guerre mais que l’Ukraine y était «prête».  

«Nous n’avons pas peur car nous avons une armée et des défenseurs incroyables», a-t-il martelé, en ukrainien.

«Nous ne détruisons pas d’autres terres et peuples. Mais cela ne veut pas dire que nous permettrons de nous détruire», a-t-il ajouté.

Zelensky a dit à plusieurs reprises avoir demandé à parler depuis fin mars à Poutine, mais le Kremlin a assuré ne pas avoir reçu de telle requête.  

* Avec AFP