Zelenskyy et Trudeau discutent de l’intégration de l’Ukraine à l’OTAN

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L’opération UNIFIER constitue la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les Forces de sécurité de l'Ukraine. Son objectif principal est de leur offrir de l’aide en matière d’instruction sur la force de sécurité. (Forces armées canadiennes)
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Volodymyr Zelenskyy et Justin Trudeau ont discuté de l’aggravation de la situation dans le Donbass et du soutien à l’intégration euro-atlantique de l’Ukraine, indique la présidence ukrainienne dans un communiqué.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a eu une conversation téléphonique avec le premier ministre du Canada Justin Trudeau qui’il a remercié pour le soutien constant du Canada à l’Ukraine, «particulièrement précieux dans les moments difficiles de l’aggravation actuelle de la situation sécuritaire dans le Donbass», dit le communiqué.

Le président a informé le premier ministre du Canada des violations constantes du cessez-le-feu dans le Donbass, qui entraînent une augmentation du nombre de victimes parmi les militaires ukrainiens, ainsi qu’une augmentation de la menace militaire de la Russie contre l’Ukraine.

«Au cours de la trêve du 27 juillet de l’année dernière, 28 soldats ont été tués par les bombardements dans le Donbass, dont 24 cette année. Depuis le 26 mars seulement, nous avons perdu 8 de nos soldats. Chaque jour de la guerre nous coûte la vie. des gens courageux et patriotiques qui doivent bâtir l’avenir de l’Ukraine», a dit le président ukrainien.

Volodymyr Zelenskyy a également souligné la nécessité d’augmenter la pression internationale sur la Russie pour empêcher une nouvelle escalade, poursuit le communiqué.

Le président ukrainien a remercié Justin Trudeau pour la coopération au sein de la mission de formation militaire canadienne UNIFIER et a suggéré d’envisager la possibilité d’élargir le programme de formation des Forces armées ukrainiennes, notamment en augmentant le nombre d’instructeurs militaires canadiens dans notre pays.

Le président a souligné l’importance de la question de la possibilité pour l’Ukraine d’un plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN.

«En tant que partenaire spécial de l’Ukraine, le Canada pourrait prendre la tête parmi les alliés qui appuient un plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN. L’aide du Canada sera un signal important de soutien de la part de vrais amis», a déclaré Volodymyr Zelenskyy.

Selon le compte-rendu de la conversation publié par le bureau du premier ministre Trudeau, le premier ministre canadien a condamné l’escalade de la violence dans le Donbass et les violations constantes des accords de cessez-le-feu de la part de la Russie.

Le premier ministre Trudeau a également exprimé sa profonde inquiétude face aux actions déstabilisatrices de la Russie et à ses récentes activités militaires en Crimée et le long de la frontière avec l’Ukraine.

Il a souligné la volonté inébranlable du Canada d’appuyer la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Les deux dirigeants ont également parlé de la tragédie du vol PS752 de la Ukraine International Airlines qui a été abattu et ont souligné la nécessité de poursuivre le travail visant à obtenir la transparence, la reddition de comptes et la justice pour les victimes et leurs familles.

Et le président ukrainien a de nouveau invité Justin et Sophie Trudeau au sommet inaugural de la plateforme de Crimée à Kiev le 23 août de cette année et à la célébration du 30e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine.

Zelenskyy a presse l’OTAN à accélérer son adhésion

Le président ukrainien a eu le même jour une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg où les deux dirigeants ont là encore évoqué l’aggravation de la situation sécuritaire dans le Donbass et l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

«Ces dernières semaines, nous avons vu une tendance très dangereuse à augmenter le nombre de violations du cessez-le-feu par les forces d’occupation russes et le nombre de défenseurs ukrainiens tués», a déclaré Volodymyr Zelenskyy selon un communiqué de la présidence ukrainienne.

Il a également informé Jens Stoltenberg de l’accumulation continue de troupes russes près des frontières de l’Ukraine et de leur préparation accrue à une action offensive.

Le président ukrainien a aussi remercié le secrétaire général pour l’attention de l’Alliance à la situation sécuritaire autour de l’Ukraine et a appelé les membres de l’OTAN à accorder plus d’attention aux questions de sécurité en mer Noire et à renforcer leur présence militaire dans la région de la mer Noire, indique le communiqué. «Une telle présence permanente devrait être un puissant moyen de dissuasion pour la Russie, qui poursuit la militarisation à grande échelle de la région et entrave la navigation marchande»

Le secrétaire général de l’OTAN a pour sa part «exprimé sa grave préoccupation concernant les activités militaires de la Russie en Ukraine et dans les environs et les violations du cessez-le-feu en cours» et réitéré que l’OTAN soutient fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.», se disant très attaché à un «partenariat étroit» avec l’Ukraine.

Le président de l’Ukraine, tout comme lors de son entretien avec le premier ministre canadien, a souligné que la question la plus urgente dans les relations avec l’OTAN pour l’Ukraine était la possibilité d’obtenir un plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN.

«Nous sommes déterminés à réformer notre armée et notre secteur de la défense, mais les réformes à elles seules ne pourront arrêter la Russie. L’OTAN est le seul moyen de mettre fin à la guerre dans le Donbass. L’adhésion de l’Ukraine sera un véritable signal pour la Russie », a déclaré Zelenskyy.

Mais le Kremlin a jugé qu’une telle démarche aggraverait le conflit avec les séparatistes dont la Russie, malgré ses dénégations, est considérée comme le parrain. «De notre point de vue, cela fera encore empirer la situation», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

On se rappelle que l’Ukraine et la Géorgie, deux ex-républiques soviétiques qui souhaitent adhérer à l’OTAN, espéraient déjà rejoindre l’OTAN lors d’un sommet de l’Alliance en 2008 à Bucarest, mais plusieurs capitales occidentales, notamment Paris et Berlin, avaient préféré ne pas soutenir cette idée pour ménager la Russie qui, depuis, a remporté une guerre éclair en Géorgie, annexé la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014, et soutient toujours les séparatistes prorusses, dans l’Est de l’Ukraine dans un conflit qui a fait depuis plus de 13 000 morts et près de 1,5 million de déplacés.