Washington prévient Moscou qu’il y aura des conséquences si Navalny meurt

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Les alliés de Navalny préparent une grande manifestation en Russie pour «sauver la vie» du principal détracteur du Kremlin, malade et en grève de la faim dans son pénitencier. (free.navalny.com)
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Alors que les alliés de l’opposant russe préparent une grande manifestation en Russie pour «sauver la vie» de l’ennemi juré du Kremlin, emprisonné, malade et en grève de la faim depuis mars, Washington a averti ce dimanche qu’il y aurait des «conséquences» pour Moscou si Navalny mourait.

Samedi, le président américain Joe Biden avait jugé «totalement injuste» le sort de l’opposant russe.  

ll y aura des «conséquences» pour Moscou s’il «meurt», a très clairement fait savoir Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden

Les autorité russes «sont responsables de la santé» d’Alexeï Navalny, a renchéri dans la foulée le porte-parole du Département d’État, Ned Price, les appelant sur Twitter à lui donner accès aux «soins médicaux nécessaires immédiatement».

Les Européens exigent eux aussi la libération d’Alexeï Navalny.  

La France s’est dite « extrêmement préoccupée» tandis que l’Allemagne demande d’«urgence» un traitement médical «adéquat», et lundi, les chefs de la diplomatie de l’Union européenne se pencheront sur le cas du militant anticorruption de 44 ans.

L’ambassadeur russe à Londres, Andreï Kéline, a pour sa part rétorqué dimanche que Moscou ne le laisserait pas «mourir en prison», tout en accusant lors d’une entrevue à la BBC, l’opposant de «vouloir attirer l’attention».

Pendant ce temps, les alliés de Navalny appelent les Russes à sortir dans la rue mercredi à 19 h (16 h GMT) pour ce qu’ils espèrent être «la plus grande manifestation de l’histoire moderne» de la Russie.

«Il n’y a plus le temps-il est temps d’agir. Il ne s’agit plus seulement de la liberté de Navalny, mais de sa vie», plaide le bras droit de l’opposant, Léonid Volkov.

«Poutine interdit explicitement toute activité d’opposition en Russie. Cela signifie que ce rassemblement pourrait devenir le dernier du pays pour les années à venir. Mais il est en notre pouvoir de changer cela », a écrit le bras droit de Navalny, appelant ses compatriotes à « ne plus avoir peur ».

Au moment d’écrire ces lignes, le site internet Free Navalny créé par l’opposition quelques semaines plus tôt pour enregistrer les Russes désireux de manifester affichait, sur un objectif de 500 000, plus de 460 000 personnes dimanche.

La manifestation est organisée le même jour que le discours annuel du président Vladimir Poutine devant les deux chambres du Parlement, où le maître du Kremlin évoquera les «objectifs» pour développer la Russie et les élections législatives de l’automne prochain.

Alexeï Navalny peut avoir un arrêt cardiaque «d’une minute à l’autre», s’inquiètent ses médecins

Des médecins proches de l’opposant russe emprisonné ont exigé samedi d’être autorisés à le voir immédiatement, affirmant qu’il peut avoir un arrêt cardiaque «d’une minute à l’autre».

Le principal opposant du Kremlin a arrêté de s’alimenter le 31 mars pour protester contre ses mauvaises conditions de détention, accusant l’administration pénitentiaire de lui refuser l’accès à un médecin et des médicaments alors qu’il souffre d’une double hernie discale selon ses avocats.

Le médecin personnel de l’opposant de 44 ans, Anastassia Vassilieva et trois autres docteurs, dont un cardiologue, ont demandé un accès immédiat à Navalny, selon une lettre adressée aux services pénitentiaires russes et publiée samedi sur le compte Twitter de Mme Vassilieva.

Revenu en janvier après cinq mois de convalescence en Allemagne, à la suite d’un empoisonnement dont il accuse le Kremlin, l’opposant avait été immédiatement arrêté et condamné à deux ans et demi de prison dans une ancienne affaire de fraude qu’il dénonce comme politique.

Les Américains et Européens avaient sanctionné la Russie pour l’empoisonnement de M. Navalny en août dernier.

Il est incarcéré aujourd’hui dans le camp de Pokrov, à 100 kilomètres à l’est de Moscou, réputé comme l’un des plus durs de Russie.

Sa femme Ioulia, qui lui a rendu visite en début de semaine, a affirmé qu’il pesait désormais 76 kg, soit neuf de moins qu’au début de sa grève de la faim.

Plus de 70 personnalités internationales ont appelé vendredi à fournir à Alexeï Navalny les soins nécessaires.  

Le Parquet russe a pour sa part demandé vendredi que plusieurs organisations liées à Navalny soient déclarées «extrémistes» et donc interdites en Russie. Une telle mesure ferait encourir de lourdes peines de prison aux collaborateurs de l’opposant et à ses soutiens.

Fin janvier et début février, plusieurs manifestations de soutien à Navalny avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes en Russie. Elles avaient été réprimées avec notamment plus de 11 000 interpellations.  

*Avec AFP