Léo Major: un tronçon de la route 371 près de la BFC Valcartier portera le nom du héros militaire québécois

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Le ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui est également à titre de ministre responsable de la langue française ministre responsable de la Commission de toponymie du Québec, a annoncé ce mardi par voie de communiqué qu’un tronçon de la route 371 se trouvant à 3,5 kilomètres de l’entrée principale de la base militaire de Valcartier, qui héberge le Royal 22e Régiment, sera nommé Route Léo-Major.

Le 11 novembre 2020, l’Assemblée nationale avait adopté une motion à l’effet de mandater la Commission de toponymie du Québec afin qu’elle nomme un endroit hautement significatif à la mémoire du soldat Léo Major.

La Commission de toponymie, l’organisme responsable de la gestion des noms de lieux du Québec officialisera le nom Route Léo-Major le 11 novembre, à l’occasion du jour du Souvenir, précise le communiqué.

Ce tronçon ainsi nommé s’étend de la route de la Bravoure, dont le nom rend lui-même hommage à l’engagement des militaires. au boulevard Valcartier, et porte actuellement le nom officiel de Rue de Montolieu. Le nom officiel Rue de Montolieu continuera, lui, de désigner une voie de communication qui est en continuité avec le tronçon, en direction de l’ouest.

Selon le ministère des Transports du Québec, le débit journalier moyen annuel de la route est de 11 200 véhicules. Quant à celui de la route de la Bravoure, que la route Léo-Major viendra croiser, il est estimé entre 16 000 et 22 500 véhicules.

«Je suis très heureux d’honorer la mémoire du soldat québécois Léo Major, ce héros de guerre dont l’histoire demeure méconnue au Québec. Ses nombreux exploits, hors du commun, réalisés au cours de sa longue carrière militaire sont une fierté nationale et il s’agit d’un privilège pour moi de faire connaître davantage son récit et sa vie aux Québécoises et aux Québécois. Attribuer son nom à un lieu hautement significatif témoigne de toute notre admiration pour sa bravoure et son héroïsme», a déclaré le ministre Jolin-Barrette.

«En désignant une section de la route 371 à Québec du nom de monsieur Léo Major, c’est notre région de la Capitale-Nationale et le Québec tout entier qui reconnaissent les actions héroïques qu’il a posées lors de la Deuxième Guerre mondiale. Que les valeurs de justice, de liberté et de courage qu’il a défendues au nom de la démocratie puissent ne jamais être oubliées.», a renchéri la vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault.

«Notre père était un homme très humble. Il est toujours demeuré discret sur ses hauts faits d’armes. Nous sommes toutefois convaincus qu’il se sentirait très honoré par le geste que pose aujourd’hui le gouvernement pour rappeler sa mémoire, tout comme ma sœur, mon frère et moi-même en sommes très touchés.», a pour sa part déclaré Daniel-Aimé Major, fils de Léo Major.

Léo Major s’est illustré lors de la Seconde Guerre mondiale en libérant à lui seul une ville des Pays-Bas de l’occupation allemande en 1945. 

Il a aussi par la suite participé à la Guerre de Corée au sein du Royal 22e Régiment où il s’est encore une fois démarqué.

Lourdement blessé à deux reprises, surnommé «le fantôme borgne», il aurait normalement dû être rapatrié au pays, mais a refusé afin de continuer à combattre avec ses camarades.

Léo Major, un héros québécois

Né le 23 janvier 1921 à New Bedford dans le Massachusetts et décédé le 12 octobre 2008 à Longueuil. Léo Major était un membre du Régiment de la Chaudière, une unité d’infanterie de la première réserve des Forces armées canadiennes qui s’est fortement démarqué lors de la Seconde Guerre mondiale. L’unité appartient au 35e Groupe-brigade du Canada, lui-même faisant partie de la 2e Division du Canada.

Léo Major est un héros québécois très connu en Europe, surtout en Hollande, où plusieurs rues et édifices publics portent son nom. Ses faits d’armes y sont même enseignés dans les écoles.

Major, qui s’est enrôlé dans le Régiment de la Chaudière à 19 ans, est le seul militaire canadien a avoir reçu, pour sa bravoure devant l’ennemi, la Médaille de conduite distinguée (DCM), la plus haute distinction de l’armée, à deux reprises dans deux guerres différentes.

Après avoir trompé la mort lors du Débarquement de Normandie, victime d’une grenade, il a perdu l’usage de son œil gauche. Malgré son handicap, qui aurait du le rapatrier au Canada, Léo Major insista pour rester au front arguant que le tireur d’élite qu’il était n’avait besoin que d’un œil pour viser avec sa carabine. Après cet incident, il a poursuivi son combat jusqu’à la fin de la guerre muni d’un cache-œil qui lui valut le surnom (donné par les Allemands terrorisés) de «LE FANTÔME BORGNE».

Pour sa dernière mission européenne, Léo Major fut envoyé aux Pays-Bas, où il s’est distingué en libérant, à lui seul (!) Zwolle, une ville de 50 000 habitants, dans la nuit du 13 au 14 avril 1945, soit il y a précisément 76 ans aujourd’hui.

Cinq ans après son retour au pays, il s’est enrôlé au Royal 22e Régiment pour aller combattre en Corée où, une fois de plus, il a réussi à se distinguer sur la célèbre colline 355, d’où, avec son minuscule peloton de 18 hommes il a réussi à chasser 14 000 soldats chinois ! Un exploit qui lui a valu une deuxième médaille DCM.

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