Commémorations de la «Grande Guerre patriotique de 1941-1945» : la Russie défendra «fermement» ses intérêts, déclare Poutine

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Vladimir Poutine (au centre) au défilé militaire pour marquer le 76e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique. (Service de presse du Kremlin)
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Le président russe Vladimir Poutine a proclamé dimanche que la Russie défendrait toujours ses intérêts géopolitiques, serment intervenant lors des célébrations marquant la victoire sur le nazisme et à l’heure de tensions russo-occidentales croissantes.  

«La Russie défend sans relâche le droit international. En même temps, nous allons défendre fermement nos intérêts nationaux et assurer la sécurité de notre peuple», a-t-il dit, devant des centaines de militaires en uniformes d’apparat et au garde-à-vous réunis sur la Place Rouge, au pied des murs du Kremlin.  

Selon lui, des idées issues du nazisme «sont remises au goût du jour», dénonçant le retour dans le monde de «discours racistes, de supériorité nationale, d’antisémitisme et de russophobie».  

Il n’a pas précisé la cible de ses critiques, mais le maître du Kremlin n’a pas cessé depuis des années d’accuser des forces nationalistes, nostalgiques celui lui de collaborateurs du nazisme, de gagner en influence chez son voisin ukrainien, dont il a annexé la péninsule de Crimée en 2014 après une révolution pro-occidentale.

Le président russe accuse en outre aussi systématiquement ses rivaux américains et européens de politiques antirusses, rejetant leurs accusations à l’égard de Moscou, qui a été sanctionné à de multiples reprises en raisons de cyberattaques, de la répression de l’opposition, pour son rôle dans le conflit en Ukraine ou encore de scandales d’espionnage.

Cette année, le défilé militaire du 9 mai intervient dans un contexte de nouvelles tensions, juste après le déploiement en avril de dizaines de milliers de soldats russes aux frontières ukrainiennes et qui a laissé craindre un temps une possible offensive.

Après avoir parlé d’«exercices surprises» visant à vérifier l’état de préparation des troupes, Moscou a affirmé qu’il s’agissait d’exercices en réplique aux activités accrues de l’OTAN en Europe de l’Est. Un retrait a été entamé le 23 avril, mais selon Kiev, l’OTAN et Washington celui-ci est insuffisant.

Autre source de discorde, de hauts responsables russes font l’objet de sanctions occidentales à cause de l’empoisonnement en août 2020 du principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny, qui a été incarcéré en début d’année.

Le défilé à la mémoire de «Grande Guerre patriotique de 1941-1945»

Dimanche, plus de 12 000 militaires ainsi que 190 véhicules et systèmes d’armements — chars comme missiles — ont défilé sur la Place Rouge à l’issue du discours du chef de l’État qui était entouré d’officiels et de vétérans pour la parade marquant le 76e anniversaire de la victoire lors de la Seconde Guerre mondiale.  

Ce défilé est aussi l’occasion pour l’armée russe de montrer ses muscles, montrant ses équipements les plus modernes, le Kremlin ayant fait du renforcement de ses capacités militaires une pierre angulaire de ses ambitions géopolitiques.

La Russie dit ainsi avoir développé par exemple des armes hypersoniques capables d’échapper aux systèmes de défense antimissile américains.  

Ses troupes ont aussi enregistré une précieuse expérience au combat en Syrie, refaisant de Moscou une puissance au Moyen-Orient.  

En plus de 20 ans au pouvoir, Vladimir Poutine a fait du 9 mai un moment symbolique de sa politique de puissance, exaltant le sacrifice des Soviétiques mais accusant aussi ses adversaires occidentaux de révisionnisme historique en cherchant à minimiser le rôle de l’URSS dans la défaite d’Adolf Hitler.  

«Le peuple soviétique a respecté son serment sacré, défendu la patrie et a libéré les pays d’Europe de la peste brune», a-t-il dit dimanche, dénonçant une fois de plus des « tentatives de réécrire l’histoire » au détriment de la Russie.  

La fête la plus importante, selon 69% des Russes

Les célébrations du 9 mai à travers le pays, avec des défilés militaires dans les principales villes, sont devenues un moment de communion patriotique dédié aux quelque 20 millions de Soviétiques tués durant la guerre contre les nazis. 

Selon l’institut de sondage public VtsIOM, la majorité des Russes (88%) ont confirmé que leurs proches avaient pris part à la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 et, parmi les répondants, 43% ont déclaré en savoir beaucoup sur les histoires de leurs parents et les archives familiales.

La proposition de certains députés de la Douma d’État d’assimiler les insultes aux anciens combattants à la justification des crimes des nazis est même soutenue par 64% des répondants.

Toujours selon VtsIOM, même si ce n’est qu’après la chute de l’URSS que ces commémorations sont devenues annuelles, pour 69 % des Russes, il s’agit du principal jour férié de l’année

«La fête la plus importante, selon 69% des Russes, est le jour de la victoire. Ce jour férié est le plus populaire parmi nos compatriotes âgés de 60 ans et plus (78%), 45-59 ans (70%), habitants des villes de 100 à 500 mille habitants (73%), habitants des villes jusqu’à 100 mille personnes (71%) et villageois (70%).

«En ce jour férié, un tiers des Russes (32%) participeront à des célébrations (défilés, dépôt de gerbes, etc.), tous les cinq (21%) regarderont la télévision, 16% regarderont les feux d’artifice festifs, 16% marcheront et se détendre sur la nature, et 15% recevront des invités ou iront se rendre visite. De plus, les Russes feront les tâches ménagères (15%), iront à leur datcha (15%), travailleront (15%) et iront au cinéma ou au théâtre (2%). Plus souvent que les autres, les citoyens de 25 à 34 ans (37%), 35 à 44 ans (35%), ainsi que les habitants des villes comptant jusqu’à 100 000 habitants (36%) et les habitants des villages (38%).»

*Avec AFP