Hamas/Israël : le bilan des morts s’alourdit alors que les tirs de roquettes font rage et que Tsahal en réponse multiplie les bombardements

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Israël pilonne vendredi la bande de Gaza avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie dans cette enclave palestinienne densément peuplée, où l’escalade militaire en cours depuis lundi avec les islamistes du Hamas au pouvoir a fait plus de 100 morts, rapportent ce matin les correspondants de l’Agence France-Presse dans la région.

Mise à jour 14/05/2021, 15h50

Trois roquettes ont été tirées vendredi soir depuis la Syrie en direction d’Israël, les premières depuis le début de l’escalade de violences entre l’armée israélienne et le Hamas palestinien, selon une source militaire à Jérusalem. Une roquette est tombée en territoire syrien et les deux autres se sont abattues sur des zones non-habitées du nord d’Israël, a indiqué l’armée israélienne.

Plus tôt dans la journée, du côté de la frontière israélo-libanaise, des soldats israéliens ont tiré sur quelques manifestants libanais qui avaient réussi à brièvement s’introduire du côté israélien de la barrière. Un manifestant est mort selon l’agence nationale d’information libanaise ANI.  

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Mise à jour 14/05/2021, 14h37

Frappes aériennes sur Gaza, villes israéliennes barricadées dans la crainte de nouvelles émeutes entre Juifs et Arabes et des heurts qui prenaient vendredi de l’ampleur en Cisjordanie : trois fronts sont désormais ouverts dans l’escalade de violence inédite depuis 2014 qui oppose depuis plus d’une semaine Israéliens et Palestiniens.

Les manifestations de colère du vendredi à travers la Cisjordanie ont tourné dans l’un des affrontements les plus violents avec l’armée israélienne depuis les années 2000. Sept Palestiniens ont été tués et plus de 150 manifestants blessés, selon un bilan du ministère palestinien de la Santé et le Croissant-Rouge. Pendant ce temps, Israël maintient sa pression sur Gaza où le bilan est maintenant de122 morts.Parmi les cibles, selon l’armée israélienne, se trouvait notamment le réseau de tunnels qui permettent aux combattants et dirigeants du Hamas de se déplacer dans la bande de Gaza, ainsi qu’une «une brigade terroriste» prête à tirer des roquettes vers Israël.

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Mise à jour 14/051/2021, 11h16

Quatre Palestiniens ont été tués depuis vendredi matin en Cisjordanie dans plusieurs heurts avec l’armée israélienne, en marge d’une vaste journée de manifestations de colère qui a fait plus d’une centaine de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé palestinien et du Croissant rouge. 

De son côté, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévenu vendredi que les raids sur la bande de Gaza n’allaient pas prendre fin prochainement, après une intensification des frappes de l’armée sur l’enclave. «J’ai dit que nous infligerions de sérieux revers au Hamas et à d’autres groupes terroristes […]. Ils payent et continueront de payer chèrement. Ce n’est pas encore fini», a déclaré Nétanyahou par voie de communiqué à l’issue d’une réunion au ministère de la Défense.

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L’armée israélienne a multiplié les bombardements «pour infliger des dommages sévères aux tunnels» qui permettent aux combattants et dirigeants du Hamas, qui a tiré des centaines de roquettes vers Israël, de circuler à travers la bande de Gaza à l’abri des caméras de l’État hébreu, voire de traverser côté israélien pour tenter par exemple d’y prendre des otages, a-t-elle indiqué.

Les frappes ont continué dans la matinée vendredi, l’aviation ayant notamment ciblé « une brigade terroriste » prête à tirer des roquettes vers Israël, selon l’armée.

Le nombre de morts à Gaza grimpe à 119, dont 31 mineurs et 19 femmes, a annoncé vendredi le ministère palestinien de la Santé de la bande de Gaza.

Toujours selon les autorités de Gaza, 830 personnes ont été blessées à la suite des frappes aériennes israéliennes en cours ces derniers jours.

En Israël, où le bouclier antimissile « Dôme de fer » a intercepté environ 90 % des quelque 1800 roquettes tirées cette semaine, le bilan est passé à neuf morts et des centaines de blessés.

Face aux tirs d’artillerie de chars massés le long de l’enclave sous blocus israélien et ceinte d’une épaisse barrière hypersécurisée, des centaines de Gazaouis ont quitté leur maison, ont indiqué des témoins.

Au total, l’armée a dit avoir frappé 150 cibles au cours d’un déluge de feu nocturne, doublé de salves de roquettes de la part du Hamas vers des villes israéliennes du sud comme Sderot, Ashkelon et Beersheva, dans le désert du Néguev.

Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira dimanche pour aborder le conflit, le secrétaire général Antonio Guterres ayant appelé à une «cessation des hostilités».

Compte tenu des risques liés aux attaques aériennes, plusieurs compagnies internationales parmi lesquelles KLM, British Airways, Virgin, Lufthansa et Iberia ont annulé leurs vols vers Israël.

L’armée israélienne a massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien, d’où les troupes israéliennes s’étaient retirées unilatéralement en 2005. Le ministère de la Défense a donné le feu vert à l’armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

Peu après minuit, le porte-parole de l’armée avait annoncé que des soldats israéliens étaient désormais dans le territoire de Gaza, avant de revenir sur ses propos en évoquant « un problème de communication interne ».

Et, pour ajouter à la confusion, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël mais sont tombées en Méditerranée, selon l’armée. D’après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d’un secteur proche d’un camp de réfugiés palestiniens.

Les affrontements en cours ont été déclenchés après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en «solidarité» avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts en fin de semaine dernière et lundi avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien illégalement occupé par Israël depuis 1967 selon l’ONU.

Ces affrontements sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme, avaient suivi plusieurs jours de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs.

Le niveau de violence record en Israël, crainte d’une guerre civile

Le conflit est doublé d’une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d’Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne.

Près de 1000 membres de la police aux frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d’émeutes depuis mardi avec des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l’arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod, près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police qui a fait état dans la soirée d’une synagogue incendiée et de 43 arrestations.

Des groupes israéliens d’extrême droite ont affronté dans des villes les forces de sécurité et des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948.

«Nous ne tolérerons pas l’anarchie», a prévenu le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, affirmant jeudi que le déploiement de soldats dans ces villes était une «option».  

*Avec AFP