Enquête sur l’inconduite sexuelle dans les FAC, le sénateur Boisvenu demande à Louise Arbour de se désister

0
560
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Cet après-midi, lors de la période de questions au Sénat, le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu a mis en doute la pertinence de l’enquête sur l’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes confiée récemment à l’ex juge Louise Arbour.

S’adressant adressé au leader du gouvernent au Sénat, il lui a demandé ce qu’apporterait de plus le mandat de la juge Arbour au travail exhaustif que la juge Deschamps a déjà fait en 2015, soulignant que le «rapport complet de la juge Deschamps de 2015 n’a toujours pas été mis en œuvre par les libéraux,» et s’interrogeant sur la pertinence de «refaire le même exercice »

Dans dans un communiqué publié mardi, il va encore plus loin et demande à la juriste de réputation internationale et ex-juge à la Cour suprême de «faire preuve de professionnalisme, de se retirer du mandat et de préserver sa réputation » en renonçant à accomplir le mandat que lui a confié le gouvernement Trudeau la semaine dernière.

Le sénateur Boisvenu estime que ce mandat est un «un affront pour les victimes d’inconduites sexuelles» et invite Louise Arbour à ne «pas accepter ce mandat en tout respect pour les femmes qui œuvrent au sein des FAC».

La principale intéressée n’a pas commenté la sortie du sénateur, mais, quelques jours après qu’elle se soit vue confier le mandat de réaliser cette enquête, elle avait expliqué dans ses déclarations à La Presse Canadienne, déclarations reprises aujourd’hui par le leader du gouvernement au Sénat en réponse au sénateur Boisvenu, soupçonner qu’il y avait «probablement beaucoup de scepticisme quant à savoir si cet exercice va faire une différence» et comprendre les sceptiques puisque son examen sera réalisé seulement six ans après la publication du rapport de Marie Deschamps sur le même sujet.

Tous pointent le refus du gouvernement de créer un centre véritablement indépendant pour surveiller le traitement des cas d’inconduite sexuelle au sein des Forces armées comme une des raisons majeures de l’échec à éradiquer le problème.

Mais «C’est l’occasion d’aller au-delà de ce que recommandait Marie Deschamps au sujet d’un centre indépendant et externe, mais peut-être il faut préciser à quoi cela devrait ressembler. En ce sens, mon rapport pourrait être le chapitre deux», dit Mme Abour, ajoutant que si elle ne croyait pas en cela ou en l’engagement du gouvernement fédéral à agir, elle n’aurait pas accepté le mandat qu’on vient de lui confier.

Un chapitre deux qui ira plus loin, examinant, notamment, le fonctionnement le système de justice militaire ainsi que la façon dont les principaux commandants militaires sont sélectionnés et formés.

Et Louise Arbour de conclure en disant qu’elle comprend «parfaitement l’impatience de celles qui sont directement impliquées, dont certaines se sont prononcées plus d’une fois, et de celles qui n’ont rien dit parce qu’elles n’ont pas confiance dans le système», ajoute l’ex-juge, admettant qu’«Il y a du scepticisme et du cynisme, et de l’impatience et ainsi de suite. Mais alors, resterons-nous à ne rien faire parce que, six ans plus tard, tout n’a pas encore été tout à fait accompli.»

Voir aussi Mandat – Examen externe indépendant et complet du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes >>