Inconduite sexuelle : le SNEFC transmet le dossier du major-général Fortin au Directeur des poursuites pénales et criminelles

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Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes enquête sur toutes les infractions importantes ou sensibles menées contre la propriété, les personnes ou le Département de la défense nationale. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a été saisi du dossier du major-général Dany Fortin par le Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes (SNEFC), rapporte cet après-midi le quotidien La Presse sous la plume de la journaliste Mélanie Marquis.

«Le Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes a mené une enquête sur une allégation d’inconduite sexuelle impliquant le major-général Dany Fortin », a indiqué aujourd’hui dans une déclaration le Grand Prévôt des Forces armées canadiennes, et le SNEFC, au lieu de référer l’affaire au DPM, le directeur des poursuites militaires, a «renvoyé l’affaire au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui est l’autorité responsable de la mise en accusation pour les poursuites criminelles et pénales dans la province de Québec», sans doute aussi, peut-on penser, dans un souci de transparence.

L’affaire n’est donc plus, à compter de maintenant, traitée dans le système d’enquête et de justice militaire, mais dans le système civil et l’étape suivante sera, bien sûr, de décider après analyse de la preuve si des accusations seront portées ou non.

Vendredi dernier, 14 mai, Ottawa annonçait dans un très bref communiqué le ministère de la Défense nationale et des Forces armées que le major-général Dany Fortin, grand responsable de la distribution du vaccins contre la Covid 19 partout au Canada, a quitté son poste avec l’Agence de la santé publique du Canada en attendant les résultats d’une enquête militaire qui ne donnait pas de précision sur l’objet de l’enquête.

Le 18 mai, on apprenait que c’est la brigadier-général Krista Brodie qui assumera la fonction de vice-présidente de la logistique et des opérations relatives aux vaccins en remplacement du major-général Dany Fortin qui a quitté son poste avec l’Agence de la santé publique du Canada en attendant les résultats d’une enquête militaire, a annoncé par voie de communiqué le président de l’Agence de la santé publique du Canada, Iain Stewart.

Quant aux allégations dont il fait l’objet, le réseau canadien de langue anglaise CTV News pour sa part rapportait un peu plus tard qu’en 1989 celui qui n’était alors que l’élève-officier Fortin se serait «exhibé» devant une femme au Collège royal militaire de Saint-Jean, précisant que l’allégation, qu’a nié formellement le militaire par la bouche de son avocat, aurait été formulée il y a deux mois.

De son côté, le premier ministre Trudeau a révélé hier, mardi, que, sans être au courant de la nature précise des allégations qui planaient sur le major-général Dany Fortin, il avait été informé il y a plusieurs semaines que le haut gradé militaire qui avait pris la tête du groupe d’experts en planification militaire travaillant avec Santé Canada et l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) en soutien à la distribution du vaccin en novembre 2020, devenant ainsi le grand patron de la distribution du vaccin au Canada et avait, depuis, fait un travail remarquable. faisait l’objet d’une investigation militaire.

La série noire

Depuis quelques mois, une déferlante de scandales en haut de la pyramide militaire secoue les Forces armées canadiennes.

Des allégations de comportement inapproprié visant l’ex-chef d’état-major de la Défense, le général à la retraite Jonathan Vance, ont été révélées en février, deux semaines après qu’il a cédé le commandement à l’amiral Art McDonald, qui dû se retirer parce qu’il faisait l’objet d’une enquête de la police militaire pour, lui aussi, une allégation d’inconduite sexuelle.

Puis, ce fut le chef du Commandement du personnel militaire, le vice-amiral Hayden Edmundson qui, faisant à son tour l’objet d’une enquête après qu’une allégation d’agression sexuelle vieille de trois décennies a refaitm surface, qui a dû se retirer. On apprenait aujourd’hui d’ailleurs en lisant le communiqué sur les nouvelles promotions et nominations, qu’il a été définitivement remplacé.

Et la série noire s’est continué. L’ancien commandant des opérations militaires du pays, le lieutenant-général. Christopher Coates a pris sa retraite après qu’un rapport publié dans Postmedia a révélé qu’il avait eu une liaison avec un civil du département de la Défense américain alors qu’il était commandant adjoint du NORAD.

Ensuite,, le major-général Peter Dawe, l’ancien commandant des forces spéciales, a été mis en congé payé après qu’on a appris qu’il avait écrit une lettre de soutien à un soldat reconnu coupable d’agression sexuelle.

Et la semaine dernière, Global News, la chaîne qui avit révélé en février les llégations visant le général (ret) Vance, a rapporté que le commandant de l’école du renseignement militaire, le lieutenant-colonel. Raphaël Guay, avait été temporairement expulsé en raison d’une enquête.

Selon la source du Globe and Mail dans l’affaire Dany Fortin, le chef d’état-major de la Défense par intérim, le lieutenant-général Eyre et la sous-ministre de la Défense nationale, Jody Thomas, auraient maintenant décidé que toutes les plaintes crédibles – peu importe à combien de temps remontent les événements allégués, devraient désormais faire l’objet d’une enquête militaire appropriée.

Plus encore, selon la même source, le général Eyre aurait également demandé un examen approfondi de tous les généraux et amiraux, bref, de tous les officiers supérieurs, afin de déterminer s’ils ont eu des problèmes d’inconduite qui pourraient faire surface.